Épidemie de coronavirus et cyclosport

par | Mar 11, 2020 | Actualité

Désastre économique dans un premier temps, avec des répercussions graves sur l’industrie du cycle globalement délocalisée en Chine, puis catastrophe sociale en forme de paranoïa, l’épidémie de Coronavirus n’en finit plus de provoquer séismes sur séismes. Dernier en date, la décision gouvernementale française d’interdire toute manifestation publique réunissant plus de 1000 personnes. La conséquence immédiate c’est l’annulation d’épreuves cyclosportives de masse.

Vers l’annulation des principales épreuves ?

Les organisateurs de la Granfondo Nice Côte d’Azur viennent de l’annoncer, l’épreuve programmée pour le 29 mars prochain est annulée. Elle comptait déjà 1200 engagés, dont plusieurs centaines de cyclos italiens. Le monde du cyclosport français pourrait bien être gravement touché d’ici à quelques semaines. En effet les plus importantes épreuves, du moins celles pouvant se vanter d’attirer chaque année plusieurs milliers de participants, sont désormais clairement menacées.

En Italie toutes les épreuves sportives, absolument toutes, sont annulées. De Milan-San Remo aux Strade Bianche et aux épreuves amateurs. Et le gouvernement italien a été encore plus loin en interdisant tout simplement la pratique sportive publique. Plus question d’aller rouler avec les copains. Interdiction. Interdiction ! Les plus grands champions transalpins, Vincenzo Nibali et Valentino Rossi en tête, ont publié sur les réseaux sociaux des appels à l’obéissance civile. Avec un mot d’ordre édifiant : « Tutti a casa ! »
La France n’en est pas encore là, même si des bruits insistants évoquent déjà le stade 3 de l’épidémie avec l’obligation pour les autorités d’envisager des mesures encore plus draconiennes. Et les Français ont légitimement de quoi s’inquièter. On ne leur refera pas le coup du nuage radioactif de Tchernobyl qui avait freiné devant la frontière française pour s’en aller ailleurs…

Quelles sont et quelles seront les conséquences pour les amateurs de cyclosport ?

Pas de réactions officielles de la FFC ou de l’Ufolep, même si les instances de l’UCI laissent déjà entrevoir l’hypothèse d’une annulation de plusieurs autres grandes courses. On imagine alors le sort réservé aux épreuves cyclosportives de masse…
La première conséquence, si le gouvernement maintient encore ses mesures, c’est le désistement de très nombreux cyclos. Mais qu’en sera-t-il alors du remboursement des droits engagements déjà perçus par les organisateurs ?
Certains entendent se reporter sur des épreuves attirant habituellement moins de 1000 concurrents. Possible mais dans la limite justement du chiffre 1000 fixé par le gouvernement.
Pour l’instant c’est le flou. Jusqu’où ira l’épidémie ? Et quand prendra-t-elle fin ? Les autorités médicales ne se prononcent pas. Pas plus que les pouvoirs publics. La seule certitude c’est que le Président de la République fait désormais l’objet de mesures de protection sanitaire spéciales, que plusieurs députés sont atteints et que nous sommes encore loin du pic de contagion.

Alors faut-il arrêter de rouler. Faut-il se recentrer sur un entrainement indoor version home trainer ? La décision appartient pour l’instant à chaque pratiquant. Le plus important étant nécessairement la prise de conscience de la gravité de la situation. Avec ce message lancinant lancé par Vincenzo Nibali : « le cyclisme n’est qu’un sport qui ne peut et ne doit pas être mis en balance avec la vie même ».
Déjà plusieurs organisateurs ont fait part de leur volonté de reporter leurs épreuves sportives. Tel Arnaud Anquetil qui annonce avec tristesse que ce qui devait être la vingtième édition du Tour de Normandie ne se déroulera finalement qu’en 2021. Tel l’Automobile Club de l’Ouest qui a décidé de reporter les 24 heures du Mans Moto, épreuve initialement prévue les 18 et 19 avril, au week-end des 5 et 6 septembre. Le cyclisme, la moto, le football, aucun sport n’est épargné. Aucun organisateur ne peut nier l’ampleur du problème.
Les uns et les autres prennent donc conscience du gravissime problème sanitaire et social causé par la dramatique épidémie de Coronavirus.
Le très important Salon du Cycle de Taipei, programmé du 4 au 7 mars a été reporté (sans garantie) au mois de mai. Et le grand Ernesto Colnago, qui avait lancé à quelques journalistes triés sur le volet une invitation pour le cinquantenaire de l’apparition du fameux trèfle sur ses vélos, a dû lui aussi renoncer. La célébration était prévue à Milan la veille du départ de Milan-San Remo…

Share This