Trek Emonda SLR

par | Juil 4, 2021 | Le Supertest

L’Émonda SLR est le récent vainqueur des Top Vélo Awards 2021. Mais bien avant cette victoire, c’est le vélo qui s’illustre sous les coups de pédales de Vincenzo Nibali ou Audrey Cordon Ragot. Et après un Madone ultra typé, ce frêle cadre carbone de moins de 700 grammes est capable de tout !
Trek Émonda

Trek au sommet

Un style inimitable, des caractéristiques ultramodernes et une facilité folle. Quelques mots qui résument pleinement le dernier cru de l’Émonda qui trône au sommet de la gamme du constructeur américain Trek.

Il faut le rappeler, Trek n’est pas le dernier arrivé. L’histoire de la marque remonte à la fin des années 1970 lorsque John Burke décide de créer une marque américaine de vélos de milieu-haut de gamme, fabriqués aux États-Unis. À cette époque on exportait principalement des vélos d’Italie, et cela se payait très cher. Trek est ainsi né.

Depuis la marque a remporté toutes les courses les plus prestigieuses chez les pros et l’histoire s’est créée. Une histoire bien ancrée dans un désir et une fierté d’Amérique très profonds !

Fulcrum Racing

Aparté, un ressenti, mon ressenti

J’ai le bonheur de prendre en main absolument toutes les plus belles (et nouvelles) machines de la planète. Un métier de rêve pour certains, mais il faut savoir garder la tête froide. Rouler à longueur d’année sur les plus performantes (et onéreuses) bicyclettes ne dispense pas d’objectivité sur le comportement de ces vélos.
On dit que tous les vélos sont bons, et qu’un bon vélo ne transforme pas un cheval de trait en cheval de course. Soit.
Mais si un bon vélo peut vous emmener partout efficacement, sa version extraordinaire rendra chacune de vos sorties extraordinaire. Ce n’est pas la destination qui compte, mais bien le voyage…

Fulcrum Racing

La finition, un art à part entière

La plupart des vélos, haut de gamme ou non, sont désormais peints par des robots. Il est rare de retrouver de vrais peintres, artistes capables de réaliser des prouesses et de donner une vie et une âme à ces vélos qui nous font rêver.

Trek propose à travers son programme de personnalisation Project One la possibilité d’obtenir une machine unique. Notre vélo d’essai dispose en plus de la personnalisation ICON, qui offre le plus haut degré de qualité proposé par Trek.
Visuellement c’est l’explosion. Malgré tous nos efforts pour arriver à vous montrer comment cette teinte Amplified Alchemy réagit à la lumière, rien ne remplace l’œil humain. Si vous avez la chance de pouvoir l’observer un jour, ne vous en privez pas, vous serez émerveillé.

Des multiples reflets aux paillettes tantôt dorées tantôt argentées ou bronzées, du rendu du vernis incroyable, digne des plus belles automobiles, en terminant par le changement constant de teinte, on ne sait plus où donner de la tête et des yeux. Sans compter sur la texture de l’ensemble.

Il faut prendre le temps, s’asseoir, observer et laisser la magie opérer.
Cette peinture est une œuvre d’art à elle seule.

Fulcrum Racing

Pour parler technique

Côté cadre, Trek a allégé l’Émonda SLR au maximum. Pour cela une toute nouvelle (et inédite) fibre de carbone a été développée. Une fibre d’une légèreté jamais utilisée auparavant sur un cadre de la marque, baptisée OCLV 800.

On remarque que Trek ne s’est pas contenté de fabriquer un cadre ultraléger, mais la marque américaine garantit une rigidité supérieure à l’ancien modèle, tout en adoptant des tubes aérodynamiques, grâce à la fibre OCLV 800.
On l’a d’ailleurs remarqué, les pros ont délaissé l’exclusif Madone pour adopter cet Émonda.

Aérodynamiquement, Trek annonce que l’Émonda est plus rapide d’une minute sur une heure de plat à 300 watts et de 18 secondes par heure lors d’une ascension comme l’Alpe d’Huez à 350 watts.
Comprenez qu’il faudra avant tout un très bon niveau physique pour pouvoir profiter de cette nouvelle forme, mais que tout le monde profitera du gain de poids et de la rigidité mieux contrôlée.

La marque américaine propose 7 tailles et une géométrie à mi-chemin entre la très sportive H1 et la plus accessible H2. Cette géométrie H1,5 est dans la mouvance actuelle des vélos plus faciles et utilisables par le plus grand nombre. Il est possible, à ce titre, de monter des gommes jusqu’à 28 mm.

Trek a choisi un boîtier de pédalier T47. Un choix inhabituel dans le monde des vélos en carbone, mais désormais courant chez les artisans qui soudent des cadres acier. Basé sur le même principe que le traditionnel boîtier fileté, le T47 étant légèrement plus grand. Un choix rassurant quant à la fiabilité, bien utile sur un cadre de 700 grammes…

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Les composants dédiés

De nos jours, un vélo ultime n’est plus seulement un cadre, mais aussi des composants qui l’accompagnent. Des composants Bontrager conçus exclusivement pour fonctionner avec le cadre Émonda SLR.

On remarque évidemment le poste de pilotage. C’est cet élément qui permet notamment l’intégration complète de la câblerie.
Baptisé Aerolus RSL VR-C, ce poste de pilotage contribue à rendre le vélo plus rapide aérodynamiquement parlant.

La câblerie ne passe pas à l’intérieur, mais en dessous de ce cockpit. Cela a l’avantage de faciliter la maintenance, le passage en interne des gaines hydrauliques étant parfois très compliqué chez certains concurrents.
Les gaines cheminent ensuite dans le cadre par de petites entretoises qui s’empilent et qui permettent de régler de manière assez esthétique la hauteur du poste de pilotage.

La tige de selle est de type semi-intégrée, Ride Tuned. Un système simple qui consiste en un tube rond, et une demi-tige qui vient s’insérer par le dessus. Il suffit de couper la tige du cadre à la bonne hauteur, et ensuite de poser la demi-tige avec l’assurance qu’elle ne pourra pas descendre. Cela limite les contraintes sur le carbone et permet quand même d’augmenter la hauteur, si nécessaire. Il existe deux longueurs et deux reculs différents.

Les roues Bontrager Aeolus RSL 37 carbone sont les plus légères de la gamme Bontrager. Dotées d’un profil de 37 mm (largeur extérieure de 28 mm et intérieure de 21 mm), elles sont à pneus et Tubeless Ready, avec un fond de jante spécifique. Leur masse de 1325 grammes est à ce titre exceptionnelle et en fait des roues à freinage disque parmi les plus légères du marché.

Les pneus Bontrager R4 320 TPI s’annoncent comme exceptionnels. Leur souplesse fait penser aux boyaux de piste en soie ou coton et rappelle que ce type de pneumatique se fait malheureusement bien rare de nos jours… D’une section de 25 mm, ils pèsent 230 grammes.

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Sram Red eTap AXS

C’est le groupe le plus techno du marché avec sa transmission sans fil. Devenu une référence (normal, il est le seul sur ce créneau), le Sram Red est incontournable lorsqu’on souhaite équiper un vélo haut de gamme.
On regrette quand même qu’il soit toujours aussi bruyant. En cause, sa chaîne plate sur le dessus et, surtout, sa cassette en acier usiné CNC.

Toujours à propos du groupe Red AXS, Sram a grandement amélioré le freinage avec l’adoption d’étriers monoblocs. Plus rigides, ils sont aussi plus silencieux (disques de 160 mm sur l’Émonda).
Quelques mots sur l’ergonomie, les leviers Sram sont plus adaptés aux grandes mains qu’au petites. Il faut le savoir…

On apprécie que Trek ait choisi d’équiper son Madone top de gamme du capteur de puissance Quarq, intégré au pédalier Sram Red.

Fulcrum Racing

Sur la route

Les premiers mètres aux commandes de l’Émonda me rappellent furieusement les sensations ressenties il y a plusieurs années lorsque j’avais essayé la toute première génération. J’avais été époustouflé par la faible masse et la rigidité de l’ensemble.
On savait déjà à l’époque faire des vélos légers, mais ils étaient le plus souvent loin du rendement des vrais vélos de course, inévitablement plus lourds.

Alors ce Trek Émonda qui était un des premiers vélos à 6 kg et qui réussissait la prouesse d’avancer véritablement m’avait marqué.

Aujourd’hui le ressenti initial est toujours le même. Pourtant, si la masse du cadre a diminué, celle du vélo a augmenté. Le freinage disque est passé par là, le groupe électrique aussi. L’Émonda est devenu aérodynamique et il intègre la câblerie. Une prise de poids contrôlée puisqu’on est tout juste à la réglementation UCI de 6,8 kg.

Mais ce qui me surprend le plus c’est cette sensation d’envol au moindre coup de pédale.
Dans la croyance générale, ce ressenti était une histoire de poids, mais on comprend aujourd’hui que c’est plus une histoire de rapport entre le poids et la rigidité. Une masse soigneusement diminuée là où il faut, associée à la rigidité nécessaire pour que le vélo soit capable de soutenir n’importe quelle puissance. La recette du Trek Émonda semble pertinente.

Fulcrum Racing
Sur le plat, il roule quasiment comme un Madone, pourtant bien plus lourd. Équipé de roues à plus haut profil, il se montre ultraperformant. Trek est parvenu à doter son Émonda de lignes très aérodynamiques sans rendre le comportement pataud. C’est sensible en relance où le vélo réagit absolument sans aucun temps mort, même avec des roues à très haut profil. Bluffant !

Et dans les côtes il survole les débats. Sa légèreté et son absence d’inertie couplée à une rigidité idéale permettent des accélérations très explosives.
Lorsqu’il s’agit de rouler au train, il s’adapte à n’importe quel braquet. Mais encore plus surprenant, il incite vraiment à accélérer, comme peu de machines le font encore de nos jours, où le comportement des vélos s’est bien lissé.

Le confort m’étonne. Sur les chocs le tube de selle se déforme beaucoup verticalement, donnant une agréable sensation d’être sur coussin d’air. Le poste de pilotage n’est pas en reste et épargne particulièrement les mains et les bras. On sent sur ce point la différence avec l’Émonda d’il y a 10 ans, qui ne pardonnait pas grand-chose en comparaison…

Fulcrum Racing

Bête de course à volonté

J’aurai pu écrire agneau ou bête de course. Mais l’Émonda est avant tout une bête de course. C’est dans cette optique qu’il a été créé. Pourtant (et à la grande différence du Madone) il est bien plus utilisable. Cela veut dire que la majorité d’entre vous (nous) peut l’utiliser et en tirer toute la quintessence. Et à ce propos, l’Émonda SLR tend à être la quintessence du vélo moderne.

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Sur le circuit d’essai Top Vélo

J’apprécie énormément d’amener de pures bêtes de course sur le circuit d’essai. Un test bref mais intense qui est toujours propice à ce genre de machines… Pour autant je n’oublie pas qu’un bon vélo de course moderne se doit de ne pas être trop exigeant !

Et contrairement au Madone, l’Émonda m’a montré au fil des kilomètres que Trek avait bien progressé en la matière. La nouvelle géométrie H1,5 améliore grandement le ressenti. Moins extrême que la H1, elle a été développée conjointement avec les pros du team Trek-Segafredo. Certainement que les coureurs pros sont aujourd’hui à la recherche de machines plus tolérantes…

Je passe sur les premiers kilomètres qui passent très facilement avec quasiment tous les vélos haut de gamme du marché. Le ruban d’asphalte plat et en parfait état ne pose aucun problème.
C’est en arrivant sur la portion en mauvais état que je constate que l’Émonda SLR est vraiment doué en filtration des vibrations. C’est en fait la totalité de la machine qui agit et disperse les chocs. Une sensation agréable de survoler la route, certainement amplifiée par les fantastiques pneus Bontrager R4 320 tpi.
J’arrive dans la côte. D’emblée j’attaque fort et je ne bute pas contre une trop forte rigidité. Au contraire, malgré ma faible puissance (400 watts maxi sur une pente courte) le vélo m’accompagne. Les roues sont exactement comme j’aime : vivantes et extrêmement réactives. Un pur régal.
Moment de récupération avant d’attaquer la seconde partie.

Conversation
J’ai envie d’établir une comparaison avec le Specialized Aethos, fantastique grimpeur également. Si le Specialized est un pur vélo de montagne, il n’incite pas pour autant à accélérer l’allure jusqu’à plus soif. Son créneau c’est de faciliter la tâche à tout le monde
Le Trek est tellement réactif qu’il sera bien préféré des coureurs et vrais grimpeurs qui pourront en tirer toute la quintessence.

Une seconde partie qui est encore plus pentue. Je reste sur le grand plateau de 46 dents, en croisant la chaîne, ce que permet sans problème le Sram Red.
Plus j’accélère, plus le Trek en demande. Un ratio entre rigidité et souplesse simplement parfait.
Je bascule au sommet, et devant mes roues s’étale une portion plane.
L’occasion de me détendre et de profiter de la géométrie de l’Émonda, particulièrement réussie. On se sent bien sur le vélo, tout en pédalant très efficacement. Entre course et endurance, le meilleur des deux mondes, en fait.
Dans la descente, le Trek montre deux facettes. Tantôt joueur lorsqu’on cherche à prendre la corde, tantôt ultrastable et passif lorsque je lui demande la vitesse maximale (avant la courbe). Une double personnalité qui nécessitera un certain temps, et une adaptation, avant de la cerner et de maîtriser pleinement.
Dernière ascension, moins pentue que les deux premières. Le Trek évolue comme s’il s’agissait d’un faux-plat, effaçant littéralement la difficulté. Même sans appuyer trop fort sur les pédales, j’ai le sentiment d’être bien meilleur qu’en réalité.
Fulcrum Racing

Trek Emonda SLR Disc

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Plat

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Montagne

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Descente

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Rigidité

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Nervosité

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Rendement

  • Plat 90% 90%
  • Montagne 100% 100%
  • Descente 100% 100%
  • Rigidité 85% 85%
  • Nervosité 85% 85%
  • Rendement 90% 90%

Fiche technique

Cadre Trek Émonda SLR OCLV 800
Fourche Trek Émonda SLR
Groupe Sram Red eTap AXS
Roues Bontrager Aeolus RSL 37 carbone
Pneus Bontrager R4 320 TPI
Cintre Bontrager RSL VR-C
Potence Bontrager RSL VR-C
Tige de selle et selle Bontrager et Selle Bontrager

Équipement

Tenue PedalEd
Chaussures Ekoi
Casque Kask
Lunettes Vuarnet

Tarif & poids

14 799 € avec peinture ICON
6,7 kg

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