En matière de cycliste sur route, Bernard Preuss est un spécialiste. Celui qui possède un magasin de vélos dans le Nord de la France depuis de longues années a toujours proposé des machines sur-mesure lorsque les cadres étaient encore faits de métal. L’avènement du carbone est passé par là et il est devenu bien compliqué de proposer une offre personnalisée en matière de cadre carbone. C’était avant le Z-115 qui vient combler cette brèche.

Un cadre fabriqué en Italie et disponible en sur-mesure

Évidemment, ne possédant pas l’infrastructure nécessaire à la fabrication de cadres en carbone, Preuss fait effectuer la fabrication (selon ses plans) en Italie, par un célèbre cadreur qui officie aussi pour bien d’autres marques. La géométrie reste cependant de l’entière responsabilité de Preuss, qui a aussi dessiné les lignes du Z-115. Les tubes de carbone utilisés proviennent de chez Deda, du carbone Toray en T800. Toray est l’un des leaders mondiaux de fabrication de fibres de carbone et la fibre T800 est intermédiaire. Au niveau dureté, elle se situe entre la T700 et la T1100. On peut donc penser que le comportement du cadre ne sera pas trop dur et donc conciliant. Pour le reste, à part un boîtier de pédalier au standard press-fit, on retrouve des étriers à fixation classique (pas de direct-mount) et un serrage de selle par collier. On remarque d’ailleurs que ce collier ressemble furieusement à celui utilisé sur le De Rosa King… Si la couleur de notre vélo d’essai vous semble un peu triste, sachez que tout est réalisable, moyennant le portefeuille qui va avec. En tout cas, la finition est sans reproche !

Équipement à la carte

Comme de coutume chez les cycles Bernard Preuss, le montage est entièrement disponible à la carte. C’est-à-dire composant par composant, suivant les desiderata précis du futur utilisateur. Ici pas de compromis. Souhaitant contenir le tarif du vélo pour ne pas tomber dans la folie, tout en bénéficiant d’un groupe électrique dernier cri, nous avons sélectionné l’excellent Ultegra Di2 dans sa dernière version. On l’admet, pas question de rêve avec l’Ultegra, mais c’est vraiment un superbe groupe, à la fiabilité excellente et aux changements de vitesses qui n’ont rien à envier au Dura-Ace. Seule la finition semble en retrait par rapport à son grand frère (normal). De plus, l’ergonomie a bien évolué et est égale entre les deux groupes.

Affectionnant les composants Deda, j’ai choisi un cintre Zero 100 tandis que la potence et la tige de selle sont des modèles Superzero. On reste en Italie avec la selle Fi’zi:k Antares Versus R1 qui bénéficie d’un canal creusé en son centre. Le train roulant est assuré par Mavic avec les récentes Ksyrium Pro carbone à pneus. Des Continental Grand Prix 4000 SII pour l’occasion. Du très sérieux, rien à dire.

Sur la route

Qui dit machine sur-mesure dit positionnement parfait. Et c’est le cas ici. J’avais donné toutes mes cotes à Bernard Preuss à qui j’ai laissé le champ libre pour développer une géométrie spécialement adaptée à mes mensurations. Le résultat est bien là car dès le déballage, la machine est parfaitement réglée et opérationnelle. Plus encore, dès les premiers mètres je me sens quasiment sur mon propre vélo (à part la selle), argument choc en faveur d’une machine sur-mesure. Lors de mes essais de vélos, je dois avouer que je ne trouve que (trop) rarement une machine parfaitement adaptée à mes mensurations.

Un bon positionnement est le point de départ de toute performance et de toute notion de confort. Être bien posé sur une machine sportive vous permettra d’effectuer plus de kilomètres sans ressentir de douleur et, au final de bénéficier d’un meilleur confort et d’aller plus vite. Je trouve d’emblée le Z-115 confortable et vif. On est loin de l’excès de rigidité dont font parfois preuve certains concurrents. De même je dirais que pour un cycliste plus lourd que moi, il faudrait certainement un cadre plus rigide. Mais me concernant, c’est parfait. Je pédale en relançant beaucoup l’allure, si bien qu’il m’a toujours été difficile de rouler à la même vitesse sans me mettre en danseuse, même sur le plat. J’avais fait part de cette spécificité de mon pédalage à Bernard Preuss qui a visiblement fait fabriquer un vélo très joueur. Le choix des roues basses Mavic Ksyrium carbone n’est certainement pas étranger à ce ressenti. Je me vois sans problème enchaîner les kilomètres aux commandes de ce vélo.

En côte, le Z-115 semble bien plus léger que ce qu’il n’est réellement. Il est vrai qu’avec un peu plus de 7 kg, il n’a rien d’une plume mais il semble faire 500 g de moins une fois en selle… vous savez, cette catégorie de machines qui vous aident réellement à mieux grimper. Il est de cette trempe. Debout sur les pédales, je relance sans problème et au train, la rigidité de l’ensemble est juste comme il le faut. Dans les descentes je trouve le freinage Mavic un peu spongieux. Après un regard attentif, il s’agit des patins qui sont mous et s’écrasent. Un échange avec des patins d’une autre marque et le problème est réglé.

C’est certainement sur le plat que le choix des roues sera dicté par votre pratique. Me concernant, je n’affectionne pas tant les longs bouts droits, donc l’usage de roues à profil bas ne me gêne pas. Mais il faut se rendre à l’évidence, si vous roulez dans un plat pays, il est certain que vous gagnerez au change avec des profils intermédiaires. Dès lors, attention de ne pas perdre en facilité en montée… Mais entre nous, le Preuss n’est pas taillé pour les longs bouts droits, il s’appréciera bien plus sur des profils accidentés !

De réelles qualités, une vraie surprise !

Le Preuss Z-115 me laisse un excellent sentiment : celui d’un vélo très agréable qui convient parfaitement à mes attentes de cycliste. Bien posé, léger, suffisamment rigide mais pas trop, et doté de réelles aptitudes à grimper. Pour couronner le tout, il se montre extrêmement agréable. Que demander de plus ? Une version à disques ? Elle est aussi disponible !