Campagnolo Ekar AD
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La révolution FSA

par | Sep 1, 2019 | Actualité

Alors que les VAE représentent désormais près de 40% du total des ventes de vélos chez les vélocistes, alors que les constructeurs se voient proposer plusieurs moteurs plus ou moins performants, fiables et légers, voici que le géant italo-taiwanais FSA propose non seulement un moteur mais un système d’intégration totale. La performance en plus. Révolution ?

Assistance électrique et intégration

Nous sommes début juillet à Cambiago, dans la proche banlieue milanaise. Claudio Marra, le très prolixe patron de FSA nous reçoit impromptu pour un café ristretto. La visite n’était pas prévue en fait. Mais nous étions à Cambiago pour un rendez-vous avec l’ami Ernesto Colnago. L’idée de passer sans consacrer un moment à FSA semblait absurde. Alors nous avons sonné. En amis. Et Claudio, par chance toujours disponible pour les amis, nous a reçu Joël et moi. Pour le sacro-saint café pris sans cérémonie dans le show-room maison. Mais aussi pour une surprise énorme. Rien moins que la possibilité de tester en avant-première absolue la dernière création FSA. Un moteur pour vélos à assistance électrique. La réponse de FSA aux propositions de Bosch, Yamaha, Shimano, Polini, Brose ou Fazua.

Initiée par le célèbre Stefano Varjas, inventeur du micromoteur E. Powers et du mystérieux vélo furtif, la vague VAE submerge littéralement le marché. Imposant aux constructeurs de réagir, le plus souvent dans l’urgence, sous peine de laisser passer l’opportunité de relancer les ventes tout en atteignant une nouvelle clientèle jusqu’alors insaisissable. Dans ce contexte chaque marque importante, mais pas seulement, s’est lancé dans la bataille. Chacune avec ses arguments techniques, marketing ou culturels. Chacune aussi avec ses choix côté motorisation. Avec le meilleur, par exemple chez Pinarello ou Bianchi, ou le pire, par exemple triste chez Matra.

Dans les faits, il y a deux écoles pour les VAE. Celle qui propose une adaptation sur des vélos déjà existants et celle qui tente de produire une machine réellement nouvelle. Deux écoles et deux types de moteurs. Ceux installés autour de l’axe du pédalier et ceux implantés dans le moyeu de la roue arrière. Deux écoles donc et deux types de motorisation avec des puissances allant de 240 à …800 watts. Ce qui concrètement ne veut pas dire grand-chose puisque d’une part la législation actuelle limite la vitesse des VAE non immatriculé à 25 km/h et d’autre part l’important c’est d’avantager le couple que la puissance brute. Sans parler évidemment du poids global de l’engin. Il y a bien évidemment la possibilité (parfaitement illégale) de débrider les moteurs pour leur permettre de donner tout leur potentiel, c’est à dire d’atteindre allégrement les 50n voire les 60 km/h. Mais tout cela n’est rien puisque deux contraintes ne sont toujours prises en compte sérieusement par les producteurs de moteurs. Le poids et l’intégration. Chez FSA on a attendu, on a analysé, on a cogité puis on s’est lancé dans la conception non pas d’un simple moteur, aussi performant soit-il, mais d’un véritable système d’assistance électrique intégrable au vélo dès sa conception. Pour peu que les constructeurs de VAE décident de jouer sérieux.

En collaboration étroite avec Wilier et Bianchi, les deux marques qui ont dès le départ de projet accepté d’imaginer de nouveaux vélos capables d’accepter l’intégration totale, les ingénieurs de FSA ont ainsi conçu et testé longuement leur proposition. Quelque chose comme une révolution, se réjouit Claudio Marra qui me propose immédiatement de prendre le guidon de l’un des deux prototypes. Vu la taille du cadre, ce sera le Wilier.
Davide Riva, l’ingénieur en charge des derniers tests est tout sourire au moment de me confier son bébé. Pas la moindre trace d’inquiétude. Juste un petit avertissement car l’essai n’étant pas prévu je n’ai pas emporté de tenue ni de casque. Je vais faire ça à l’ancienne. Casquette à l’envers et envie d’en découdre avec ce vélo qui me semble bien trop léger pour être honnête.
« Nous sommes largement en dessous des 12 kilos », m’explique Davide Riva. « En fait notre ensemble moteur, interface, batterie et accessoires ne dépasse pas les 4 kilos. Donc sur un vélo tel que ton Wilier, nous sommes plutôt aux environs de 11 kilos. Et il est naturellement possible de descendre largement en dessous en fonction du groupe et des roues que le client va choisir pour équiper sa machine. Mais au-delà du poids tu vas te rendre compte de l’efficacité redoutable du e-système FSA. Vas-y, je t’attends au bureau pour recueillir tes impressions. »

Je salue Davide et je m’élance. Avec un petit braquet au départ. Puis presque immédiatement avec un braquet plus conséquent. Le Wilier avance presque surnaturellement et me permet de cadencer comme sur un vélo normal. L’assistance est là, évidente comme sur quais tous les VAE d’aujourd’hui. Mais j’ai le sentiment d’être aussi aux commandes d’un vélo de course normal, tant tout est naturel. Sans violence inutile. Dans la fluidité du pédalage et de l’assistance. J’ai opté pour le premier niveau de puissance, ce fameux Eco-green qui ne doit délivrer qu’une petite partie des 250 watts du moteur. Tout est déjà facile, très facile. Au loin un groupe de cyclistes. J’accélère pour voir si je peux les rejoindre avant la bosse. Un trou de 200 mètres à combler. Je garde ma cadence, je commence à bien transpirer avec une température extérieure à plus de 35°. Je passe au second niveau d’assistance en appuyant simplement sur le bouton implanté sur le tube supérieur du cadre. Je recolle au groupe juste avant la bosse. Facile évidemment. Mais surtout révélateur de la fluidité extrême du système FSA. Pas de brutalité. Pas de on off comme trop souvent. Mais une impression d’accompagnement dans l’effort très naturelle. Comme si le supplément de puissance venait du seul cycliste et que le moteur, implanté dans le moyeu arrière, ne se faisait pas plus sentir qu’n vent favorable arrière. Chez Top Vélo nous avons roulé sur quasiment toute la production mondiale du VAE haut de gamme. Et cette prise en main me donne l’impression, qu’il faudra évidemment confirmer par un essai longue durée, d’une facilité inédite. Retour chez FSA où Davide m’attend. Cette fois c’est moi qui souris. Largement. Je partage mes impressions avec l’étonnement lié à cette prise en main d’une quarantaine de minutes. En quelques mots. Facilité quasi instinctive de prise en main. J’ai l’impression de retrouver la même facilité que lorsque j’ai pris en main mon tout premier iPhone il y a une dizaine d’années. Logique du fonctionnement. Pédalage naturel.
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