Liv est la marque dédiée aux femmes du fabricant taïwanais Giant. Elle s’est engagée à offrir une collection complète aux pratiquantes de la route. Le Langma est un modèle typé montagne. Adopté par Liv-Sunweb à l’occasion du Giro Rosa, il a été conçu en collaboration avec les filles de l’équipe féminine professionnelle. Pas encore commercialisé en France, son comportement aérien va sûrement plaire aux plus grimpeuses d’entre vous. La collection Langma comprend quatre modèles : Langma Advanced SL, Langma Advanced Pro et Langma Advanced, de 1549 à 4499 euros.

Liv s’est inspiré du plus haut sommet pour donner un nom à ce cadre, le Mont Everest. Les Tibétains l’appellent Langma, son sommet est insaisissable et représente la quintessence de l’alpinisme, seuls les plus forts et les plus courageux peuvent l’atteindre. C’est un cadre assez compact avec un slooping (angle du tube horizontal) assez important. Le Langma est fabriqué à la main, pour les grimpeuses chevronnées et cyclistes passionnées, et se veut être une monture pour tenter les plus belles échappées. Il a été conçu en suivant la philosophie 3F (Fit, Forme, Function) et équipé pour survoler les cols les plus longs et les pourcentages les plus difficiles, avec une combinaison de légèreté et de formes optimisées. Le cadre de forme CompactRoad est doté de tubes au profil aéro, d’un montage Advanced et d’un jeu de direction et boîtier surdimensionné OverDrive 2 et PowerCore pour créer un équilibre entre rigidité et expérience de pilotage. Le boîtier de pédalier et son jeu de direction restent, dans leurs lignes, identiques aux autres cadres avec les technologies Overdrive 2 et PowerCore. Vous aurez certainement repéré sur les photos la géométrie compacte du cadre qui privilégie le confort et la vivacité ; c’est un vélo polyvalent mais, par sa forme, son utilisation tend vers la montagne.

Un montage efficace, de belles roues mais un petit manque de panache…  

Ce vélo se pare d’une belle peinture bleutée avec un jeu sur les reflets, et la profondeur ainsi que les paillettes se réfléchissent parfaitement sous le soleil. Le groupe Ultegra Di2 fait la différence, on voit trop de Shimano 105 sur les montages haut de gamme des vélos dédiés aux femmes. Les leviers assez fins offrent une bonne prise en mains et le fonctionnement est irréprochable. Tous les composants de ce vélo sont siglés Giant. On retrouve un cintre compact avec des largeurs adaptées aux femmes. La potence que j’ai testée n’est pas la potence finale, elle se veut être plus aérodynamique. Le petit moins c’est le collier en plastique du Di2 qui gâche un peu cet effet aéro. La nouvelle tige de selle a été travaillée pour gagner en aérodynamisme également, heureusement, car avec le slooping du cadre, la sortie de selle est importante. La selle ressemble à une San Marco Aspide avec sa forme ondulée, sans l’évidement. Liv a choisi d’équiper toute la collection Langma avec les roues Giant WheelSystems SLR1 et les pneus Gavia 0 tubeless. Un poids de 1 575 grammes pour ces roues carbone de 30 mm de hauteur joue en leur faveur dans la montagne. J’ai du mal à adhérer aux tubeless, mais c’est une tendance en vogue avec la possibilité de gagner en confort en abaissant la pression.

Bien plus facile que son physique ne le laisse penser… 

Un vélo de petite taille, et compact, ça donne un vélo avec beaucoup de vivacité. Mais un vélo nerveux n’est pas obligatoirement un vélo facile sur toutes les portions. On sent une réponse du vélo à chaque coup de pédale et je ne ressens pas d’inertie, même à haute vitesse. J’attaque mon essai par la descente de Tignes, le vélo prend de la vitesse et je suis ravie, il se conduit tout seul. J’ai décidé de faire un petit tour sans voitures, pour pouvoir tester mon vélo comme en course. Je tourne du côté des Brévières où les voitures sont quasi inexistantes. Cette route passe en dessous du barrage de Tignes où on réussit encore à distinguer le Géant. L’eau du glacier s’écoule par cascades et donne une ambiance zen dans la montée, c’est pourquoi il est bon de partir sans les écouteurs (sous peine d’amende, soit dit en passant). La montée se fait assez bien et on sent le vélo vivre quand on est en danseuse.

Je décide alors de faire la montée de l’Iseran avec le Langma, accompagnée d’amis. Je pars assez rapidement sur le petit plateau. Équipée d’un 34 dents à l’avant et 30 à l’arrière, je peux grimper aux murs ! Assise au train, je me hisse au sommet sans trop forcer, par contre un 32 serait plus à mon goût, j’en ai pris l’habitude dernièrement et comme je ne suis pas une grimpeuse dans l’âme, mouliner j’aime ça. Bien calée sur la selle et mains au centre du guidon, j’enroule.  Je monte si vite que j’ai tout le temps de détailler mon vélo dans ses moindres détails. Quel travail, je me surprends à balancer mon vélo de gauche à droite pour faire refléter les paillettes. J’alterne mon allure, assise sur la selle au train, puis relance énergique. Je me rends compte que le vélo m’aide vraiment en danseuse mais qu’assise, je manque de sensations.

Un col effectué sur un rythme de croisière sans me faire mal aux jambes et avec un vélo de montagne, jusqu’ici tout va bien. Dans la descente, les freinages sont corrects, mais dans les parties rectilignes, le vélo s’emballe et on ressent vraiment l’accélération. J’ai été obligée de ralentir car je ne me sentais pas réellement collée à la route, il faudrait jouer sur la pression des tubeless. Sans surprise sur le plat, la nervosité est au rendez-vous sur les relances, mais dans les grandes lignes droites, j’ai du mal à garder ma vitesse. Peut-être que des jantes hautes pourront compenser ce manque d’inertie.

Il est fait pour les femmes

L’esthétique passe en premier en général, et la plupart des filles que j’ai rencontrées apprécient le travail de la peinture, à croire qu’elles se sont lassées du mat. Personnellement, j’aime le regarder de près. Mais quand je recule, le slooping me saute aux yeux, je sais que ça augmente la rigidité puisqu’on travaille sur des segments plus courts. Mais avec une sortie de selle de 70 cm, ça peut choquer visuellement. Ce cadre procure le sentiment d’être grimpeuse, et la marque dédiée aux femmes a bien eu raison de lui donner le nom du plus haut sommet du monde ! Accessible à tout le monde dans d’autres versions, on peut l’améliorer : c’est le fruit de la collaboration de Liv avec l’équipe professionnelle féminine. C’est encourageant, ce n’est plus la femme qui s’adapte au vélo, on nous écoute, on nous met un groupe haut de gamme, électrique, on nous sert une paire de roues en carbone. Enfin un peu de considération !