Entrainement vélo : Le second souffle !

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Tout cycliste, et par extension tout sportif d'endurance a déjà entendu parler de la notion de second souffle dans les discours et les récits post compétition. Mais qu'en est-il donc ?

Entendu; parfois même le sentiment d'avoir vécu dans une épreuve ce dit « second souffle ». La sensation de maîtriser son allure, ne pas peiner et d'être apte à performer plus qu'à l'habitude. Mais que revêt véritablement cette notion, à quel moment arrive-t-il, dans quelles conditions, peut-on l'anticiper, le prévoir et performer alors avec lui; tant de questions qui restent en suspens. Tentons de mettre en mots une idée parfois mal définie par les athlètes qui le recherchent et/ou le ressentent et de le justifier.

Le second souffle

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Par essence, et si l'on s'attache à le définir étymologiquement; le second souffle  serait, alors, un regain de forme dans une épreuve, une course, voire parfois un entraînement. Le second souffle apparaît comme un renouveau d'envie dans une épreuve jugée difficile. Plus simplement, un nouvel élan alors qu'une séance, une course nous semble véritablement dure, ingérable. Un second souffle, une seconde envie exacerbée; pour une nouvelle chance de performer.

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Éléments de réponse

Grand nombre d'athlètes ne justifient pas un tel état; mais toute la problématique réside dans le fait, que celui qui l'a vécu en garde un souvenir impérissable et le recherche en permanence. Moment rare, d'exception; où toutes ses facultés semblent être au top et à l'unisson. Mais l'attendre, vouloir le revivre; n'est bien souvent qu'illusoire et perte de temps, sa rareté en faisant quelque chose de ponctuel dans une carrière. Cependant, éprouver un regain d'élan, de forme et d'énergie dans une séance dure de travail et/ou une épreuve sportive est chose possible.

Une justification fonctionnelle

Le fait de se mettre en action demande déjà des adaptations corporelles. Ainsi, le rythme cardiaque s'élève, la fréquence respiratoire augmente, tout comme la ventilation pulmonaire; et ce pour répondre à une demande supplémentaire en oxygène source d'énergie. Ainsi, cette phase est parfois ressentie comme difficile durant l'échauffement par exemple; le temps que toutes les grandes fonctions s'adaptent à l'effort.

Une fois lancées et stabilisées; l'équilibre se crée et l'effort est alors jugé comme normal. On parle déjà, dans ce cas de second souffle; c'est à dire de disparition de la difficulté à l'effort. Mais attention, il ne s'agit pas véritablement du second souffle qui nous intéresse ! Il s'agit, ici, d'un état stable et jugé normal, résultant des adaptations nécessaires à l'effort.

Astuce du coach

Tout simplement : échauffez-vous ! On dit qu'il faut entre 20 et 25' selon les âges et niveaux de pratique pour que les adaptations ventilatoires et cardio-vasculaires à l'exercice soient de mise; que l'échauffement soit fiable. En effet, ce dernier nécessite un délai pour être opérationnel. Ainsi, selon des considérations physiologiques, il faudrait 10 à 15' pour augmenter à bonne température le corps au niveau central (tête, tronc); alors qu'il faut entre 20 et 25' pour l'élévation de la température musculaire dite périphérique.

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Différence dû à la dialectique de débit sanguin et de déperdition de chaleur entre les différentes zones corporelles. Donc, vous l'aurez compris : il y a tout intérêt à faire près de 30' d'exercice pour être prompt à l'effort.

Le second souffle

Une justification physiologique

Il est donc illusoire de penser que le second souffle survive après ce court délai. L'état de mieux être, de se sentir enfin à son véritable niveau n'étant que la résultante des adaptations fonctionnelles pour arriver à l'équilibre et à sa valeur réelle.  En revanche, la sensation de rebond ressentie suite à l'ensemble des réactions chimiques qui se déroulent au sein du corps permettent de l'entrevoir.

Ainsi, et pour faire simple; l'on sait que lors de l'exercice les lipides et les glucides travaillent de concert pour favoriser la production énergétique nécessaire à votre effort. Prioritairement et dans l'immédiateté, le corps ira puiser dans les glucides facilement disponibles; puis enfin, dans les lipides au bout d'un laps de temps de 30 à 35' selon les individualités. C'est à ce moment précis, où  les deux ressources sont utilisées simultanément; où l'effort semble plus facile. Il s'agit bien du second souffle(1).

Astuce du coach

Pour connaitre cet état, cette sensation de maîtrise à l'entraînement rien de plus facile. Privilégiez le bi-quotidien avec la première séance placée le matin et à jeun. Ainsi, la seconde séance vous paraitra aisée et vous réaliserez des séries sans la moindre difficulté avec un sentiment de maîtrise. En effet, le fait d'aller rouler même 45' sur Home Trainer faute de temps ou d'aller courir 45' sans la moindre intensité vous permettra d'éveiller votre corps et le préparer à la séance du soir; mais surtout de brûler les graisses matinalement après une nuit de sommeil (le corps «tapant» directement dans les réserves de lipides).

Ainsi, lors de la seconde séance de travail, votre corps utilisera plus vite de concert les deux ressources nécessaires au second souffle.

Une justification hormonale

Autre explication à la survenue de ce moment, la sécrétion d'endorphines lors de l'effort. Tout le monde le sait, la pratique d'activités physiques et sportives engendre après une trentaine de minutes; la sécrétion, via une partie de notre cerveau, d'endorphines en quantité. Ainsi, cette hormone, tel un opiacé à des conséquences sur notre corps, notre affect et la perception de l'effort.

Plus l'effort est long et intense, plus la sécrétion et donc l'effet ressenti est fort. Cette arrivée de substances enivrantes peut également expliquer le second souffle lorsque dans la difficulté tout vous semble facile, les jambes répondent plus qu'à l'habitude, le niveau est incroyable, rien ne semble vous coûter sur le plan physique et mental; tout vous semble même démesurément facile. Être sous endorphine, a donc un effet euphorisant; plus encore un effet antalgique qui masque les signes de la douleur, dissimulant tout signes de difficulté physique : fini le mal de jambes, la sensation de lutte à maintenir l'effort sur le plan ventilatoire, cardiaque.

Conseil du coach

Attention à la dépendance ! Attention à la blessure ! L'effet pervers de l'endorphine, et même si l'effet anxiolytique est fort agréable (baisse du stress post pratique);  est que l'effet antalgique peut masquer une douleur à prendre en compte très rapidement. Oui, l'extase est fort agréable, mais attention que ce surplus d'hormones dans le corps ne masque une tendinite, une déchirure ou autres blessures à soigner au plus vite sous peine qu'elles n'empirent. Dès lors, restez à l'écoute de votre corps; même sous endorphine. Reposez-vous s'il le faut, reportez une séance ou encore consultez avant qu'il ne soit trop tard. 

Astuce du coach

Une fois encore, pratiquez le bi-quotidien dès que possible même avec des séances courtes et modérément intensives. Vous aurez alors compris tout le bénéfice à en tirer sur la seconde séance. Mariez néanmoins mesure et recherche de l'état ponctuellement.

(1)Phénomène mis en  avant par le scientifique Matt Harber à l'Human Performance Laboratory  de la Ball State University.

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