Avec l’avènement du Gravel, on multiplie le nombre de machines dans notre garage. Vélo de route, de Gravel, de ville… Et si pour un budget limité, une seule machine pouvait occuper tous les terrains ? Histoire de rajouter du style, nous avons choisi un Cinelli. Le Zydeco, un vélo qui cache bien son jeu…

Surprise, il ne faut pas casser sa tirelire ! Avec un tarif de 1 500 euros, le vélo Zydeco est relativement accessible. Mais ça reste un Cinelli et c’est donc un très beau vélo. Les finitions sont léchées, la peinture avenante et la géométrie bien étudiée. Bref, il fait envie ! Et un vélo plaisant à regarder est forcément plaisant à pédaler, n’est-ce pas ?

Un cadre technique

Plus technique qu’il n’y paraît, le châssis du Zydeco n’est pas en simple aluminium. D’abord c’est du Columbus, ensuite il est triple butted. C’est-à-dire à trois épaisseurs différenciées. Pour terminer, ces tubes Columbus Zonal sont hydroformés. On parle évidemment d’aluminium de série 7000, le top du top. Ils subissent en plus une multitude de traitements thermiques leur permettant d’offrir résistance et rigidité malgré de faibles épaisseurs. La durabilité est souvent décriée sur les cadres aluminium. Il est vrai qu’à une époque, au bout de deux ou trois ans, on pouvait considérer qu’un cadre alu était mort car devenu trop mou. C’est bien évidemment de l’histoire ancienne ! Adapté au freinage disques, on regrettera cependant que Cinelli n’ait pas équipé le Zydeco d’axes traversants. Il faut se contenter de classiques blocages. Heureusement, la plupart des roues du marché sont vendues avec les adaptateurs, ce qui ne pose aucun problème. Et comme notre vélo n’est pas une machine de compétition, on lui pardonne.

Le passage des câbles de dérailleurs et de freins est externe, mais bien étudié. Aucun risque de toucher les gaines avec les genoux, en danseuse.

La fourche est une Columbus en carbone avec pivot aluminium. Le jeu de direction à double diamètre avec roulement inférieur d’un pouce 1/2 assurera côté rigidité, même avec les plus costauds d’entre vous.

Équipement simple mais au fonctionnement irréprochable

Pour contenir le tarif, Cinelli a dû contenir l’équipement. Pas de groupes très haut de gamme ou de composants en carbone, ce qui n’empêchera pas notre machine d’offrir un bel agrément.

C’est la première fois que nous essayons le groupe Tiagra dans sa dernière version. Outre son ergonomie qui a fait d’énormes progrès, c’est sur le design qu’il nous a le plus surpris. Voire enchantés, car il ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ancien Ultegra. L’ergonomie des poignées est parfaite, gageons que la durabilité sera au niveau. Petite précision toutefois, ça reste un groupe à 10 vitesses… Deux infidélités à Shimano, pour les freins TRP et le pédalier FSA.

Le système de freinage est à disques, vous l’aurez remarqué. Petite subtilité, les étriers sont ici à tirage par câble. Plus simple, ce système a l’avantage de se montrer moins onéreux qu’un équivalant hydraulique, et permet de conserver les leviers d’origine, ce qui fait gagner du poids et préserve la ligne du vélo. Par contre on perd légèrement en puissance, mais on peut corriger cela avec des plaquettes de qualité.

Le pédalier est un FSA Omega, en aluminium. Assez lourd, il offre cependant une belle rigidité et se montrera parfaitement apte à supporter les chemins en parcours Gravel. Côté composants, on retrouve du Cinelli à tous les étages. Cintre, potence, selle et tige de selle. Rien à dire ici, sauf pour la selle qui mériterait certainement d’évoluer pour plus de confort. J’imagine une belle Brooks Cambium à la place.

Cinelli nous montre bien là qu’on peut offrir un prix décent tout en proposant des composants qui ne sont pas au rabais. Inhabituel car c’est en général l’apanage des marques de vente en ligne, on constate souvent que les marques les plus prestigieuses ont du mal à vendre des machines de gamme inférieure bien équipées. Nous avons délibérément choisi de faire évoluer le point le plus important du vélo (après le cadre), le train roulant. Non pas que celui monté d’origine déméritait (des moyeux Shimano Deore avec des jantes Alex Rims), mais nous voulions pouvoir tirer un maximum des capacités du cadre Cinelli.

Nous nous sommes tournés vers DT Swiss et avons choisi la dernière paire de roues à boyaux encore au catalogue. Ça tombe bien, elles sont spécialement adaptées à la pratique du cross ! Les CRC 1100 Spline n’affichent que 1 300 grammes la paire et bénéficient de moyeux à roulement céramique. Le fin du fin de la catégorie… Pour couronner le tout, de magnifiques boyaux Challenge ont été collés dessus.

En ville, dans les chemins ou sur la route

Avant toute chose, le Zydeco est un Gravel. C’est tout naturellement sur ce terrain que je commence mes essais. Le vélo est neuf, il ne faut pas avoir peur de le salir. J’y vais franco. Les boyaux font des merveilles, je passe facilement sur des terrains boueux ou gravillonneux. Avec un cadre aluminium à l’allure rigide, le confort aurait pu être problématique, mais en adoptant une pression adaptée au terrain, il n’y a aucun problème.

La position est confortable, même si je la situe plus proche du vélo de route ou de cyclocross que du pur Gravel. Disons que c’est plus sportif. Les leviers Shimano Tiagra me plaisent vraiment et le fonctionnement de ce petit groupe est bluffant. Une vraie surprise ! Le freinage réclame encore un rodage pour dévoiler ses performances. J’en jugerai sur la route.

Au fil des kilomètres de chemins et de pistes, je découvre que le Zydeco est un formidable cadre, doté d’un beau rendement. Clairement, l’aluminium le rend très rigide, ce qui permet de rouler vite et de se faire plaisir, moyennant une bonne forme physique. Rien n’empêche de rouler plus doucement mais, sachez que si vous le pouvez, le Zydeco vous accompagnera loin.

 

Sur le ruban, avec ses larges gommes, évidemment le ressenti est loin du vélo de route. Sauf côté position où je retrouve toutes mes marques. Après un changement de roues (Lightweight, excusez du peu), je peux juger des capacités du vélo sur l’asphalte. Le toucher de route est infiniment plus communicatif et les réactions du vélo se font plus vives. Évidemment avec ses 9 kg, il ne faut pas s’imaginer aux commandes d’une bête de course, mais que ce soit en côte, en descente ou sur le plat, il s’en tire très bien. Un groupe me double lancé à 40 km/h, pas de problème pour me mettre dans les roues. Imaginez qu’hier j’étais dans les chemins…

Difficile de se projeter en ville avec la même machine. Et pourtant… C’est un Cinelli, ne l’oubliez pas ! Les gens se retournent sur mon passage. Il faut dire qu’entre la magnifique tenue PEdALED, la sacoche Brooks et le casque Kask, votre essayeur ne manque pas d’allure !

Pas franchement habitués à voir des cyclistes en centre-ville, les Français. Il faut dire que l’allure sportive du Zydeco a de quoi les effrayer, surtout les roues à jantes hautes.

Lui, il se sent parfaitement à son aise…

C’est cadeau !

Enchanteur ! Rouler avec le Zydeco donne indéniablement le sourire. Beau, attachant, doté d’une belle efficacité, il pourra allègrement être le vélo de tous les jours avec lequel vous irez travailler en semaine et, une fois le week-end venu et après un changement de roues, vous irez arpenter les chemins ou les routes de votre région. La sortie dominicale ne lui fait pas peur, vous pouvez nous croire. Et en ville, il ne fera pas tache dans les centres de Milan, Paris ou New-York…

Share This