Léopard ou gazelle, suivant nos inclinations naturelles et nos regards, le néo Merida Gravel donne une belle leçon d’intelligence et d’efficacité dans le contexte moteur de la nouvelle vague du vélo de sport version couteau suisse. Merida, à tout seigneur tout honneur, a su saisir l’âme de cette pratique révolutionnaire qui relègue le lourdaud et peu efficace VTT au rang des antiquités. The times they are a changinchante le Prix Nobel de littérature Bob Dylan, lui-même adepte forcené du Gravel liberté.

Que les taiwanais de Merida sachent faire des vélos, cela se sait d’autant plus que nombre de marques prestigieuses que nous ne nommerons pas, font appel à leurs services pour la fabrication de leurs « chefs d’œuvre ». Mais que Merida se lance dans le Gravel avec une rare intelligence et une belle efficacité, voilà du neuf. Car la nouvelle pratique, en forme de nouvelle donne, vient bel et bien des États Unis. Comme une vague de fond à la fois culturelle, sportive et sociétale. Alors que vaut cette proposition taiwanaise ? Et bien il faut immédiatement parler de presque sans faute. Ce Gravel, baptisé du nom évocateur de Mission CX, relève le défi des ricains avec une élégance et une sureté d’ingénierie qu’il importe de souligner avant même de se lancer dans le descriptif d’un test (merci Patrick) absolument réjouissant. Évidemment il ne s’agit pas d’un coup d’essai. Le Gravel était déjà présent dans la gamme Merida. Mais nous avons là le premier coup de maitre de la marque chère à Vincenzo Nibali et à ses copains du Team Bahrain.

Il y a la ligne d’abord. Très belle, subtile, sans arrogance de style ni surabondance de détails abscons. A la fois aéro, avec ses traits fuyants et sa câblerie intégrée, et endurance, avec sa douille haute et ses angles ouverts. Déco sobre et classieuse, peinture de qualité, accessoires bien choisis. Beau vélo d’apparence et de contact lors de la première prise en main. Et en plus très bien équilibré ce qui va favoriser la pluri-utilisation, puisque l’essence même d’un Gravel c’est la polyvalence absolue entre déplacements urbains, ballades dans les sous-bois et sorties alpines sur les routes des cols.

Un équipement sympa

Cadre carbone en fibres CF3, moins de 900 grammes sur la balance, fourche carbone maison de 400 grammes, le Mission est marqué du sceau de la légèreté et du confort. Car tout dans l’utilisation du carbone a été fait pour allier l’absorption des chocs et des vibrations à une stabilité exceptionnelle. Avec des bases de 423 mm et une tige de selle en 27,2mm. Le vélo est équipé d’un groupe monoplateau Sram A 1X 11 vitesses. Mais il y a la possibilité d’adapter un double plateau grâce à un support démontable. À noter le montage de nombreux composants maison Merida. Ainsi, le cintre, la potence, la tige de selle et les roues. Ces dernières, par ailleurs chaussées de modestes pneus Maxxis All terrane de 33, constituent le seul bémol de l’équipement d’un vélo qui frôle le sans faute. Il est vrai que la plupart des utilisateurs feront en plus l’achat d’une seconde paire de roues plus performantes, par exemple pour gravir le Ventoux, le Galibier ou l’Aspin. Et compte tenu du prix, puisque notre Mission est proposé à bien moins de trois mille euros, la cause est entendue. La proposition Gravel sport de Merida est une authentique bonne affaire.

On the road again ?

Et bien sur la route, en dépit de roues de première monte peu performantes, le Merida Mission carbone se comporte remarquablement bien. Offrant un mix de légèreté, de facilité, de confort et de capacité d’accélération de tout premier plan. Il n’y a guère que sur des raidards à plus de 15% que le médiocre ratio roue-pneumatiques pose problème. Bloquant notre élan initial assez rapidement. Par contre belle efficacité sur les pentes moyennes et sur le plat. Avec une capacité étonnante en virage, qu’il s’agisse de courbes serrées, ce qui pourrait surprendre compte tenu de la géométrie long ride, ou de fatidiques rond-points. En circulation urbaine, c’est le bonheur. La facilité de conduite et le confort se conjugant pour offrir des prestations de premier plan dans le cadre de déplacements journaliers à allure forcément modérée. En tout terrain enfin, notre Merida Gravel offre quasiment les performances d’un vrai vélo de cyclo-cross. Mais dans une fluidité inédite qui vient faciliter la tâche du coureur ou de l’adepte des ballades en sous-bois. Les bosses sont avalées avec le sourire, les trous absorbés littéralement, les sentiers dévalés à vive allure avec le sourire. Avec un freinage disques toujours à la hauteur dans ce type de pratique. Il est vrai que l’on dispose ici de disque d’un diamètre important de 160 mm aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Polyvalent, simple d’utilisation, fiable, bien construit, élégant, notre Merida Mission CX 5000 a fait la preuve d’un beau tempérament.

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