Colnago V3RS

Les cent ans du Campionissimo

par | Sep 17, 2019 | Actualité

Le 15 septembre 1919 naissait Angelo Fausto Coppi, le mythique Campionissimo. Celui qui fit passer le cyclisme de la préhistoire du sport à la modernité. Celui que Jacques Goddet et Pierre Chany considéraient comme le plus grand champion de tous les temps. Devant Jacques Anquetil et Eddy Merckx.
Athlète incomparable, dominateur sur route comme sur piste, grimpeur hallucinant et rouleur d’exception, Fausto Coppi offrit au public durant une décennie des échappées invraisemblables qu’il concluait invariablement par la victoire absolue avec des avances dépassant souvent le quart d’heure. Ses adversaires se nommaient entre autres Gino Bartali, Fiorenzo Magni, Louison Bobet, Rik Van Steenbergen, Hugo Koblet, Antonio Bevilacqua, Ferdi Kubler ou Gerrit Schulte.
Mort tragiquement à 40 ans, celui que l’on connaissait sous le titre nobiliaire de Campionissimo, est devenu un mythe absolu. Toute l’Italie a célèbré son centenaire ce 15 septembre 2019. Nous y étions !

« Un uomo solo al commando ! » Un homme seul en tête. Il porte le maillot bleu ciel de la Bianchi. C’est Fausto Coppi ! Le Campionissimo a fait une fois encore le vide…
C’est ainsi que durant des années les journalistes radio feront partager leur émotion à leurs auditeurs enthousiastes. Incommensurable champion, athlète inégalable et inégalé, Fausto Coppi offrait au public des années 40 et 50 le spectacle fou d’un coureur cycliste survolant littéralement les débats. Chaque course sur route ou sur piste étant pour lui l’occasion de réaliser un exploit de légende.
Vainqueur de son premier Giro et de son premier titre national à 20 ans, il étendit son règne absolu jusqu’à l’orée des années soixante. Quittant notre monde tragiquement, victime d’une attaque de malaria contractée lors d’un criterium africain qu’il disputait avec ses amis Raphaël Geminiani et Jacques Anquetil. C’était le 2 janvier 1960. Celui qui avait repris à son compte le surnom de Campionissimo, inventé pour son compatriote Costante Girardengo, laissait la planète vélo sous le choc. Lui l’inventeur du cyclisme moderne, avec des innovations majeures dans le domaine de la diététique, de l’entrainement et du matériel. Lui qui ne négligeait pas de partager son savoir avec son ami Louison Bobet qui vint plusieurs fois séjourner Villa Coppi à Novi Ligure.

Né à Castellania, petit village pauvre du Piémont des collines, apprenti charcutier à 13 ans, champion à 20 ans, mythe à 40 ans, Fausto Coppi est devenu l’icône du sport italien qui lui rend hommage en cette année du centenaire de sa naissance. Une série de manifestations est ainsi organisée entre Novi Ligure, la mélancolique cité où il résidait, et son village natal de Castellania, rebaptisé depuis peu Castellania Coppi. Expositions, colloques, retrouvailles de coureurs, discours, publications et même une cyclo historique en forme d’épopée biblique, la Caserta-Castellania, qui vient rappeler le souvenir du périple accompli par Coppi retour de son camp de prisonniers en Afrique. Il débarqua alors à Naples sans une lire et sans vélo, rencontra le patron des Cicli Nulli qui l’équipa et s’en retourna solitaire dans le Piémont où sa famille découvri avec effroi un homme amaigri de 20 kilos et un athlète aux confins du désespoir. Mais Coppi c’est Coppi, comme le disait son mentor Biagio Cavana aux dirigeants de Bianchi. Un an plus tard il s’imposait de manière grandiose dans le premier Milan San Remo d’après-guerre. Avec …17 minutes d’avance sur son second. La saga venait de reprendre son cours. Interrompue de 1942 à 1946, sa carrière devenait roman d’aventure et drame lyrique à la fois. Alternant exploits mémorables et accidents terrifiants. Gloire et tragédie. Mais pour avoir une idée de la stature de Fausto Coppi dans les années 50 du siècle dernier, il faut se souvenir qu’à l’époque le cyclisme était le sport roi. Loin, très loin devant le football.

Et pour comprendre la supériorité de l’athlète il faut se référer à une comparaison automobile. Michael Schumacher possède certes 7 titres de Champion du Monde. Et donc le plus beau palmarès de la F1. Mais les spécialistes savent que les deux plus grands pilotes étaient Jim Clark et Ayrton Senna. Le palmarès ne dit pas tout. En F1 comme en cyclisme où Eddy Merckx présente plus de 500 victoires face aux 150 de Coppi. Mais Coppi c’est Coppi. Champion du Monde sur route et sur piste. Meilleur grimpeur et meilleur rouleur d’une époque richissime en champions de classe. Novateur et romantique il était et demeure à jamais l’extra-terrestre du sport cycliste. Auteur d’une myriade d’exploits qui feront dire à Jacques Goddet et à Pierre Chany que le grand Fausto était au-dessus de tout et de tous. Le plus grand. Celui qui le premier réalisa le mythique doublé Giro d’Italia – Tour de France. Celui qui durant une période de dix ans ne fut jamais rejoint une fois échappé. Au point de faire dire à Gino Bartali, son meilleur ennemi, devenu son ami, « Pour battre Coppi échappé il faudrait une moto ! » Ce 15 septembre 2019 Fausto Coppi aurait eu cent ans. Plus qu’un anniversaire, une célébration universelle avec pour épicentre les vieilles cités piémontaises de Novi Ligure et Castellania Coppi. Aux côtés de ses enfants, Marino et Faustino, je me sens étrangement ému. Non seulement par le souvenir de leur Campionissimo de père, mais par l’affirmation d’un personnage ayant hanté mon enfance à l’instar du Colonel Lawrence. Le temps n’a pas de prise sur les héros. La métaphore de Castellania redonne aujourd’hui vie au rêve d’un cyclisme redevenu héroïque.

UN 15 SEPTEMBRE D’ÉMOTION À CASTELLANIA-COPPI

Récemment rebaptisé Castellania Coppi en hommage à son illustrissime champion, le petit village piémontais de Castellania était littéralement pris d’assaut par les tifosi ce 15 septembre 2019, journée du centenaire de la naissance du Campionissimo. Expositions, discours, présentations, visite de la Casa Coppi, arrivée de la mélancolique et glorieuse cyclo hommage Caserta-Castellania, les milliers de personnes présentes en cette journée historique sentaient bien que l’événement était en train de bouleverser leur vie de passionnés de cyclisme.
Mais en vérité la journée de célébration nationale avait débuté plus bas et plus tôt, très précisément dans le grand hall de l’outlet géant de Serravalle, à quelques centaines de mètres de la mythique Villa Coppi. Marina et Faustino Coppi, réunis dans le culte de leur père, accueillaient les personnalités et le public pour l’inauguration d’une exposition retraçant les très riches heures de la carrière du plus grand champion cycliste de tous les temps.
Que ce temple de la consommation, qui enregistre chaque année plus de six millions de visiteurs, soit autant que le Colisée à Rome, décide de rendre hommage à Coppi, voilà un événement dans l’événement. C’est Renato di Rocco, le Président de la Fédération italienne, qui soulignait l’importance symbolique de cette exposition. Et donc la juste dimension du champion dans l’histoire du pays.

Colnago V3RS
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