Nous Spartiates, descendants d’Héraclès comme Léonidas, pour Force et Hardiesse

« Bien préparer la saison », une idée prégnante qui occupe les esprits de tous les Cyclosportifs en ce début d’année que ce soit pour une, quelques ou toute une série de cyclosportives comme le proposent certains Challenges (Assurance Vélo). Aussi, en cette période de températures hivernales, il est courant de participer à quelques stages dans le Sud de la France, ou encore en Espagne comme très usuellement.

Années après années, les routes et paysages deviennent communs, alors pourquoi ne pas découvrir de nouvelles cultures, d’autres horizons, et des tracés inédits aux profils exigeants pour faire de vous… un vrai guerrier !

Quête et Conquête !

Avec pour elle, l’histoire de combats homériques et les légendes de la mythologie, la Grèce et sa région de Péloponnèse sauront vous insuffler ce qui est l’arme absolue des vainqueurs : l’esprit !
Mais dans un pays si lointain, à la langue et l’alphabet inconnus, sans aucun repère de ce qui vous empêcherait de vous concentrer sur votre objectif de progresser. Aux premiers abords une affaire bien compliquée.
Mais Agis et Tom, avec leur entreprise Pedal Greece, seront là pour vous assister, vous proposant un séjour « all inclusive » haut de gamme. Du sur-mesure.
J’ai eu la chance d’être convié à découvrir leurs propositions, et au-delà de l’attente d’un résultat, j’y ai vécu le voyage avec ses rencontres et ses belles aventures humaines.

Timelapse

Depuis l’aéroport de Marseille, une heure trente-cinq de vol pour atteindre Munich. Se présentent ensuite quarante-cinq minutes d’attente de correspondance, investies en profitant de cette si sympathique culture allemande, avec une petite collation bretzel et café.
Deux heures vingt plus tard, me voilà déjà à Athènes avec des températures très agréables alors que très basses même en Provence en ce début Novembre.
Je rencontre Agis, l’organisateur principal de ces séjours de stage ou de cyclotourisme, en même temps que mon confrère allemand de Bicicletta da Corsa, très sympathique dès le premier échange.
Trois heures de voiture à faire connaissance, discuter du programme de l’aventure, de sujets vélo et d’actualité. Nous arrivons enfin à destination : la ville de Mistra. Tom, le co-organisateur nous y attend, en compagnie de notre consœur Ruby du magazine hollandais Soigneur, et Nassos le photographe de l’évènement.
Premier dîner du soir, présentation de notre guide et d’accompagnateurs, premier repas dans la plus pure tradition grecque, tous plats commandés en commun et succulemment partagés : le Mezze !
Nous dormirons à Mistra pour deux nuits, Sparte est à quelques kilomètres seulement, l’esprit de Léonidas imprègne les lieux, nous nous réveillerons valeureux.

Première bataille

Petit déjeuner copieux avec yaourt grec bien sûr, pain, beurre, miel et confitures, sur la terrasse au petit matin en t-shirt avec déjà une dizaine de degrés à l’ombre des orangers.
Préparation et réglage, nous sommes fin prêts à découvrir cette contrée inconnue aux reliefs très prometteurs !

Dernier petit café, en tenue Top Vélo et armé de mon casque Légende Bleu-Blanc-Rouge pour l’occasion.
Premiers tours de roues, direction Sparte et au-delà, vers un paysage montagneux.
Une fois la première ascension engagée, nous retrouvons le guide à vélo pour le reste de la sortie, la route ayant été initialement indiquée par les organisateurs en voiture ouvreuse.
D’autres jeunes compétiteurs locaux bien affûtés ont été conviés pour former un joli peloton avec toutes ses possibilités de rencontres. Échanges et discussions, quart de roues, accélération et mesure des forces en présence. Première observation, peu connue comme terre de cyclisme, le niveau n’en est pas forcément moins important, surtout dans cette zone géographique faite de successions de montées et de descentes mais jamais très longues et trop exigeantes au final.

Puisqu’on en est à cette référence, les routes dans cette région de Péloponnèse s’avèrent peu fréquentées et en excellent état général. Les quelques grosses ornières apparaissant étonnamment sur tapis roulant.
Finalement, on s’amuse un peu, on s’entraîne par quelques fractionnés, mais surtout on s’attend aux sommets et aux cafés.
Alors que le paysage trouve des similitudes provençales d’un côté de la route, alpines de l’autre, avec de petites végétations de zones très arides et sur-ensoleillées. Le gigantisme des rochers de montagne imposant le respect, on se retrouve surtout finalement à contempler des troupeaux de moutons, aux offrandes religieuses (des petites bâtisses tout le long de la route) aux marbres abondants. Un autre et nouveau monde qui s’offre à nous, comme en cadeau, ce magnifique dépaysement.
Avec une première journée à 110 kilomètres et 2 600 mètres de dénivelé positif et 100% d’enchantement dans la montagne de Parnonas, place à la récupération et au dîner. Couché avec des pensées irrépressibles au lendemain pour découvrir et se mesurer à la montagne du Taygète, puis… direction la mer !

Question de Culture

Second matin, et au réveil toujours la même stupéfaction, il fait si bon ! Comme le soleil, l’humeur et l’enthousiasme sont au beau fixe. Faire du vélo dans un endroit béni des dieux, se retrouver avec des gens des plus sociables, serviables et agréables, il ne pourrait en être mieux.
Mêmes conditions pour le deuxième petit déjeuner, dans la décontraction : café, céréales, jus de fruits, produits locaux de qualité et programme du jour en partie révélé. Dans les discussions avec mon confrère Ralph de Bicicletta da Corsa, en petite anecdote, nous nous étonnons de quelle manière les grecs peuvent s’interpeller pour obtenir un renseignement… Pas de salutations mais une demande d’information directe, qui fait qu’on imagine facilement deux personnes d’une même famille s’étant déjà entretenues plus tôt. Un rappel que le monde n’est pas celui que l’on conçoit, mais si l’ouverture d’esprit est là, celui que l’on perçoit.
Autre fait assez « dérangeant », à scooter ou à moto, en ville ou sur les splendides routes touristiques, motorisés les grecs roulent le casque au bras !
L’analyse est qu’il y a une forme de courtoisie quelquefois évidente, quelquefois subtile en milieu urbain, les esprits sont alors plus sereins.
De plus, pour les grandes embardées les routes sont très peu fréquentées en cette période hors saison. Quelques explications certaines à un choix de ce qui nous est le plus cher : l’insouciance et la liberté, cheveux au vent !
Puisqu’on en est sur le sujet hors-agglomération, nous avons constaté par ailleurs une bienveillance marquée des automobilistes avec patience et écarts significatifs pour les dépassements, quelquefois même d’en face : klaxon et mains de salutations.
La Grèce, comme on se l’imagine, est toujours relative à des clichés mais quelques-uns sont forcément vrais.
En ce sens que nous avons croisé de nombreux aïeux, occupés à jouer dans les bars-cafés, assis le long des routes à observer la course du soleil sur toute la journée, ou encore à avancer vers une destination énigmatique, avec canne en soutien.
Des corps affaissés, si on devait en estimer l’âge par la courbure du dos ou encore les sillons de visages tant tannés, 90 ans seraient bien le minimum pour nombre d’entre eux.

Du passé au présent

Pour cette seconde journée, nous sommes conviés à visiter les ruines de la cité de Mistra. Il n’est faire aucun mystère du caractère très religieux de la région et des lieux.
Sous les cloîtres, dans les églises et leurs chapelles, entre autres habitations d’ecclésiastiques, l’histoire des hommes qui y ont vécu, ont construit et ont fait preuve de tant d’ingéniosité architecturale et de sensibilité artistique. Une découverte autant silencieuse que riche intellectuellement et philosophiquement, on se promène dans les dédalles du temps.

En deux épisodes, l’assaut final

Le Taygète est à nous, plutôt à l’ombre en début d’ascension. Les températures étaient un peu justes sans manchettes et gilet, mais les rayons du soleil retrouvés pour les deux tiers suivants garantissaient un moment des plus plaisants. En pleine nature au creux de l’immensité des montagnes, et entre effort raisonnable, discussions et contemplations, ce qu’apporte le vélo invariablement : le bonheur résolument.
Direction la mer Ionienne, et la ville de Kalamata dont l’histoire rejoint celle de l’Illiade. Mais deux milles ans après Jésus-Christ, les conquêtes de territoires ont laissé place au tourisme, la guerre à la paix. Les guerriers sur destriers à deux roues sont pacifiques.
Petite collation en bord de mer à Kardamyli avec fruits séchés comme sucreries, le défi des quarante derniers kilomètres pouvait être relevé. Un challenge chronométré, car la nuit ne serait plus longue à tomber…
Encore plusieurs longs faux plats, quelquefois le vent avantageux, quelquefois contrariant. Garder les roues et la lucidité nécessaire dans le money time que nous ne connaissons que trop bien. À bloc, les crampes gérées, le mental à forger pour les dernières dizaines de kilomètres, et parachever ce stage par un test mental d’abnégation.
144 kilomètres et 2700 mètres de dénivelé positif, sous entraîné. Validé !
La nuit est arrivée mais juste à temps, objectif atteint avec soulagement et émerveillement. Un hôtel « château » dans une crique à la beauté hypnotique comme lieu d’hébergement. La faveur du surclassement ! Comme cela avait commencé, un dîner avec plat sur la table à partager. Tout au bord d’une eau transparente et limpide, d’où nous venaient directement, les poissons et fruits de mer si frais de ce restaurant de petits pêcheurs authentiques.

Épilogue du premier acte d’une épopée

Après une nuit salvatrice et régénératrice à l’hôtel Limeni Village, retour à l’aéroport avec le seul regret de ne pas profiter d’une journée supplémentaire dans cet endroit paradisiaque, avec ami(e)s ou famille.
Prochaine session proposée du 19 au 22 Avril, peut être aurais-je la chance d’y retourner et je l’espère… de vous y rencontrer !

Pour tous renseignements : www.pedalgreece.com
Pour le prochain stage, offre spéciale de lancement : www.pedalgreece.com/special

Français LV1 / LV2

J’ai pu pratiquer mon anglais tout au long de ce séjour, ce qui a été loin de me déplaire, ceci ajoutant un intérêt intellectuel supplémentaire à ce voyage.
Mais si vous êtes fâché avec la langue de Shakespeare, sachez que par le passé le français était la langue vivante numéro un majoritairement enseignée en Grèce. Depuis, la mondialisation et l’hégémonie anglo-saxonne ont fait leurs œuvres, mais un lien indéfectible et affectueux subsiste.
Agis et Tom se chargeront alors d’intégrer un accompagnateur francophone sans difficulté, si tel est votre souhait.
L’idée de leur proposition est du sur-mesure pour votre plus grande satisfaction, tout en ayant cette forte motivation d’être des acteurs, ambassadeurs de leur pays, on le ressent et on le comprend, qu’ils chérissent. Pour leur terre, pour leur culture, dont on les sent fiers, respectueuses et solidaires salutations !

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