Vers un retour des marques françaises ?

 

Je parle avec l’ami Georges Chappe, fidèle équipier de Raymond Poulidor chez Mercier, et j’évoque avec lui, séquence nostalgie, ces mythiques marques françaises disparues après avoir écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du cycle.

Mercier donc, mais aussi Lejeune, Liberia, Stella, Alcyon, La Perle, Heylett, Paloma, Arliguie, Motobécane, et tant d’autres encore. Une liste non exhaustive en forme de litanie existentielle dédiée aux regrets éternels des amoureux du vélo authentique. Celui qui ne doit rien au marketing et tout au savoir-faire des fondateurs et aux exploits des champions. Qui se souvient d’ailleurs des exploits retentissants des tandems Bobet-Stella, Anquetil-La Perle, Bahamontes-Paloma, Anglade-Liberia, Janssen-Lejeune, Darrigade-Alcyon ou Ocana-Motobécane ? Et qui se souvient aussi des composants Simplex, Huret, Mafac, Maillard, Philippe, Idéale ou Spidel ? Voire même de la grandeur de TA et de Stronglight ? Avec leurs pédaliers qui firent le bonheur des plus grands champions de l’histoire. De Fausto Coppi à Roger Pingeon.

Aujourd’hui le marché du cycle est encore et toujours marqué par la mondialisation. Avec la concurrence déloyale et pour tout dire scandaleuse des productions asiatiques. Mais aussi l’inconscience des pratiquants-acheteurs que nous sommes tous et toutes. Avec à l’esprit non seulement le prix mais aussi et surtout l’image véhiculée par un marketing omnipotent. La devise de mon régiment parachutiste, le 3ème RPIMA, me revient à l’esprit : « Être et Durer ».

Les grandes marques françaises ont su être. Glorieusement. Mais n’ont pas su durer. Hélas.

Une question liée certes à la mondialisation, mais aussi à l’incapacité de promouvoir et de développer un savoir-faire unique. Pour tout dire de s’adapter en s’appuyant par exemple sur les médias spécialisés. Top Vélo évidemment, mais d’autres aussi.

Les Italiens ont su eux préserver l’essentiel de leur patrimoine industriel et artisanal. Parfois en recourant à la sous-traitance exotique. Mais avec au cœur la volonté citoyenne de sauver leurs marques de légende en court-circuitant le marketing pour choisir l’authentique.

Côté français ce sera longtemps le renoncement. Jusqu’à la prise de conscience actuelle et à la résurgence dans la foulée du concept romantique de retours aux valeurs vraies. Et dans ce cadre métaphysique de rébellion face aux diktats du marketing, voilà venir ou revenir Victoire, Origine, Vagabonde, FKC, Le Vacon, Alex Singer, Bertin, Andouard, Léon, Cyfac, S1NEO ou Méral. Du Made in France, mais pas seulement. Mais, dans tous les cas du french spirit avec plus de 90% de valeur ajoutée locale. On attend maintenant un vrai retour de Peugeot et de Gitane. Ces deux blasons chargés d’histoire et d’exploits avec comme porte-drapeaux Bernard Thévenet, Jacques Anquetil et Bernard Hinault. Excusez du peu…

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