À Rivesaltes, la passion selon Moreno

À Rivesaltes, la passion selon Moreno

Il y a aujourd’hui, en pleine révolution du marché du cycle, deux races de vélocistes. Ceux qui se contentent hélas d’ouvrir un carton marqué d’idéogrammes chinois et de vous vendre le vélo disponible dans leur stock.

Ceux qui vous écoutent, heureusement, et vont vous proposer d’assembler pour vous le vélo de vos rêves.Les premiers souffrent naturellement de la concurrence, plus loyale qu’on l’imagine, des marques internet. Terriblement. Au point de connaître des difficultés croissantes, à peine masquées par la vogue du vélo à assistance électrique.

Les seconds, naturellement aussi, sont en pleine résurgence. Portés par le nouveau désir des cyclos d’acquérir un vélo différent des productions de masse. Avec le sur mesure et le conseil en guise d’arguments marketing. C’est à Rivesaltes, à l’invitation de notre ami collectionneur Gérard Abadie, que nous avons fait connaissance avec les Cycles Moreno. Un vélociste des temps nouveaux qui a fait de la passion, du conseil et du service un leitmotiv.

Un grand bâtiment moderne idéalement situé à deux pas de la sortie d’autoroute, à l’entrée de Rivesaltes la venteuse. Les Cycles Moreno se présentent au premier abord comme un magasin de cycles classique. La surface en plus. Mais il faut s’approcher, découvrir son incroyable vitrine d’abord, puis pénétrer dans le grand hall et tomber littéralement en extase devant la mise en scène réservées aux vélos Colnago. Nous sommes ici comme dans une concession Ferrari ou Lamborghini. Face à l’exceptionnel ! D’autant que la gamme actuelle du célébrissime constructeur italien est complétée par une exposition permanente dédiée à la mirifique collection Colnago de Gérard Abadie. Invitation au voyage…

« Ici, explique Anthony Moreno, nous avons la volonté de partager notre passion et notre savoir-faire avec des clients qui nous ressemblent par leurs choix et leurs exigences. Nous conseillons, nous écoutons, nous réalisons les montages, nous customisons au besoin, nous savons aussi faire évoluer un vélo vers plus de performance et de sécurité. Nous savons expliquer l’importance du cadre et des roues dans le montage d’un vélo. Le marketing on ne connaît pas.

Pas de dictature de l’image. Mais plutôt celle de la qualité et de la différence. Et notre choix d’être représentant Colnago n’est pas anodin. Il s’agit là justement de l’affirmation de notre attachement aux valeurs authentiques du cyclisme. Mais sans passéisme. Au contraire. Colnago c’est tout à la fois la marque la plus célèbre et la plus réellement avant-gardiste. Comme le dit si bien Gérard Abadie, Ernesto Colnago a inventé la modernité et il continue de le faire avec son sublime C64. »

A Rivesaltes avec Moreno, comme à Aubagne avec Tinazzi ou au Cannet avec Sordello et à Golfe Juan avec Golden Cycles, des vélocistes différents vous proposent la liberté d’un autre choix. Rassurons-nous la France, comme la Belgique, la Suisse ou l’Italie n’est pas en manque de ces professionnels à l’ancienne qui se sont donnés la mission de partager avec vous leur passion.

Contact : Cycles Moreno – 18 avenue Alfred Sauvy, Mas garrigue Nord
66600 RIVESALTES (Perpignan) – cyclesmoreno.com – Tél. 04 68 61 35 43

La malédiction du Cobra

La malédiction du Cobra

Riccardo Ricco le Maudit s’est transformé au fil des années de suspension et de doute en Riccardo Ricco le Repenti. Victime expiatoire d’un système absurde réclamant tout aux champions sans jamais leur permettre le moindre écart, victime aussi de l’hypocrisie d’un milieu aussi étroit d’esprit que de vision, décrié par d’anciens coureurs loin d’être exempts de tout reproche (n’est-ce pas monsieur Madiot ?), le fabuleux Cobra s’est peu à peu transformé. Au point d’oublier ses errances de James Dean du peloton et d’adopter le profil bas de ceux qui savent mais n’en peuvent…
Ce nouveau Cobra, désormais clairement engagé dans la dénonciation du système qui l’a broyé, sera présent sur les routes de la Granfondo Luberon Mormoiron le samedi 25 mai. A vélo, mais sans dossard, pour dénoncer à sa manière le fléau du dopage.

2008. Le Cobra dans ses oeuvres sur l’un des cols du Giro. A la manière de son idole Marco Pantani, il sait faire le vide dès lors que la pente s’élève. Avec lui pas de calcul d’apothicaire, attaque maximale dès le premier col sans attendre comme trop souvent aujourd’hui, le dernièr kilomètre. Ses adversaires ont pour noms, Contador, Menchov, Valverde, Bettini, Nibali…

Riccardo Ricco le repenti

Il est toujours aussi mince, ou presque. Mais son visage clair a perdu cette innocence de la jeunesse qui insupportait gravement les barons du peloton, Bettini ou Contador notamment, lors de son irruption glorieuse et romantique sur les pentes les plus rudes de Tirreno Adriatico ou de Milan San Remo. Il était alors considéré comme le plus grand grimpeur depuis l’inoubliable Marco Pantani. Ce Pirate éblouissant qui était son idole et son modèle.

Comme lui il se permettait d’annoncer à l’avance le lieu et l’heure de son attaque. Imposant aux stars un stress qui précipitait immanquablement leur échec. Au mètre près, le Cobra mordait la chaussée et s’envolait irrésistiblement. Qu’il s’agisse d’une étape de montagne du Giro ou du Tour, il s’envolait à des vitesses folles. Faisant le vide et triomphant à la manière de Pantani. Il était sur le point de remporter le Tour de France lorsque tout s’écroula. Le Cobra était emporté par la tourmente, quittant la course entre deux gendarmes. Comme un criminel…

De temps à autres, Riccardo le maudit feuillette son album de photos. Ici dans la Marmolada sur le Giro. Il vient d’attaquer, ses adversaires tentent vainement de réagir sous la conduite du Pistolero, Alberto Contador.

2010. Retour de suspension pour le Cobra, et premières victoires sous ses nouvelles couleurs. Après un court intermède Bianchi, il chevauche désormais un Batavus.

Revenu de suspension, il s’imposera à nouveau de façon spectaculaire dans un mémorable Tour d’Autriche. Trop spectaculaire. Précipitant sa chute au lendemain d’un Grand Prix de La Marseillaise où il se permit une ascension de la Sainte Baume à allure record. Le lendemain, fatigué, il se permit une autotransfusion qui failli l’emporter. Le conduisant aux portes de la mort. Et faisant de lui ce Maudit dont le nom seul donnait le vertige.

Cette fois suspendu pour douze années, la peine de mort pour un athlète, il tentera un moment de se réinventer en s’attaquant à des records d’ascension, hors compétition évidemment. Soutenu par un petit groupe d’amis et de sponsors, dont les marques italiennes ALE et Cipollini, il parviendra à pulvériser le record du fameux Monte Serra, jusqu’alors détenu par Jan Ullrich. Avec en guise de préparation, la Sainte Baume et le Ventoux où il réalisera une grimpée en moins de 58 minutes. Mais où il connaitra sa dernière désillusion. Chutant dans la descente et se retrouvant sérieusement blessé aux services d’urgences de l’hôpital de Carpentras. Ce même hôpital où avait été transporté mourant le malheureux Tom Simpson…

Ce Ricco nouveau, épris de cyclisme héroïque, désireux de servir, attaché à la renaissance de son sport, ouvert au dialogue mais refusant l’hypocrisie, accepte désormais ouvertement de parler de dopage. Enfourchant quelquefois son vélo pour le seul plaisir de grimper un col sans soucis de performance. Ce qu’il fera ce samedi 25 mai à Mormoiron, en toute discrétion mais pas en catimini. Lui aussi, à sa manière romantique, voudra rendre hommage au Campionissimo à qui est dédiée cette première édition de la Granfondo Luberon Mormoiron. Le drame ne fait-il pas partie intégrante de l’histoire du cyclisme ?

Alors imaginons le drame de ce jeune surdoué, grimpeur absolu, pris dans les nasses d’un système sportif absurde qui lui inflige une peine supérieure à celle réservée aux violeurs et aux assassins. Sans aucun espoir de recours. Sans même la satisfaction de pouvoir imaginer un jour revenir pour prouver qu’il est capable de gagner sans artifice. Mais se souvenant trop souvent de ses exploits sur les lacets vertigineux du Stelvio. Au point de songer à la mort comme solution métaphysique à l’ennui.

2014. C’est un Ricco new look qui s’attaque au record du Mont Ventoux. Copyright Mickael Gagne.

Lors d’une de nos rencontres chez lui à Gordes, Hein Verbruggen m’avait dit ouvertement que Ricco avait eu le seul défaut de trop parler. Le « milieu » lui faisant payer tout à la fois son arrogance et son appartenance à un team modeste visé à titre d’exemple. Et l’ex-Président de l’UCI avait même rajouté en souriant, « Saunier Duval ce n’était pas Sky ».

Le grand Thomas Carlyle écrivait que « le héros est celui qui est immuablement centré sur lui-même ». En ce sens Riccardo Ricco a longtemps été un héros. Idolâtré ou détesté. Il n’est désormais qu’un homme retrouvé qui n’aspire qu’à la rédemption par l’amour. Et ce n’est pas si mal. Même si les propositions de contrat s’accumulent encore dans sa boite aux lettres en vue d’une hypothétique fin de suspension. C’est un ami journaliste de la Gazzetta dello Sport qui l’affirme, « Si Nibali et Pozzovivo sont encore des leaders, on peut facilement imaginer le Cobra reprendre son rang dans le peloton. Il les dominait nettement… ».

Avant le départ de sa dernière course pro, le grand prix de la Marseillaise 2011, le Cobra accepte de poser avec un jeune admirateur. Un peu plus tard il déclenchera la foudre dans la montée de Sainte Baume. A l’arrivée, contrôle anti dopping UCI négatif. Ce n’est que le surlendemain, fatigué par six mois d’entrainements et de courses sans coupures hivernale que le Cobra succombera à la tentation d’une autotransfusion de récupération. Perfusion infectée, il se retrouve à l’hôpital dans le coma. En dépit de son obligation de respecter le secret médical, le médecin urgentiste en parlera… On connait la suite. 12 années de suspension c’est à dire : Peine de mort sportive. A titre d’exemple l’assassin de Marie Trintignant, Bertrand Cantat, n’écopera lui que de 8 ans mais il sera remis en liberté au bout de 4 ans ? Vous avez dit absurde ?

Gérard Abadie collectionneur

Gérard Abadie collectionneur

Sa passion dévorante, sa dévotion constante, sa détermination délirante, son attachement affectif et sa vision romantique des choses du vélo authentique l’ont rapproché de l’univers d’un Ernesto Colnago devenu l’épicentre du cyclisme mondial. De ce petit artisan ayant entamé sa carrière dès l’âge de 9 ans, de cette marque universellement célèbre, de ces pages d’histoires devenues légendes glorieuses, Gérard Abadie a fait sa raison de rêver. Et de collectionner. Jusqu’à obtenir la possibilité insigne de couronner sa fabuleuse collection par l’acquisition de l’unique exemplaire de l’Ottanta7, le mirifique C87 imaginé et réalisé par le Maestro à l’occasion de son quatre-vingt septième anniversaire. Un chef d’œuvre absolu pour une collection absolue. Abadie le discret tient là son Graal. Cette bicyclette folle destinée à couronner une collection qu’il imagine ouvrir prochainement au public dans le cadre d’un musée tout entier dédié au Maestro de Cambiago.

La passion du partage a rapproché la rédaction de Top Vélo de Gérard Adabie. Au programme la saga Colnago, évidemment.

COLNAGO FOREVER

Il est sec comme un homme de la terre catalane, disert et aimable comme un homme de la terre catalane, passionné ou rêveur comme un homme de cette terre catalane, rugueuse et ventée, dont il se réclame à chaque mot prononcé avec l’accent chantant des compatriotes de Charles Trenet. Gérard Abadie, en bon sudiste, a plusieurs vies à son actif. Des vies laborieuses et sportives. Marquées par le travail attentif et l’attachement aux valeurs.
Entrepreneur et pilote automobile d’abord. Avec succès. Dans le pilotage de sa société comme dans celui de sa Norma M 20. Cette pistarde artisanale construite par Norbert Santos, un artisan génial devenu son ami.
Puis vient le temps du vélo. Comme simple adepte du sport cycliste. Puis comme passionné de l’objet vélo lui-même. Et enfin comme collectionneur compulsif devenu le chantre de la marque au trèfle. Au point d’en compter plus de 200 dans sa collection. 200 chefs d’œuvres ayant pour la plupart une histoire singulière. Pièces uniques ou rares. Vélos ayant été utilisés en course par des coureurs professionnels, tel le dernier venu, un C64 du team Emirates marqué du nom de Conti.

Notre collectionneur se double d’un expert en mécanique. Témoin cet atelier d’anthologie installé chez lui. Comme un quartier général, un service course, où chaque nouveau vélo est examiné, vérifié, magnifié avant de rejoindre la collection.
Ce contact direct avec la machine, ses composants, Gérard Abadie le juge essentiel. Il veut comprendre chaque machine. Éventuellement lui apporter les soins attentifs nécessités par son état. La remettre le plus souvent dans son état originel. En puisant dans son impressionnant stock de pièces originales chinées partout dans le Monde. Essentiellement des composants Campagnolo de la haute époque. Record ou Super Record des années soixante ou soixante-dix. Tout, absolument tout est ici disponible. A en faire rougir les amis de Campagnolo.

L’antre d’un collectionneur unique qui a dédié sa vie au vélo. Des centaines de Colnago attendent ici le futur musée…

Pour Gérard il n’est pas question de se contenter banalement d’accumuler des vélos. Il veut comprendre chaque machine. Connaître son histoire. Analyser sa place dans l’incroyable histoire Colnago. Comprendre son fonctionnement. Mettre en œuvre les soins les plus attentifs pour la sublimer et enfin lui restituer sa grandeur de vélo d’exception.
« Acheter des vélos pour acheter des vélos n’a aucun intérêt pour moi. Je suis comme un collectionneur d’art en quête du tableau manquant à sa collection. Je connais l’histoire et j’intègre chaque épisode de la vie du vélo acheté dans le contexte de son époque. Et je veux être capable non seulement de comprendre et d’émettre un diagnostic mais aussi de corriger, de soigner, de remettre en état d’origine. Un plaisir et un devoir dès lors que l’on parle d’un vélo signé Colnago. »

Gérard Abadie ne se contente pas d’accumuler les vélos, tous plus beaux les uns que les autres. Il leur rend hommage…

« Les autres, siglés Gios Torino, Pinarello, De Rosa ou Bianchi, servent de références. Colnago n’était pas seul à illustrer l’âge d’or du cyclisme. Même si selon moi il est de loin le plus grand. Celui qui seul a quasiment tout inventé. Les vélos light, les vélos aéro, les vélos de chrono, les roues à rayonnage radial, les freins à disque adaptés au vélo de route, les cadres carbone…tout quoi ! Les pseudos innovateurs actuels, ingénieurs ou designers, ne font finalement que décliner façon marketing les innovations introduites par Colnago. Que l’on se souvienne de la première victoire d’un vélo carbone dans Paris Roubaix. C’était un C40. La révolution venait d’arriver. Et le révolutionnaire c’était Ernesto Colnago. Le Maestro ! »
Il y a quelques mois, Gérard Abadie, toujours à l’affut, entend parler d’un possible nouveau chef d’œuvre que Colnago voudrait réaliser pour symboliser le quatre-vingt septième anniversaire de son fondateur. Le Ottanta7, qui deviendra C87. Il prend immédiatement contact avec les représentants de Colnago en France qui à leur tour en parlent à Cambiago.
Les offres d’achat se sont déjà accumulées sur le bureau de Vanni Brambilla et d’Alessandro Colnago. Le gendre et le neveu du Maestro. Le prix du joyau a été fixé à 50.000 euros. Une somme faramineuse en adéquation avec la préciosité et la rareté d’un vélo qui ne sera réalisé qu’à un seul et unique exemplaire. Mais le prix n’est pas un problème dès lors qu’il s’agit d’une machine d’exception destinée à devenir un mythe, à l’instar du dernier vélo du Campionissimo.

Visiblement ému notre journaliste testeur Alex Lombardo prend possession (momentanée) du mythique C87 des mains de Gérard Abadie.

« En fait le C87 aurait pu être vendu dix fois, explique Alessandro. Mais nous avons choisi un fidèle parmi les fidèles de la marque. Un vrai collectionneur qui ne va pas acquérir l’Ottanta7 pour ensuite jouer au spéculateur comme cela est déjà arrivé souvent avec les engins exclusifs de nos amis de Ferrari. Ce collectionneur c’est un français. Mais nous ne communiquerons pas son nom. Pas même à toi cher Salvatore. Lui seul pourra le faire un jour, s’il le désire. »
Effectivement, invité à Londres pour la célébration des quatre-vingt-sept ans d’Ernesto, je ne saurai rien de plus. Ni mon ami Ernesto, ni mon ami Alessandro ne dérogeront à leur promesse. Silence sur le nom. Seul le sublissime vélo sera de la partie. Présenté à l’assistance par un Ernesto ému entre Giuseppe Saronni et Pipo Pozzato.
Ce n’est que quelques semaines plus tard que Gérard Abadie lui-même prendra contact avec la rédaction de Top Vélo. Nous proposant en toute simplicité, presque en s’excusant, un test exclusif de son Ottanta7. Ce vélo imaginé par Alessandro en étroite complicité avec son grand père. Et monté par ce même grand père en personne avec les outils Campagnolo d’autrefois. A l’ancienne.

TOP VELO PASSE AU TOUT NUMERIQUE !

TOP VELO PASSE AU TOUT NUMERIQUE !

L’évolution ahurissante de la presse magazine est devenu un authentique phénomène de société. Avec la nécessité pour nombre de titres historiques d’envisager avec sérénité une évolution réaliste vers le tout numérique. Une option obligatoire à l’heure où le renchérissement constant des frais d’impression et de diffusion, allié à la baisse inéluctable et irréversible des ventes en kiosque, met en péril la survie même d’une majorité de médias papier.

Totalement indépendant des groupes multi-titres, non subventionné par l’état, soutenu par ses seuls lecteurs et partenaires, Top Vélo se voit contraint d’évoluer à son tour en prenant résolument le virage du Tout numérique. Non tant avec le couteau sous la gorge, comme l’imaginent certains, mais avec à l’esprit la fameuse maxime du Prix Nobel Bob Dylan, « The time they are a changin ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Moins 27% de baisse moyenne en Europe pour la presse magazine papier. Et jusqu’à moins 40% en France !

La révolution numérique a littéralement transformé les usages et les comportements de lecture de la majorité d’entre-nous. Poussant les éditeurs à réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Dans ce contexte, en dépit d’un indice de satisfaction au plus haut, Top Vélo doit s’adapter. Tout en respectant la qualité reconnue de son éditorial et de son graphisme. Mais en inaugurant sa version numérique avec ambition et confiance.

Notre équipe, toujours animée de la même passion 100% cyclisme, va donc vous proposer désormais un magazine numérique en lieu et place du traditionnel magazine papier. Cela commence dès aujourd’hui, avec un rythme de parution quasi quotidien, bien mieux adapté au traitement de l’actualité en direct live. La différence, énorme, sera que près des deux tiers des articles et des news seront en accès libre. Seuls les articles exceptionnels, scoop ou dossiers, seront réservés à nos abonnés Premium.

Ces abonnés d’un nouveau type se verront proposer plusieurs formules sur notre site. En fonction de son intérêt, chacun pourra acheter un article ou un abonnement numérique. Ce même abonnement numérique Premium qui sera offert à nos abonnés papier actuels sur une durée triple de leur contrat initial.

Nouveautés, exclusivités, essais, tests, rencontres, reportages, portraits, entretiens, conseils techniques, programmes d’entrainement, régimes alimentaires, tout ce qui fait la pratique du vélo de route et de Gravel se retrouvera chaque jour, chaque semaine et chaque mois sur notre site internet.

Nous vous y attendons, avec enthousiasme et amitié !

Édito – Top Vélo #256

Édito – Top Vélo #256

Vers un retour des marques françaises ?

 

Je parle avec l’ami Georges Chappe, fidèle équipier de Raymond Poulidor chez Mercier, et j’évoque avec lui, séquence nostalgie, ces mythiques marques françaises disparues après avoir écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du cycle.

Mercier donc, mais aussi Lejeune, Liberia, Stella, Alcyon, La Perle, Heylett, Paloma, Arliguie, Motobécane, et tant d’autres encore. Une liste non exhaustive en forme de litanie existentielle dédiée aux regrets éternels des amoureux du vélo authentique. Celui qui ne doit rien au marketing et tout au savoir-faire des fondateurs et aux exploits des champions. Qui se souvient d’ailleurs des exploits retentissants des tandems Bobet-Stella, Anquetil-La Perle, Bahamontes-Paloma, Anglade-Liberia, Janssen-Lejeune, Darrigade-Alcyon ou Ocana-Motobécane ? Et qui se souvient aussi des composants Simplex, Huret, Mafac, Maillard, Philippe, Idéale ou Spidel ? Voire même de la grandeur de TA et de Stronglight ? Avec leurs pédaliers qui firent le bonheur des plus grands champions de l’histoire. De Fausto Coppi à Roger Pingeon.

Aujourd’hui le marché du cycle est encore et toujours marqué par la mondialisation. Avec la concurrence déloyale et pour tout dire scandaleuse des productions asiatiques. Mais aussi l’inconscience des pratiquants-acheteurs que nous sommes tous et toutes. Avec à l’esprit non seulement le prix mais aussi et surtout l’image véhiculée par un marketing omnipotent. La devise de mon régiment parachutiste, le 3ème RPIMA, me revient à l’esprit : « Être et Durer ».

Les grandes marques françaises ont su être. Glorieusement. Mais n’ont pas su durer. Hélas.

Une question liée certes à la mondialisation, mais aussi à l’incapacité de promouvoir et de développer un savoir-faire unique. Pour tout dire de s’adapter en s’appuyant par exemple sur les médias spécialisés. Top Vélo évidemment, mais d’autres aussi.

Les Italiens ont su eux préserver l’essentiel de leur patrimoine industriel et artisanal. Parfois en recourant à la sous-traitance exotique. Mais avec au cœur la volonté citoyenne de sauver leurs marques de légende en court-circuitant le marketing pour choisir l’authentique.

Côté français ce sera longtemps le renoncement. Jusqu’à la prise de conscience actuelle et à la résurgence dans la foulée du concept romantique de retours aux valeurs vraies. Et dans ce cadre métaphysique de rébellion face aux diktats du marketing, voilà venir ou revenir Victoire, Origine, Vagabonde, FKC, Le Vacon, Alex Singer, Bertin, Andouard, Léon, Cyfac, S1NEO ou Méral. Du Made in France, mais pas seulement. Mais, dans tous les cas du french spirit avec plus de 90% de valeur ajoutée locale. On attend maintenant un vrai retour de Peugeot et de Gitane. Ces deux blasons chargés d’histoire et d’exploits avec comme porte-drapeaux Bernard Thévenet, Jacques Anquetil et Bernard Hinault. Excusez du peu…