Les nouveaux vélos aéro

par | Août 11, 2021 | Actualité

Les récents Jeux Olympiques de Tokyo auront été l’occasion pour les passionnés de matériel d’une étonnante confrontation entre deux sublimes vélos 100% aéro, le Hope HB.T conçu par Lotus Engineering et le Pinarello Bolide HR. Deux conceptions quasi antinomiques et deux champions comme pilotes d’exception, le bulldog britannique Jason Kenny et l’extraterrestre italien Filippo Ganna.

La Révolution Hope by Lotus ou le classicisme Pinarello

Étonnant flash-back technologique que celui proposé par la fameuse marque automobile Lotus avec le révolutionnaire Hope HB.T utilisé par l’équipe britannique emmenée par son septuple médaillé olympique, Jason Kenny. Comme autrefois déjà avec les vélos de piste et de chrono de Chris Boardman, la société crée par le légendaire Colin Chapman a utilisé tout son savoir aéro né sur les pistes de F1 pour donner naissance à une machine hallucinante.

C’est du concept de déportance des flux, largement utilisé en Formule Un et en Moto GP, qu’est issu le Hope HB.T de Jason Kenny. Les ingénieurs de Lotus Engineering ayant largement interprété les contraintes réglementaires édictées par l’UCI pour innover ou plutôt inventer une nouvelle interaction entre le pilote et sa machine. En maximalisant les flux d’air positifs et négatifs par un triangle arrière et un ensemble fourche-cintre conçus pour éloigner les perturbation aéro frontales et ramener les flux vers l’arrière pour créer une sorte d’effet de turboréacteur poussant l’ensemble pilote-machine vers l’avant. Avec en prime une maitrise des nappes de carbone selon la technologie avant-gardiste des fluides intelligents basée sur le concept magnétorhéologique.

Côté italien, l’équipe victorieuse de la poursuite par équipe utilisait un absolu de classicisme aérodynamique avec le Pinarello Bolide HR. Une sublime bicyclette déjà largement utilisée en version route par le prodigieux Filippo Ganna, athlète surnaturel en qui Cyrille Guimard voit le futur recordman du Monde de l’heure. Face aux Britanniques et plus encore aux Danois, le quatuor transalpin est parvenu à imposer une technologie largement éprouvée, lointaine réinterprétation des premiers concepts aéro d’un certain Ernesto Colnago. Avec en finale un incroyable record olympique de 3’42’’307.
Alors quid de la révolution ? Et vive le classicisme ? Difficile de répondre avec pertinence dès lors qu’il s’agit d’une part de saluer le génie humain qui tente de percer les mystères aéro les plus complexes et d’autre part de mettre en lumière l’inimaginable talents de ces artisans parvenant à pousser à son paroxysme romantique la confrontation entre évolution technologique et savoir faire ancestral. Le cyclisme et ses ingénieurs ou artisans artistes n’en finira jamais de surprendre.
Fulcrum Racing
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