Trottinette électrique, une vraie mascarade !

par | Oct 18, 2019 | Juridique

Je voudrais aujourd’hui faire une légère digression en ne traitant pas d’un sujet qui concerne directement les cyclistes, mais qui aborde le problème d’un autre deux roues : la trottinette.

Cette question importante semble diviser la France en deux comme cela est souvent le cas chez nous dès qu’un problème nouveau surgit et qui relève d’une dimension nationale.

Phénomène de société ou feu de paille ?

Doit-on considérer ce nouveau mode de transport (pas si nouveau en fait) comme une vraie révolution, ou comme un danger permanent ?
Dans nos agglomérations, la tension est à son comble et ce, d’autant plus que malgré les demandes du gouvernement, aucun chiffre précis ne nous est communiqué.
Ainsi, une pianiste renversée par une trottinette risque de perdre l’usage de sa main, une femme a été renversée avec son bébé de quelques mois, les personnes aveugles et les mal voyants n’osent plus sortir de chez eux, j’en passe et des meilleures…
À Marseille, on constate un accident par jour et personne ne se demande si la trottinette ne cause pas plus d’accident que le vélo, régulièrement pourchassé par nos chers et tendres automobilistes…
La Mairie de Paris de son côté répond qu’actuellement le phénomène est étudié (sic).
Une amende de 135 € a été éditée pour ceux qui rouleraient sur les trottoirs sans même se poser la question de savoir :
1 – Comment peut-on verbaliser une trottinette sans immatriculation qui roule à plus de 20 km/h ?
2 – Doit-on la renvoyer sur la chaussée, sachant que ces engins ne sont ni assurés, ni immatriculés ?

L’autre solution adoptée, mais qui ne règle absolument pas le problème, est de faire payer les opérateurs pour toutes les trottinettes abandonnées de manière anarchique en appliquant une taxe annuelle… Et après ?
Nous constatons donc une absence totale de prise en compte d’un vrai phénomène de société.

Un vide législatif

Notre Ministère des Transports prépare donc un décret qui interdira l’usage des trottinettes ou plutôt des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM), aux enfants de moins de 8 ans et qui obligera ceux de plus de douze ans à porter un casque avec une vitesse limitée à 25 km/h et une amende de 1.500 € en cas de dépassement de cette vitesse.
S’il est appréciable que nos gouvernements puissent s’intéresser à nos chères têtes blondes, la vraie difficulté n’est pour autant pas résolue.
Ce mal français est un mal récurrent. Un véritable emplâtre sur une jambe de bois et cela s’éternisera tant que nos gouvernants croiront dans le pouvoir magique des décrets, des arrêtés, des circulaires, des lois, etc…

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