Wilier Zero SLR

par | Déc 11, 2019 | Le Supertest

Veste Helio.

Wilier est depuis toujours spécialiste des vélos très légers particulièrement adaptés à la montagne. Que l’on se souvienne de Marco Pantani et de son Wilier jaune et rouge…
Avec l’avènement du freinage disque, ces machines très légères ont pris un coup dans l’aile avec un surpoids d’environ 500 grammes. Wilier est retourné à sa planche à dessins et voici une machine à moins de 6,6 kg qui intègre totalement sa câblerie et offre un comportement diabolique. Une merveille !

Remise à l’heure des pendules

Encore un nouveau vélo à freinage disque ! Oui, et le marché n’en manque pas d’ailleurs. Pourtant ce Zero SLR occupe une place à part.
Et une fois n’est pas coutume, je vais vous révéler ma conclusion au début de ce Supertest. Il se place d’emblée au sommet de la pyramide des vélos à disque légers. Sa performance est monstrueuse. Combinant plus que jamais poids minimal, freinage au-dessus de tout soupçon, rendement et beauté, je dois dire que ce Wilier m’a subjugué. À l’aise sur tous les parcours où je l’ai emmené, il apporte un vent de fraîcheur à l’heure actuelle où même les machines les plus exclusives ne se démarquent pas.

Le concept du Zero SLR

Wilier a cherché à gagner un maximum de poids sans compromettre la sécurité, le rendement et la capacité à encaisser la puissance des meilleurs coureurs tout en intégrant au maximum la câblerie. La quintessence de l’idée que l’on se fait d’une machine moderne en somme !
Côté poids du cadre, il faut compter 780 grammes en taille M, avec la peinture évidemment. Il intègre le serrage de tige de selle et toute la câblerie de son freinage disque. En le regardant, on se rend compte que Wilier a fait le choix de ne rien laisser au hasard. Prendre les tendances et se les approprier sans pourtant rien perdre de ses valeurs.
Tout est calculé et bien conçu. À l’image du serrage de selle, minimaliste mais néanmoins très efficace et très léger. Pas plus de 10 grammes.
Ou encore les axes traversants Mavic Speed Release : 85 grammes la paire et un gain de temps divisé par deux lors du changement de roues.
Les entretoises de direction sont aussi ingénieuses. Elles s’empilent (en se clipsant entre elles) et font passer les deux gaines de frein. Plus rigides, esthétiques et aérodynamiques.
Voilà ce qui se voit au premier coup d’œil.

Pour parler technique, Wilier a utilisé comme à son habitude un mix en carbone à très haut module et de carbone haut module. La nouveauté consiste dans son maillage interne constitué de fibres multidirectionnelles et dans l’ajout de polymère entre les couches, pour améliorer la résistance, le confort et la filtration des vibrations. Et toujours sur le confort, il est possible d’équiper le Zero SLR de gommes jusqu’à 28 mm ! Antinomique mais possible.

Annoncé comme 30 % plus rigide que le Zero.7 (qui était loin de pouvoir soutenir les coureurs les plus puissants), c’est sur le rapport poids/rigidité que le Zero SLR devrait se distinguer.

Un peu à la manière de Specialized avec le Body Geometry, Wilier a son Balanced Design pour pallier les différences de comportement selon la taille. Et éviter de se retrouver avec un petit cadre trop rigide et un grand cadre chewing-gum. Ainsi les sections des tubes diffèrent entre chaque taille, comme les douilles de direction et boîtiers de pédalier.

Ligne minimaliste

Si Wilier est maître dans l’art de dessiner de belles machines, je dois avouer que le Zero SLR apporte un bol d’air frais dans l’univers des vélos à disque. Car, il faut bien l’admettre et oser le dire, si le disque a apporté une plus grande puissance de freinage, il a aussi largement dénaturé la ligne des vélos. Wilier s’en accommode très bien et le Zero SLR affiche ainsi une rare élégance.
Et en parlant d’élégance, l’intégration globale de la câblerie était avant l’apanage des machines aérodynamiques. Des machines qui, avouons-le, n’ont généralement rien de l’élégance et de la fluidité des lignes du Zero SLR !

Une masse réduite malgré un freinage disque, c’est possible

Si l’immense majorité des machines équipées d’un freinage disque pâtissent d’une masse bien supérieure à la limite UCI de 6,8 kg, ce Zero SLR est lui bien en-dessous. Avec 6,5 kg contrôlés par nos soins, ce Wilier passe allègrement sous la barre des 6,8 kg. Et cela même en ajoutant 200 grammes de pédales !
On constate que l’évolution et la baisse de poids sur les vélos haut de gamme à disque est constante depuis leur arrivée en masse chez les vélocistes.

Shimano Dura-Ace Di2, pour l’efficacité

Wilier a toujours équipé ses vélos soit en Shimano soit en Campagnolo. Tout le monde se souviendra de Marco Pantani dans le Monte Zoncolan plaçant une fulgurante attaque. Il était ce jour-là équipé en Shimano Dura-Ace et nul doute qu’il aurait apprécié rouler sur le Zero SLR. Dès lors personne ne trouvera à redire de ce montage italo-nippon qui en plus se montre très esthétique. Les poignées Shimano Di2 à disque sont de loin les plus belles du marché car elles intègrent parfaitement le maître-cylindre et ne souffrent donc d’aucune protubérance disgracieuse. Enfin son fonctionnement est simplement parfait. Shimano a fait le choix de rester en 11 vitesses (jusqu’à présent) et cela se ressent sur la fiabilité et le silence de fonctionnement. Le récent Sram AXS est largué sur ces deux points !

Côté composants, Wilier a développé un poste de pilotage tout en carbone monobloc baptisé Zero Handlebar. Une belle pièce très esthétique et dotée d’une ergonomie très finement étudiée. Et comme je l’ai déjà écrit plus haut, il fait passer toute la câblerie grâce à ses entretoises spécifiques.
La tige de selle a aussi été conçue pour ce nouveau vélo. Elle adopte la forme Kam-Tail, très en vogue en ce moment. Une forme aérodynamiquement très performante et qui ne pénalise pas le confort grâce à une petite section. Deux reculs possibles : 0 et 15 mm.

Le train roulant soulève plus de questions. Baptisé Wilier ULT38K, les jantes sont donc en carbone 38 mm et les moyeux en aluminium intègrent des roulements Ceramic Speed. Ces roues sont fabriquées en Italie, très certainement par Miche. À voir si leur rigidité sera suffisante pour exploiter le potentiel de ce nouveau cadre. Aucun doute à avoir sur les boyaux Vittoria Corsa Speed 2.0, ils sont au top !

Sur la route

Le Zero SLR est une machine italienne et cela se ressent instantanément. La direction est toujours particulièrement rigide et précise. En danseuse, le vélo se redresse seul, sans effort. Je dois dire que les Italiens et les Belges maîtrisent parfaitement ce comportement très particulier de leurs machines. Idéal lorsqu’on souhaite placer une attaque. Certainement le fruit d’une longue tradition chez eux.

Sur terrain plat, les vélos légers n’excellent pas. C’est plutôt le terrain des machines de 7,5 kg et plus, dotés de roues très hautes. Pourtant certains vélos très légers s’en tirent pas mal. Et c’est le cas du Zero SLR. Évidemment à 45 km/h, il n’a pas le répondant d’un Venge S-Works, mais à 25-30 km/h il est infiniment plus facile. Et entre nous, qui est capable de soutenir 45 km/h ? Donc Wilier ne se trompe pas de cible, les acheteurs pourront en profiter.

Même chose en côte, mais à la différence près qu’il est à l’aise quel que soit notre rythme. C’est clairement son terrain de jeu. Le cadre renvoie la puissance avec maestria, comme le ferait un arc. Un peu à la manière des meilleurs cadres aluminium, avec la légèreté et le confort en plus. Un des meilleurs grimpeurs actuels, assurément !
Les roues mériteraient d’évoluer dans cet exercice. Elles sont trop inertes pour maximiser le magnifique comportement du cadre. Réfléchissez-y…

En descente, l’avant très rigide donne une très bonne précision dans la trajectoire qu’on suit. On fixe la route des yeux et le vélo y va. Lors des changements de trajectoire, il y a comme un léger temps de réaction (la rigidité des roues encore une fois). À anticiper.

Le confort est royal, comme si le Zero SLR se situait à mi-chemin entre le vélo de compétition et le vélo d’endurance. Pourtant c’est bel et bien une bête de course…

Ouch !

Sans y aller par quatre chemins, le Wilier Zero SLR me fait énormément penser au Canyon Ultimate CF EVO. C’est-à-dire qu’il s’agit probablement d’une des toutes meilleures machines au monde pour grimper et courir sur des parcours vallonnés. Même chose sur de la longue/ultra longue distance où il excellera. Oubliez les Tarmac et autres Addict, le Wilier évolue dans un autre monde, encore au-dessus. Celui du sommet de la performance, de la classe, de l’intégration et du confort pour une bicyclette de compétition.

D’origine équipé d’un pédalier Shimano Dura-Ace, nous avons pris la liberté de démonter celui-ci pour les besoins de notre essai du pédalier Praxis Zayante. 

Sur le circuit d’essai Top Vélo

Ce vélo m’a laissé une impression de performance phénoménale lors de mes différentes sorties, et le chronomètre de notre circuit d’essai au parcours très cassant devrait se montrer favorable…

Avec son poids plume, le Zero SLR ne devrait pas se montrer très à son aise sur la portion plane de notre circuit d’essai. Pourtant il virevolte à chaque coup de pédale et m’emmène allègrement et facilement au-dessus des 40 km/h.
Sur des dos d’âne, son confort et sa filtration des chocs que ce soit à l’avant du vélo dans la direction ou à l’arrière dans l’assise, permettent de passer à pleine vitesse sans réfléchir.
Il faut se rappeler qu’il y a quelques années, les machines de compétition étaient sur ces points très dures et inconfortables !

La côte se profile devant moi et je sais qu’il faudra que je sois à la hauteur. Car pour l’instant, le Wilier se comporte comme une flèche.
Grand plateau, j’attaque à bloc, décidé à en découdre. La sensation est exceptionnelle et les boyaux Corsa Speed renvoient énormément d’informations. Comme si je ressentais le moindre grain d’asphalte dans mes mains. La rigidité du poste de pilotage et du cadre ne posent aucun problème, juste ce qu’il faut pour percevoir la réaction de l’ensemble agissant comme le ferait un arc. Peu de machines réagissent de la sorte et renvoient si bien la puissance qu’on leur donne.
Je ne ferai pas tant d’éloges des roues, que je souhaiterais plus rigides. Elles ne sont pas molles, mais font bien office de fusible. Pas de souci en roulant plus tranquillement, mais c’est bien dommage lorsqu’on hausse le rythme.

Récupération dans le replat. Le Wilier est facile et s’adapte à tous les changements de rythme. Un retour à une vitesse paisible ou une franche attaque ne posent aucun problème ni latence dans ses réactions.
Dans la dernière partie où j’accélère encore plus franchement, je sens vraiment que le train roulant s’affaisse, c’est fort dommage.

Un affaissement surtout perceptible en montée. Car sur la partie plane après le sommet, j’en remets une couche et le manque de rigidité des roues a disparu.
Dans la descente le système de disque freine très fort. Il est bien réglé et n’occasionne aucun bruit ou frottement. La tenue de route est sans surprise. Pas le vélo le plus précis qui soit, mais prévenant dans ses réactions.

Dernière montée, plus facile. Je n’ai pas besoin de me rentrer dedans pour grimper vite, le vélo fait tout le travail. La route est granuleuse et même si l’avant retransmet précisément et fidèlement l’état de la chaussée, le confort est bien présent.
L’ultime descente me conforte dans mon premier jugement, le vélo est très stable mais ça n’est pas le plus joueur qui soit. On choisit une trajectoire et il suit.

Wilier Zero SLR

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Plat

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Montagne

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Descente

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Rigidité

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Nervosité

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Rendement

  • Plat 75% 75%
  • Montagne 100% 100%
  • Descente 85% 85%
  • Rigidité 75% 75%
  • Nervosité 85% 85%
  • Rendement 95% 95%

Fiche technique

Cadre Wilier SLR carbone (780g)
Fourche Wilier SLR Carbone disc (340g)
Groupe Shimano Dura-Ace Di2
Roues Wilier Triestina ULT38KT carbone boyaux
Pneus Vittoria Corsa Graphene 2.0 Speed
Cintre Zero Integrated full carbone
Potence Zero Integrated full carbone
Tige de selle et selle Wilier Zero SLR carbone et Selle Italia SLR Boost Carbon

Équipement

Tenue Top Vélo
Chaussures Gaerne
Casque Kask
Lunettes 100%

Tarifs & poids

11 100 €
6,5 kg

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