Le Rotor Uno se destine principalement au marché de la monte sur des vélos haut de gamme, par pur choix. On ne retrouvera certainement pas ce groupe sur des vélos « tout montés ». Pur choix des propriétaires de machines haut de gamme de les équiper différemment, le Uno offre une réelle alternative à l’habituel trio italo-américano-nippon.

Si sur Internet beaucoup d’images ont circulé, quelques cyclistes parcourent déjà nos routes, fiers de ce groupe 100 % espagnol.

Il faut bien dire qu’il est surtout destiné aux machines d’exception et on voit de très beaux montages. La qualité de fabrication est indéniablement magnifique, l’usinage CNC de l’aluminium est devenu une spécialité pour Rotor qui a commencé avec des pédaliers et des plateaux.

Le groupe Uno se veut une alternative aux groupes traditionnels, qu’ils soient mécaniques ou électriques. Et c’est par le biais de l’hydraulique que Rotor explore une voie 100 % nouvelle dans le domaine de la transmission pour vélo. Rotor annonce que son groupe Uno est sans entretien, ce qui est une première pour une transmission qui reste mécanique.

Nous avions pu prendre en main le Uno à deux reprises. En 2016 chez Rotor lors des tests des ultimes prototypes, et début 2017 à Saint-Omer (62) où nous avions été conviés par son distributeur pour la France, Alternativ Sport. La possibilité d’effectuer un test sur nos routes provençales s’est présentée, voici nos impressions.

Sur la route, il réclame de la poigne !

La prise en main est assez conventionnelle. Le fonctionnement est identique à celui de Sram. Un seul levier qui monte et descend les vitesses ou les plateaux. Il suffit de jouer sur l’appui. Un léger et on descend, un grand et on remonte. Très simple et intuitif, un système qui a fait ses preuves. À noter qu’on peut régler le nombre de vitesses qu’on peut remonter à la volée grâce à une petite molette sur le dérailleur arrière.

L’ergonomie des leviers est par contre un peu déroutante. Ils sont assez larges et les petites mains auront certainement un peu de mal à les tenir fermement. À ce propos, Rotor nous avait annoncé que plusieurs largeurs de leviers seraient disponibles, il semble que ça ne soit finalement plus le cas… C’est d’autant plus étrange que la partie hydraulique (le mécanisme) dans la poignée est extrêmement miniaturisée.

À allure paisible, le passage de vitesse est fluide mais réclame un peu de poigne, notamment en ce qui concerne le changement de plateaux. D’ailleurs je me souviens que lors de ma prise en main en début d’année dans le Nord, les températures étaient très basses et le groupe réclamait beaucoup de puissance dans les mains. Avec les températures actuelles estivales, c’est bien mieux, mais ça reste tout de même plus viril à manœuvrer qu’un groupe mécanique. Je ne parle pas de l’onctuosité et de la douceur d’un groupe électrique. Et c’est justement là que le bât blesse un peu, car on aurait attendu de ce groupe hydraulique une grande délicatesse !

En haussant le rythme, la précision de fonctionnement devient plus aléatoire, notamment lorsqu’on décide de changer plusieurs vitesses d’un coup. Il arrive que le dérailleur en descende deux d’un coup, puis la troisième une seconde après. Il vaut mieux se cantonner à passer une vitesse à la fois. Pour les plateaux, lorsqu’on est en force sur le grand, le passage sur le petit peut aussi être un peu plus lent que d’habitude. Ces petits désagréments n’interviennent qu’en usage poussé car lors de mes sorties « tranquilles », j’ai été comblé.

Le réglage n’a pasbougé et l’essai avec une cassette Shimano en place de la Rotor n’a pas dégradé le fonctionnement du Uno. Attention, sachez qu’il n’est d’ordinaire pas recommandé de panacher les composants de différentes marques.

Quelques mots sur le freinage, sans reproche. Il faut veiller à bien roder les plaquettes comme sur n’importe quel système de freinage à disques. La douceur est bien réelle et la puissance de ralentissement impressionnante.

Alors pour qui ?

Pour celui qui veut un vélo vraiment différent des autres. On peut envisager la compétition avec le Uno, mais ce n’est pas là qu’il donnera le meilleur de lui-même. Parfois hésitant ou un peu lent et réclamant de l’énergie à chaque changement de vitesse, on le préférera pour des sorties plus paisibles, pour se faire plaisir et admirer ce groupe unique.

Dérailleur ar : 212 g – Dérailleur av : 116 g – Levier gauche : 166 g – Levier droit : 165 g – Chaîne : 245 g – Cassette : 133 g – Disques : 192 g – Étriers AV : 109 g – Étriers AR : 109 g – Ajustement point de pression : 31 g – Autre : 178 g

Total : 1 655 g (sans pédalier) – Tarif : 2 499 euros

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