Le Tour de la Corse à vélo 2/2

Le Tour de la Corse à vélo 2/2

Le Tour de la Corse à vélo 2/2

Une remontée aux allures de montagnes russes

L’étape du jour, la plus courte du séjour aura pour objectif d’entamer la remontée vers le nord. Deux options s’offrent à nous, passer par Solenzara, longer la côte plate pour remonter à Bastia sur une route très passante, et dessiner une belle carte de Corse sur Strava ou remonter par l’intérieur pour aller chercher l’autre pépite de l’île de beauté : la montagne. Habitués à avaler du dénivelé toute l’année nous retenons la deuxième option.

La journée débute avec la liaison Bonifacio-Porto Vecchio, nous faisons un peu de tourisme sur les plages réputées comme Santa Giulia puis nous quittons la route principale pour rejoindre Porto-Vecchio par la côte. Ça sent la jet set et les soirées chics d’été dans des villas accrochées au rocher. Loin de ce qui nous fait vibrer, mais non sans intérêt tant le site interpelle.
Porto-Vecchio est sans doute une ville très agréable à visiter quand on a du temps et sans être encombré par la compagnie d’un vélo chargé comme un mulet. Nous y faisons une brève visite sans y constater un intérêt débordant et nous dirigeons, après quelques cafouillages de ravitaillement qui nous font perdre 1h, sur les premières rampes du col de l’Ospédale.
Fulcrum Racing
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Nous troquons rapidement la chaleur du sud contre la douce fraicheur de la montagne. Le col s’avale bien, les pourcentages sont doux et le revêtement est bon. Porto-Vecchio se dévoile en contrebas, nous passons le col et sommes attirés par une curiosité sur notre gauche…
Une réserve d’eau partiellement asséchée qui nous fascine et nous inquiète avec ses allures de fin du monde. Nous y faisons un stop prolongé, mais pour le coup le lieu vaut vraiment le détour. Nous nous dirigeons vers Zonza où l’ambiance, au pied des aiguilles de Bavella, sent bon le Trek et la haute montagne.
Nous avions un petit détour pour rejoindre le camping mais une fois sur place, comme l’ambiance nous plait, nous décidons de rejoindre le col de Bavella en A/R. Qu’à cela ne tienne nous commençons notre ascension pour nous rapprocher des aiguilles. Le col est sans réelle difficulté, on pourrait presque parler d’une formalité tant la pente est régulière sans rampe difficile. Nouvelle pause au sommet pour admirer la vue sur le parc naturel régional et la mer à l’Est.
La roche est rouge et acérée : de la Californie nous venons de passer dans les Dolomites.
Nous poursuivons la route dans la montagne où toute la ruralité s’exprime, les vaches broutent en plein villages. Nous retrouvons cette tranquillité loin du brouhaha du sud et de ses touristes. Nous passerons la nuit dans une châtaigneraie, ça sent la corse authentique, plus typique que jamais.
Fulcrum Racing

Pas 1 mètre de plat


Le lendemain nous partons au lever du soleil, pas une âme qui vive dans les villages à l’exception des cochons qui terminent leur nuit dans les ruelles, une grande partie de la route du jour en sera jalonnée. Prudence donc car il n’est pas impossible de croiser ces futures Figatelles au milieu de la route au détour d’un virage.
Nous escaladons un premier col avec une vue décoiffante sur le parc naturel et sa beauté sauvage et hostile. On comprend mieux l’expression « prendre le maquis » tant la végétation est dense et l’horizon jonché de collines et montagnes qui semblent infranchissables. Ce col de Vaccia est un véritable coup de cœur, d’autant plus qu’aucune voiture n’aura perturbé notre ascension, ni dans notre sens, ni dans l’autre.
Nous sommes seuls au monde c’est le bonheur absolu. La descente sur Zicavo se fait au rythme des cochons qui jonchent les bords de route. Il est encore tôt, mais prévoyants que nous sommes nous faisons un premier stop ravitaillement pressentant que les prochains km se feront en pleine pampa. Nous repartons de Zicavo les sacoches remplies et attaquons l’ascension du col de Verde, où sans surprise nous sommes accompagnés par les cochons, ce qui était furieusement exotique en début d’étape devient normal.
Cette ascension se fera à l’abri des chênes, sans vue exceptionnelle. Arrivés à Ghisoni au terme de la descente, nous prenons la direction de Corte avec au menu le col de Sorba. Ce Col est un vrai col de montagne, 11km de long pour une pente moyenne de 6.3% régulière, sans phase de repos. La rampe finale à flanc de montagne semble interminable mais la vue splendide fait oublier la pente et les km restants, on y resterait même bien quelques hectomètres de plus. Nous avalons le pique-nique que nous trainons depuis le pied du col de Verde. C’est notre technique depuis toujours, manger en haut des cols quitte à avoir faim lors de l’ascension. Nous profitons ainsi des descentes pour digérer car il n’y a rien de pire que de couper un effort pour repartir ensuite.
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Nous profitons donc de la descente sur la route de Corte pour digérer notre repas à base de produits 100% locaux (figatelli, paté de sanglier, fromage de chèvre et concombre) pas franchement adaptés à l’effort physique.
La descente nous fait changer d’univers, nous passons de la montagne végétale aux terres à nouveau arides, le premier témoin est l’odeur des pins qui nous prend au nez lors de ces premiers lacets.
Nous sommes seuls au monde c’est le bonheur absolu. La descente sur Zicavo se fait au rythme des cochons qui jonchent les bords de route. Il est encore tôt, mais prévoyants que nous sommes nous faisons un premier stop ravitaillement pressentant que les prochains km se feront en pleine pampa. Nous repartons de Zicavo les sacoches remplies et attaquons l’ascension du col de Verde, où sans surprise nous sommes accompagnés par les cochons, ce qui était furieusement exotique en début d’étape devient normal.
Nous rejoignons la route principale de Corte, large, passante, casse pattes. Les pourcentages sont faibles mais traitres, nous sommes collés. Corte sera l’occasion de prendre une glace, et de faire le point sur la suite du parcours.
Après délibération ce sera direction Moltifao. A la sortie de Corte nous retrouvons nos routes favorites entre désert et soleil. Pour rester dans le thème de cette journée, toujours pas de plat en vue. Se succèdent les cols d’Ominanda et Abrito avant de plonger sur Pont-Leccia. L’étape est quasiment terminée, c’est tout plat… Et bien non ! Ce sera faux plat pour finir avec 100m de D+ sur 7km. Et c’est en zizagant façon Tom Simpson dans le Ventoux que nous terminerons cet enchainement de montées et descentes.
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Avant dernier jour : Nous sommes en avance, et si on allait à la plage ?


Après l’étape de la veille nous partons un peu inquiets au sujet de notre condition physique, mais Bastia se rapproche et nous avons prévu une étape de moins de 100km pour refaire la Balagne et arriver tôt à St Florent pour passer l’après midi à la plage. Nous musardons sur nos routes préférées, ça monte, c’est cassant et bizarrement les jambes répondent sans la moindre courbature. Nous plongeons au cœur de la Balagne sauvage, loin des voitures.
La Balagne est vraiment l’endroit rêvé pour faire du vélo, un relief escarpé mais pas extrême, une vue mer sur les hauteurs, pas de voitures, pas de touristes, pas de fontaines ni boulangeries non plus au passage.
Nous profitons, aujourd’hui nous avons le temps. Nous quittons « notre » Balagne pour remonter sur les Agriates et cette route en corniche que nous avons déjà empruntée dans le sens aller. La vue dans l’autre sens est radicalement différente avec le Cap corse qui se dessine au large. Nous avalons le col de Vezzu et nous nous délectons de cette route vallonnée et sa vue imprenable sur la méditerranée, beaucoup plus calme que la semaine précédente. Les jambes sont toujours aussi légères au moment d’entamer la descente sur St Florent.
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Ravitaillement efficace à St Florent, pique-nique sur le port, nous nous regardons :
– « tu as envie de te baigner toi ? »
– « En fait non »
– « On continue ? Et si on se faisait le Cap Corse dans l’autre sens ? »
– « Banco ! »
Nous gobons notre ravitaillement et nous remettons en selle direction Centuri au Cap Corse, au point le plus au nord de l’île.

La route du Cap tient à nouveau toutes ses promesses, que nous avons bien fait de la tenter en sens inverse de notre aller plutôt que d’aller à plage et de couper sur Bastia le lendemain !
Nous reconnaissons à peine la route que nous avions empruntée 6 jours auparavant, chaque coup de pédale est euphorique, les jambes sont toujours exceptionnellement bonnes et nous avalons les montées à un rythme endiablé, malgré notre chargement. Les marinas de sable noir se succèdent, Nonza prend une tout autre allure avec ce soleil qui irradie le cap côté ouest.
Centuri se dessine en contrebas et nous devons nous raisonner pour stopper la journée ici. Si nous nous étions écoutés nous aurions tracé jusqu’à Bastia pour faire une journée à plus de 220km, mais niveau hébergement nous serons mille fois mieux à Centuri avec notre vue imprenable sur la baie au pied d’un chêne. Nous trouvons tout de même le temps pour une baignade suivie d’un diner sur la plage avec des provisions achetées à St Florent et nous nous couchons avec des étoiles dans les yeux en repensant à cette étape de rêve.

Un sprint final… à 20km/h

Nous nous sommes baignés la veille à Centuri, vous en déduirez donc que nous partons du niveau de la mer, mais la route est… 400m plus haut ! A froid au bout de 6 jours de vélo ça a sa petite importance. Les jambes sont toujours bonnes et nous montons plutôt bien cette première difficulté. Au lieu de redescendre de suite sur la côte Est, nous décidons de gouter à l’ultime difficulté du Bikingman : une petite boucle de 15km qui nous fait redescendre au niveau de la mer, au vrai cap Corse, au point le plus au nord de l’île.

Là on est dans le sauvage, avec des allures de bout du monde. Et maintenant il faut remonter au point de départ de la boucle, toujours à 400m d’altitude. Et là nous allons pouvoir savourer cette longue descente sur Rogliano et rejoindre Bastia tranquillement. Et bien non ! Le vent s’est violement levé depuis notre départ, un vent de sud Est qui nous cloue dans la descente, nous sommes à fond et nous n’excédons pas les 30kmh. A Rogliano il reste 35km jusqu’à Bastia, 35km collés sur place, à fond, les mains en bas et à 20kmh, l’effort est rude. Un peu moins de 2h plus tard nous sommes enfin à Bastia, 2h interminables.
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Bastia est sur le papier la ville la moins attirante du voyage, pourtant nous tombons sous le charme du vieux port, de la vieille ville, des glaces de chez Raugi. Nous profitons pleinement des dernières heures du voyages en nous perdant dans Bastia, de quoi finir en beauté notre tour Corse.

La Corse est idéale à parcourir à cette période de l’année : un temps clément, ni trop chaud, ni trop frais, beaucoup moins de touriste et des routes peu fréquentées.

Nous aurons parcouru un peu plus de 1000km sans le moindre ennui mécanique, sans la moindre crevaison, sans le moindre craquement sur nos vélos.
Avant de partir notre entourage nous avait prévenu, « vous verrez les routes sont pourries et les Corses roulent comme des cinglés ». Heureusement nous sommes têtus et aimons nous faire nos propres opinions.
Pour commencer le réseau routier secondaire est d’une qualité étonnante. Les routes sont en meilleur état que celles des grands cols des Alpes, et les Corses mettent un point d’honneur à les entretenir. Sur plus de 1000km nous aurons eu moins de 50km de routes vraiment dégradées et pourtant nous sommes allés chercher les problèmes en sélectionnant avec soin les passages les plus reculés.
Deuxième point la conduite des Corses, vue par nos congénères continentaux comme des « chauffards ». Les Corses se sont révélés faire parti des conducteurs les plus respectueux que nous avons eu l’occasion de croiser. Pas un seul coup de klaxon venant d’un Corse, les dépassements sont rapides, sportifs parfois, mais toujours dans le respect du cycliste, le mètre cinquante aura toujours été respecté et à aucun moment nous n’avons été mis en danger. Alors oui la conduite des Corses est sportive, mais c’est une conduite assurée de personnes qui maîtrisent parfaitement les routes de leur pays.
En revanche les très rares fois où nous avons été mis en danger, c’était par des SUV de marques françaises avec des 2B immatriculations récentes et des autocollants « diesel » sur la trappe à essence, (comprendre des voitures de location) conduites par les mêmes personnes qui disent que les Corses sont des fous du volant… À bon entendeur !
L’envie de revenir sur l’île est présente : nous sommes loin d’avoir parcourus tous ses secrets.
Peut-être l’an prochain sur le Bikingman Corsica ?

Les étapes :

Etape 1
Bastia >> L’île Rousse
185km / 2600m D+
Etape 2
Lîle Rousse >> Tiuccia
164km / 2150m D+
Etape 3
Tiuccia >> Bonifacio
175km / 2850m D+
Etape 4
Bonifacio >> Serra di Scopamène
117km / 2450m D+
Etape 5
Serra di Scopamène >> Moltifao
150km / 2600m D+
Etape 6
Moltifao >> Centuri
155km / 2250m D+
Etape 7
Centuri >> Bastia
70km / 1000m D+

Infos pratiques

Camping
Ile Rousse – Camping les Oliviers
Tiuccia – Camping A Marina
Bonifacio – Camping Pian Del Fosse
Serra di Scopamène – Camping municipal
Moltifao – Camping E Canicee
Centuri – Camping Isulottu

Bateau
Toulon <> Bastia par Corsica Ferries
Prévoir de quoi accrocher les vélos car il n’y a pas de zone réservée, ils sont stockés dans les garages.

Matériel utilisé 
Origine Graxx 1 et 2 : https://www.origine-cycles.com
Roues Prymalh Orion et Vega C35 pro Pneus en 32
Groupe Shimano GRX 800 monoplateau
Porte bagages arrière Tubus Fly
2 sacoches 15L Altura Vortex ultralight
1 sacoche de cadre 5L5 Shimano Pro discover
1 sacoche de guidon 8L Shimano Pro discover
1 sacoche Lezyne sous la selle avec matos de réparation : Chambres à air, rustines autocollantes Lezyne, multitool Lezyne avec dérive chaine, morceau de pneu

Le Tour de la Corse à vélo 1/2

Le Tour de la Corse à vélo 1/2

Le Tour de la Corse à vélo 1/2

La Corse s’est révélée comme la destination idéale pour partir en vacances à vélo. Récit d'une semaine sur l'Île de Beauté !

La Corse s’est révélée comme la destination idéale à cette époque de l’année. L’ayant déjà pratiquée en itinérance vélo en 2008, je souhaitais vivement la redécouvrir et la faire connaître à mon compagnon. Sur un coup de tête, nous réservons notre traversée à destination de Bastia !

Au quotidien, je suis plutôt fervente de rouler sans itinéraire « là où la route me mènera » mais équipée depuis très peu de temps d’un Garmin, on ne perdra pas de temps à chercher notre itinéraire. Je prépare donc plusieurs étapes autour de l’île en passant par les endroits iconiques, m’inspirant du parcours du Bikingman Corsica et d’autres routes tracées à l’instinct pour éviter les routes trop passantes. La grosse interrogation du voyage reste la météo dans le centre de l’île qui peut vite tourner avec l’altitude.

Cela faisait plusieurs années que le projet de faire la Corse en vélo nous trottait dans la tête, sans pour autant franchir le cap. Certainement l’aspect insulaire de la destination. Mais cette année nous décidons sur un coup de tête de réserver notre traversée avec aucune option annulation, plus d’autre choix de d’aller découvrir l’île de beauté !
Ce sera donc en autonomie complète, ou presque, nos vélos seront aussi nos maisons durant cette semaine. Nous les équipons de sacoches, tente, matelas, sacs de couchages et autres nécessaires pour partir à l’aventure.

La deuxième quinzaine de septembre est le moment idéal pour aller rouler en Corse, les jours sont certes plus courts qu’en plein été mais les températures sont clémentes, juste ce qu’il faut pour ne pas mourir de chaud et ne pas être transis de froid dans les montagnes du centre.

Lever de soleil à Bastia

Première étape et première claque

L’histoire commence dès le débarquement du bateau dans le port de Bastia.

6h30, le soleil se lève sur les îles : première pause photo au bout de 300m de route pour l’immortaliser. A ce rythme le trajet risque de durer un certain temps…

Vue sur l’île de la Giraglia
Direction le nord et le Cap Corse, le coup de pédale est fluide et nous évoluons en bord de mer à bon rythme, l’euphorie des premiers kilomètres ! Première ascension de 7km jusqu’au cap, virage à 180° pour admirer la baie de Centuri et là nous comprenons mieux notre aisance matinale. Un vent de sud-ouest nous prend tellement par surprise que nous sommes obligés de descendre de nos montures pour ne pas finir à terre.
Qu’importe, la vue sur le Cap est à couper le souffle en quelques mètres nous venons de changer d’univers, et ce sera cela durant tout notre voyage.
Fulcrum Racing

Les sens en éveil

Nous basculons sur la côte ouest et si notre vue est en alerte permanente le reste des sens n’est pas en reste, à commencer par l’odorat. La côte ouest est ponctuée par l’odeur du maquis et plus particulièrement des immortelles. Voyager à vélo procure cet avantage indéniable de faire corps avec la nature et de ressentir des choses impossibles à ressentir avec d’autres moyens de locomotion.

Nous redescendons donc le Cap Corse avec sa route en tobogan à ciel ouvert, ses villages pittoresques, son ancienne mine d’amiante qu’on croirait tout droit sortie de l’ère soviétique et ses marinas de sable noir (par les rejets d’exploitation de l’ancienne carrière d’amiante).
Après St Florent, vue sur le Golfe
Le Cap Corse va laisser place au Golfe de St Florent et nous entrons dans la région du Nebbio. Ravitaillés et sous un soleil de plomb, nous entrons dans le désert des Agriates par le Bocca di Vezzu qui surplombe la mer. Nous prenons de la hauteur pour admirer le chemin parcouru depuis le début de la journée et pour jauger le chemin restant.
On se croirait dans un tableau tellement le cadre est enchanteur ! L’effort physique devient anecdotique et notre appétit de paysage devient insatiable.
Le vent limite cependant dans notre progression. Il est tellement violent qu’à certains moments nous sommes obligés de descendre de vélo pour ne pas tomber. Il nous ralentit également en descente où il faut à la fois pédaler et freiner pour ne pas se faire surprendre par les rafales dans les virages. De quoi nous faire attendre avec impatience la prochaine ascension…
Désert des Agriates

La Balagne l’autre paradis du vélo à la sauce aventure


Nous quittons les Agriates pour nous diriger vers la Balagne en prenant la route de Novella qui mène à Belgodère. Nous suivons le tracé de la GT20, ce qui nous permettra d’éviter le trafic routier de la T30. Depuis le début de la journée c’est le 4ème type de paysage différent que nous traversons, la richesse de cette île est hallucinante !
La Balagne est plus austère, plus rurale, plus authentique, avec ses routes bordées de figuiers de barbarie on se croirait au Mexique. La route que nous empruntons est idéale pour le vélo, en 2h de temps nous ne croiserons aucune voiture.
Novella
Nous avons un gros coup de cœur pour le village de Novella, loin des clichés touristiques, on sent l’authenticité à plein poumon. Le col de Croce qui suit est pittoresque et agréable entre voie de chemin de fer et chênes. La descente nous amène dans la « vraie » Balagne, aride, désertique, presque inquiétante mais follement exotique. Petit conseil avant de vous y aventurer ravitaillez-vous bien en eau, le cimetière de Novella aura été notre roue de secours du jour.
Nous remontons ensuite le col de Colombanu et filons sur Belgodère, plus civilisé mais d’un charme fou. Nous prenons, à tort, la décision de descendre à l’île rousse pour y installer notre tente.
Fulcrum Racing

Calvi – Piana l’improbable bord de mer

Bien reposés (couchés à 20h30), après un petit déjeuner en visitant l’Île Rousse, nous nous dirigeons vers Calvi. Calmés par la dangerosité du vent de la veille, toujours présent ce matin, nous renonçons à remonter dans les terres pour rejoindre la citadelle et nous empruntons la T30 évitée la veille… mauvais choix !

Après un passage dans la citadelle de Calvi, on se dirige vers la route littorale Ouest en direction de Galeria : une petite route escarpée au bitume rapiécé avec un rendu exécrable mais quel bonheur, quelle euphorie de surplomber la mer par des falaises abruptes aux couleurs vives et de découvrir une nouvelle palette à chaque virage.
La côte impressionne autant qu’elle fascine, on a envie de rester là à contempler le paysage avec ces nuances de bleus où se confond parfois ciel et mer. Seul le contraste des rochers aiguisés vient briser ce dégradé.
Note pour la prochaine fois, bien penser à se ravitailler à Calvi car les kilomètres s’enchainent sans le moindre signe de vie !
Un peu avant le petit village de Galéria nous quittons la côte pour retrouver les paysages arides de la Balagne. Une des difficultés du jour consistera à grimper le col de Palmarella, une montée régulière avec des pourcentages faciles où une pause repas nous offrira une des plus belles vues du voyage. Une longue descente commence pour arriver à Porto. La deuxième difficulté du jour est l’ascension vers Piana et ses calanques. La montée est déjà plus raide mais le rythme est bon malgré notre ravitaillement un peu gourmand à Porto.
L’endroit est impressionnant, mais même hors saison il est sur fréquenté et cela gâche légèrement notre plaisir. Mais géologiquement parlant c’est une curiosité incontournable. Nous traversons Cargèse et ne pouvons nous empêcher de penser à l’affaire Yvan Colonna.
Nous passons la nuit à Tiuccia bercé par le bruit des vagues qui viennent se casser à 150m de notre tente.
Fulcrum Racing

Cap au sud, entre surpassement et désillusion.

Nous commençons la journée en partant littéralement du niveau de la mer pour monter à Sari D’Orcino où nous profiterons du lever de soleil par-dessus les montagnes pour ensuite franchir le col de Sarzoggio et basculer sur la baie d’Ajaccio. Le petit déjeuner est déjà copieux. Jusqu’ici les pourcentages avaient été très faciles et nous rencontrons de longues pentes à plus de 10%.

Fulcrum Racing
Nous avons fait le choix de suivre la trace à l’envers du Bikingman Corsica afin de contourner Ajaccio. La ville ne doit certainement pas manquer d’intérêt, mais ses abords sont réputés pour être particulièrement hostiles aux vélos, nous décidons ainsi d’opter pour cet ingénieux contournement. Nous traversons une zone résidentielle sans intérêt notable, à part les points de vue sur la ville d’Ajaccio.
A la fin de la baie nous attend une des ascensions les plus difficiles du voyage. Pas difficile par le dénivelé, mais par son irrégularité et ses pourcentages. Pour arriver à son terme s’enchainent pourcentages indigestes, descentes puis remontées, puis à nouveau descentes. Même la descente remonte !
Sur la plage d’Olmeto, nous faisons une pause déjeuner salutaire, autant pour reprendre des forces que pour reprendre nos esprits, tant ce morceau aura été usant physiquement et nerveusement.
Nous reprenons la route du sud et brusquement cette dernière devient sale et hostile aux vélos. Nous traversons Propriano et ses campings en bord de route, son architecture mêlant ancien et constructions des années 60 puis nous remontons sur une route très fréquentée pour nous rendre à Sartène. Encore un gros morceau à avaler avant de nous retrouver sur une route fréquentée mais pas désagréable. A Sartène on ressent toute l’austérité des cités latines bâties entre soleil de plomb et vents violents, des constructions efficaces, sobres qui font l’ambiance du lieu.

Cette 3e étape nous a offert moins d’émerveillement que les 2 précédentes. Sur la route de Bonifacio, le lion de Roccapina relève le curseur : la côte est magnifique. Par moment on se croirait en Californie avec des routes qui mériteraient une configuration en roues de 80mm. L’arrivée dans Bonifacio vient ponctuer cette journée. La citadelle est majestueuse, perchée sur sa falaise de calcaire. Pensez à bien garder des forces pour l’ascension vers le centre-ville : de belles rampes à plus de 25% donnent à cette fin d’étape des allures de Flèche Wallonne.

Une fois arrivés au cœur de la citadelle vous aurez largement mérité la vue sur la côte de la Sardaigne voisine, sur les falaises et un bon gros cornet de glace sur la place de l’église…
L’heure est venue pour nous de mettre le clignotant pour récupérer de ce qui aura sans doute été la journée la plus difficile du voyage.
Bonifacio se mérite et cette étape, malgré des curiosités indépendamment remarquables, a été la moins intéressante du voyage, tout d’abord les routes, le contraste avec le cadre idyllique du nord et enfin le tourisme de masse qu’on ressent même hors saison.