Colnago V3RS

Colnago V3Rs

par | Juil 18, 2019 | Les essais

La sortie du nouveau V3Rs est l’aboutissement d’un processus d’évolution commencé il y a 5 ans avec le désormais fameux V1-r, dernier acte de la collaboration Colnago-Ferrari et aussi acte-objet fondateur de la nouvelle ère technologique de la marque au trèfle. Comme il y eu un avant et un après V1-r, il y aura un avant et un après V3Rs ! Car avec 790 grammes, un freinage disque (le patin n’est pas oublié) et une intégration totale des câbles et gaines, ce nouveau Colnago se montre plus qu’à la hauteur des attentes du public.

Le monocoque du futur selon Colnago

V3Rs : La suite des V1-r et V2-r !

Il y a 5 ans le lancement du V1-r avait fait entrer Colnago dans l’ère des cadres monocoques légers, aérodynamiques et qui savent tout faire. Conçu avec l’aide de Ferrari, il était un vélo très apprécié par les coureurs pros et se vit succédé par le V2-r, il y a deux ans. Dans la continuité de son prédécesseur, il améliorait les bases, affinait le comportement et l’aérodynamisme tout en se montrant un peu plus léger.
Troisième opus et pas des moindre avec le dernier V3Rs. C’est certainement la plus grosse évolution depuis le début de la série «VR».

La ligne change radicalement, devenant plus compacte. L’arrière adopte un triangle réduit comme bon nombre de concurrents. Le freinage à disque est superbement intégré tandis que celui à patins est au standard Direct-Mount. Surtout, la câblerie se voit enfin parfaitement intégrée. Sur le vélo à disque de notre essai plus rien ne dépasse. Contrairement à la plupart des concurrents qui optent pour un ensemble en carbone monobloc (plus simple à étudier mais impossible à régler), Colnago a choisi de conserver une potence et un cintre traditionnel. Comme pour le C64, la câblerie passe dans le cintre, ressort quelques centimètres avant de rentrer dans la potence et de cheminer aux-côtés du pivot de fourche qui comporte une face aplatie. Un système très ingénieur qui a l’avantage de laisser libre le réglage du poste de pilotage et d’être facile à monter pour le mécanicien. Tout ce qu’on attend d’un Colnago, ingéniosité et solution technique qui ne laisse pas place au compromis !

Les amateurs du freinage à disque seront ravis de l’apprendre, le poids annoncé de 780-790 grammes concerne bien la version à disque. La fourche coupée en taille 50s est pesée à 340 grammes. Largement de quoi se monter un vélo sous la limite des 6,8 kg fiée par l’UCI. Et le poids de la version à patins est encore inférieur… Nouvelle pratique du cyclisme oblige, le V3Rs est compatible avec les pneumatiques jusqu’à 28 mm. Officiellement, car dans la réalité la version à freinage disque peut utiliser sans problème des pneus jusqu’à 30 mm. La limite de 28mm prend son sens sur les cadres à freinage patins, où les étriers limitent fortement l’utilisation de gommes plus larges. Autre intégration, le serrage de tige de selle. Alors que le C64 opte pour un réglage par le dessous du tube supérieur, le V3Rs fait appel à un serrage simplissime sur le dessus du tube. Un serrage que nous avons eu en main et qui affiche un poids très faible, de l’ordre d’une vingtaine de grammes. Comme tout vrai Colnago, le V3Rs reprend le boitier de pédalier apparu sur le C60. Un insert en aluminium est vissé dans le cadre et c’est dans celui-ci qu’on vient monter les cuvettes press-fit. Rigide et fiable, on peut démonter et changer plusieurs fois de pédalier sans crainte des craquements. La fabrication est réalisée en Asie, à Taiwan. Je sens venir les éternels détracteurs, mais le V3Rs est vraiment un Colnago. Conçu, imaginé et monté en Italie. Et le C64 est lui, toujours fabriqué à Cambiago, rassurez-vous pour longtemps encore !

Le Maestro, toujours en forme !

À 87 ans Ernesto Colnago étonne toujours. « Pour rien au monde je n’aurai loupé la présentation d’une nouvelle machine Colnago » indique-t-il tout en dégustant un verre de Brunello di Montalcino. On pourrait imaginer que le Maestro souhaiterait se reposer mais il n’en est rien. Il vit et pense vélo, chaque jour. « J’aime le vélo plus que tout. Dans 13 ans j’aurai 100 ans et j’espère être encore de ce monde parmi vous pour continuer à fabriquer les plus beaux et les meilleurs vélos du monde ».

L’essai sur les routes de Toscane

Colnago avait mis les petits plats dans les grands en nous concoctant un parcours à la hauteur de ce nouveau vélo. Des Strade Bianche aux portions plates balayées par le vent ainsi qu’une longue ascension, j’ai pu pleinement juger en condition des capacités du V3Rs.
Et je peux vous le dire tout de suite, c’est le monocoque le plus confortable jamais fabriqué par Colnago.
Selon Davide, l’ingénieur maison, le lay-up intègre pleinement dans sa conception la recherche du confort et l’élimination des vibrations. Associé au jeu de direction tiré du C64 avec des coupelles en élastomère et une tige de selle au flex contrôlé, le résultat est sans appel.
Sur les routes en terre le guidage du vélo est parfait, même en attaquant. Le pouvoir directionnel de l’avant du vélo est grisant, j’ai rarement ressenti cela.
En discutant à mon retour avec le Maestro, celui-ci m’indique « c’est tout à fait normal, la fourche droite à freinage disque a retenu toute notre attention. J’ai été le premier à fabriquer des fourches droites alors que tout le monde pensait qu’une fourche cintrée était plus solide et plus confortable. Je leur ai montré qu’ils avaient tort et tout le monde m’a ensuite copié. La fourche du V3Rs est la synthèse de tout notre savoir-faire».

C’est aussi la première fois que Colnago fabrique un cadre sous les 800 grammes. Celui pour qui la sécurité est un point majeur sur lequel on ne peut faire aucun compromis et qui a été le premier à remporter Paris-Roubaix sur un cadre carbone a longtemps clamé qu’il était dangereux de trop alléger. Et même plus lourds, personne ne s’est plaint du comportement des Colnago !

Cette légèreté nouvelle est tout de suite perceptible. Cette faible masse couplée à la rigidité annoncée en légère hausse par rapport au V2-r donne des ailes au V3Rs qui s’envole à chaque coup de pédales.
J’étais un peu inquiet car nos vélos d’essais étaient équipés de pneus Pirelli 28 mm (routes en terre oblige). D’ordinaire, si ce type de gomme plombe le ressenti d’un vélo, ça n’était absolument pas le cas avec le dernier Colnago.
Réactions vives, accélérations fulgurantes et surtout une facilité d’usage sans précédent.

Dans la longue ascension (près de 11km) le V3Rs se montre très à l’aise. Alors que mes jambes commencent à faiblir (le rythme en Italie est assez élevé), je me sens franchement aidé par le vélo. Et si les 12 vitesses du groupe Campagnolo EPS ne sont pas de trop, le vélo fait le reste.
Autre chose, que la Toscane est belle ! Culminant à près de 900m d’altitude notre col surplombe toute la partie historique de la région. De Volterra à Montalcino s’étale sous nos eux un paysage d’une grandeur et d’une magnificence incroyable. Alors qu’en bas les allées d’oliviers et de vignes s’enchainent, ici c’est plutôt les pins qui longent la route.

La longue descente m’a une fois de plus démontré la supériorité du freinage disque. Il n’y a rien d’autre à rajouter, sécuritairement parlant il n’y a pas mieux, c’est indéniable.
Et quelle que soit la situation, le V3Rs fait des merveilles. Ici l’asphalte n’était pas de grande qualité, jonchée de trous et de saignées en travers de la route. La capacité du vélo à absorber et à se jouer des aléas de la chaussée m’ont bluffé. Une des meilleures machines pour descendre au monde, comme son frère C64 !

Le V3Rs est bien un des meilleur Colnago jamais fabriqué

Très léger, rigide, aérodynamique et parfaitement intégré, il combine toutes les dernières technologies et fait preuve d’une classe folle. C’est un Colnago mais c’est aussi un des meilleurs vélos du monde. J’écrivais cela lors du lancement du C64 l’année dernière, mais la marque au trèfle a une fois encore réitéré. Les coureurs l’adoreront, tout comme les cyclos. Son confort est incroyable et sa capacité à grimper, descendre et se jouer de tous les problèmes est saisissante. Et à l’heure où certains font le choix d’imposer le disque Colnago n’oublie personne en proposant les deux versions de système de freinage. Lorsqu’on parle des meilleurs vélos du monde, il faut songer au fait que Colnago est certainement la seule marque qui propose dans sa gamme deux vélos qui figurent au sommet de ce classement, le C64 et ce nouveau V3Rs. Que dire de plus ? Chapeau Maestro !

Colnago V3Rs Disc et patins
Kit-cadre ou montages disponibles en Campagnolo Super Record EPS, Sram Red eTap AXS et Shimano Dura-Ace Di2.

À propos du V3Rs Les Confidences du Maestro

La sortie du nouveau V3Rs est l’aboutissement d’un processus d’évolution commencé il y a 5 ans avec le désormais fameux V1-r, dernier acte de la collaboration Colnago-Ferrari et aussi acte-objet fondateur de la nouvelle ère technologique de la marque au trèfle. Comme il y eu un avant et un après V1-r, il y aura un avant et un après V3Rs ! Car avec 790 grammes, un freinage disque (le patin n’est pas oublié) et une intégration totale des câbles et gaines, ce nouveau Colnago se montre plus qu’à la hauteur des attentes du public.

« Tu sais Salvatore, je vais sur mes 88 ans bientôt. Et je devrai en être à l’heure du bilan. Mais je m’y refuse. Je rêve et j’invente toujours. J’ai besoin constamment de nouveaux défis. J’ai envie d’étonner encore et encore. Même si je n’ai rien à prouver, moi qui aie apporté au cyclisme le concept d’aéro, les tubes hydroformés, les tubes ultra fins, les roues différenciées, la fourche droite, les cadres carbone, le freinage disque et tant d’autres innovations. Mais chez Colnago on ne s’arrête jamais d’innover et d’avancer. J’y veille chaque jour. Car chaque jour je suis au bureau. Et je dessine, je conçois, je travaille avec mes ingénieurs et techniciens. Les nouveaux projets ne sont jamais le fait d’un prétexte marketing. J’ai horreur du Bla Bla Bla des gourous du marketing. Alors ce nouveau Colnago monocoque V3Rs est un aboutissement technologique pas un plan marketing ! » Ernesto Colnago sourit. Très confortablement installés sur la terrasse de l’admirable domaine viticole Ciacci Piccolominid’Aragona,nous avons devant nous le panorama inimaginablement beau du pays toscan de Montalcino. Au loin une ligne blanche qui sillonne entre les oliviers et les vignobles. Et sur cette ligne quelques silhouettes de cyclistes en plein effort. « Le pourcentage est infernal. Avec le V3Rs il doit s’amuser. Il convient parfaitement à ses qualités de grimpeur. C’est une vraie bête de course. Très légère et très nerveuse. Avec des capacités d’accélération démoniaques. Avec ce vélo on peut forcer sur les braquets. Il permet de passer plus en puissance et plus vite qu’avec n’importe quelle autre machine d’aujourd’hui. Nous avons beaucoup travaillé avec l’équipe pour que le V3Rs ne soit pas qu’une évolution du V1R Ferrari et du V2R. Il s’agit en fait d’un aboutissement. Celui d’un processus d’évolution commencé il y a cinq ans avec le V1R et Ferrari. Je considère que ce vélo est l’acte fondateur de la nouvelle ère technologique de Colnago. Il y aura un avant et un après le V3Rs. J’en suis certain. C’est un vélo significatif de notre volonté de dépassement des conventions. » Paolo, le propriétaire du domaine nous a rejoint. Il est fou de vélo, passionné de Colnago et pratiquant assidu avec son Colnago C60. Il nous annonce un petit en-cas basé sur les produits locaux. Et en profite pour évoquer le choix délicat de sa future monture. Doit-il acheter un C64 ou un V3Rs…

« Les deux, répond en souriant Ernesto Colnago. Le C 64 parce que ce vélo-là est un absolu de style, de modernité, de performance et de savoir-faire 100% made in Italia. Le V3Rs car il s’agit d’un vélo à la fois ultra léger et ultra performant dont le seul but est la victoire. » La leçon de choses du vélo a été donnée. Paolo éclate de rire. Il semble d’accord pour le double choix. Le C64 et le V3Rs rejoindront prochainement son impressionnante collection. Collection que le Maestro apprécie en connaisseur. D’autant qu’une bonne partie des vélos la composant portent le logo Colnago. Notamment l’un d’eux qui a appartenu à Giuseppe Saronni. Le signor Ernesto, pardon, le Cavaliere Ernesto, car il a été décoré pour services rendus à la nation italienne, adore les coureurs de caractère. « On ne peut pas aimer le vélo sans aimer les coureurs. Et pas seulement les champions. Moi j’ai toujours été proche de mes coureurs. Et je le suis encore. Même si aujourd’hui ce sont les équipes qui décident. Je peux tout de même les aider à décider…Par exemple je rêve de voir Van Aert courir à nouveau sur un vélo Colnago. Avec nous il a déjà décroché deux titres mondiaux de cyclo-cross. Il pourrait faire la même chose sur route. Son potentiel est hallucinant. » Retour au sujet du jour. Le nouveau Colnago V3Rs. Puisque c’est pour cela que nous avons fait le déplacement en Toscane. Ernesto Colnago explique sa déception de voir les vélos avec lesquels certains champions doivent courir. Pour lui la quête du profit est devenue trop importante. Plus importante même que la performance et la sécurité. Le V3Rs est l’antithèse exacte de ces préceptes énoncés par la loi du profit maximal. « Notre V3Rs est certes un nouveau vélo. Mais c’est aussi et surtout un manifeste technologique à l’usage de ceux qui recherchent avec sincérité la performance extrême et la sécurité maximale. Je m’inscris en faux contre les vélos bricolés avec des morceaux de groupes d’une marque, des morceaux d’une autre marque, des chaines incompatibles avec les cassettes et des roues molles comme du chewing gum. Les coureurs méritent le meilleur. Surtout au plus haut niveau. Avec le V3Rs j’ai la prétention de leur proposer le meilleur, dans tous les domaines. Colnago c’est ça. Colnago c’est La bicyclette. »

Colnago V3RS
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