Dopage technologique sur le Tour ?

par | Juil 21, 2021 | Actualité

Stefano Varjas ne s’embarrasse pas de précautions oratoires. Le célèbre ingénieur hongrois, inventeur du fameux vélo furtif que notre chef testeur Alexandre fut le premier journaliste au Monde à tester sur les pentes du Ventoux, l’affirme avec assurance.

Stefano Varjas y croit ! Hélas…

« Les soupçons de dopage technologique sur le dernier Tour de France sont bel et bien fondés. Le système sur la roue arrière est désormais quasi invisible et presque inaudible. Même s’il conserve une trace sonore causée par les engrenages. J’ai personnellement mis au point un tel système. Sauf que le mien est inaudible car les engrenages sont en matières synthétiques et recouverts de téflon. Leur durée de vie est moindre mais ça n’a pas d’importance pour un tricheur de haut niveau comme un champion. »

Varjas, qui en profite pour dénoncer l’absence de contrôles techniques fiables et permanents, affirme par contre qu’il n’est pour rien dans ce qui a pu être constaté sur le Tour par plusieurs coureurs se proclamant enquêteurs.

« Je n’ai fourni aucun système Varjas à une équipe du Tour. Par contre j’ai des soupçons précis sur certains teams. Des soupçons que je préfère garder pour moi. Mais dans le peloton certains savent parfaitement. Comme la police française probablement. Et peut-être aussi comme les organisateurs du Tour et l’UCI. Mais évidemment sans preuve concrète on ne peut rien dire et rien faire. »

Fulcrum Racing

A propos du gain de puissance obtenu avec le système d’assistance électrique dans le moyeu arrière, Stefano Varjas parle d’un gain minime mais significatif de l’ordre de 60 à 100 watts.
« Obtenir plus de puissance serait possible. Mais il y aurait alors problème de poids car la batterie devrait forcément être plus conséquente. Et plus encombrante, donc visible. Là je pense que l’on ne dépasse pas 60 watts effectifs pour une durée d’utilisation de 20 à 30 minutes. Ce qui veut dire que le moteur ne doit être utilisé qu’à bon escient durant une attaque par exemple. »

Joint hier par téléphone, Varjas précise que la seule solution crédible serait la mise en place de vrais contrôles techniques. Plus précis et plus élaborés que ceux mis en œuvre par l’UCI.
« Chacun son métier. Pour trouver il faut savoir. Et surtout comprendre. J’ai déjà accepté de collaborer avec les instances du cyclisme. Je peux éventuellement les aider. Mais il faudra une réelle volonté de leur part. Et ne pas craindre de déranger certaines puissances financières. Et enfin se poser des questions pertinentes. Comme par exemple le pourquoi de ces coureurs qui ne montent pas sur leurs vélos les roues de leur équipementier… »

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