Chez les Cycles Passieu, un De Rosa Anima !

Chez les Cycles Passieu, un De Rosa Anima !

Tout le monde connaît plus ou moins les Cycles Passieu à Nîmes. Ce spécialiste du vélo de course haut de gamme propose les plus belles machines à ses clients fidèles. Colnago, évidemment mais aussi d’autres marques comme Look, Time ou De Rosa….

Le premier Anima livré par Passieu !

Nous vous en avons largement parlé, la sortie de l’Anima, le Titane de De Rosa a été un électrochoc dans le monde des vélos artisanaux.
Une ligne à couper le souffle, un comportement sportif et vif, rien à voir avec le Titane qu’on connaissait jusqu’à présent. C’est ce vélo que s’est offert un des meilleurs clients de Passieu, Richard Daniel. Déjà possésseur du Colnago Oro que nous avions essayé, Richard est un fan de vélos italiens avec dans sa collection entre autre un Colnago C64, un De Rosa King Black Label (celui que nous avions essayé en Supertest) et un autre De Rosa Protos (celui avec lequel nous sommes parti au Japon).
Fraichement arrivé à Nîmes, il nous a convié à la réception de son vélo. Une merveille qu’il nous tarde d’essayer !

L’ardéchoise, du 19 au 22 juin, l’événement cyclosportif sur route de montagne le plus important d’Europe !

L’ardéchoise, du 19 au 22 juin, l’événement cyclosportif sur route de montagne le plus important d’Europe !

Depuis 1992 l’Ardéchoise permet de découvrir l’Ardèche mais pas seulement. Entre ambiance cyclo et parcours magnifique les organisateurs proposent 4 jours de cyclisme et de découverte.

Et oui, l’Ardéchoise c’est l’événement sur parcours de montagne le plus important d’Europe avec environ 15000 participants chaque année. Pour la plupart des habitués qui reviennent avec des amis qui deviennent au fil des ans eux aussi habitués.

Il faut dire qu’avec 4 jours de programme, il y a de quoi faire ! Libre à chacun de s’engager sur le parcours complet ou juste participer à la cyclosportive, le dernier jour.
À ce propos pour les plus aguerris, deux parcours sont possibles : L’ardéchoise classique avec 220 km pour 4270 m de dénivelé ou l’Ardéchoise marathon avec 270 km et 5305m de dénivelé !
Pour les moins déjantés, sachez que le premier parcours débute à 85 km, ensuite 125 et 176 km ! C’est bien ça l’Ardéchoise, du vélo pour tous les goûts et toutes les formes.

Impossible de ne pas parler du village exposant, très fourni également. Avec plus de 50 exposants on peut considérer qu’il est aussi l’un des plus important. Quasiment un mini salon avec des marques prestigieuse et importantes comme Bianchi, Campagnolo, Ekoï, Italvet, Look, Mavic, Origine, S1Neo ou Time !

À vivre une fois dans sa vie de cycliste !

Granfondo Verona Alé la Merckx

Granfondo Verona Alé la Merckx

C’est dans une ambiance de fête et sous une chaleur de début d’été qu’a eu lieu le 09 juin dernier à Vérone, la cyclosportive Alé la Merckx, support des premiers championnats européens de granfondo. Top vélo y était et vous raconte cette aventure !

2800 gladiateurs à la conquête des titres européens sur les routes du Veneto !

Le retrait du dossard est toujours un moment particulier pour le coureur, mais sur la Alé Merckx, cela avait des allures de fêtes de fin d’année pour les participants. Premier cadeau, le cadre de vue, quoi de plus beau que de récupérer son «pacco gara» à 100 mètres des arènes de Vérone ! Cela change des zones commerciales… Deuxième cadeau le pack course lui-même avec notamment un maillot de la prestigieuse firme Alé, principal partenaire de la course, basé tout comme la marque Cipollini ou DMT (chaussures) a seulement 30 km au sud de Vérone. Une innovation : derrière le dossard il faut inscrire quelques renseignements comme son nom, l’hôtel où l’on réside, son groupe sanguin ou les éventuelles allergies. Une bonne idée en cas d’urgence.

Le cannibale Eddy Merckx, parrain de l’épreuve est absent cette année, retenu par des soucis de santé et ses futures obligations pour le départ imminent du prochain Tour de France depuis sa ville, Bruxelles. Le lendemain rassemblement des coureurs pour un départ groupé des deux parcours à 8h. Deux possibilités de circuit, le Mediofondo de 82km et 1450m de dénivelé positif ou le Granfondo de 130km et 2600m de dénivelé positif. Quitte à faire le déplacement nous choisissons de découvrir un maximum la région avec le grand parcours.

En première ligne c’est Mario Cipollini, qui donnera le départ sous un rythme effroyable, parcourant les quinze premiers kilomètres à 45 km/h de moyenne ! Mais en bon sprinteur et avec désormais une musculature digne d’un bodybuilder, il se garera au pied de la première difficulté. Et c’est à ce moment que la passion prend le dessus sur la compétition, car même les plus compétitifs sont prêts à perdre quelques secondes pour faire un selfie avec le recordman des victoires d’étape au Giro (42 !). Pietro Caucchioli ancien grimpeur et coureur local lui servira de compagnon de route. Tandis que Paolo Salvodelli endosse le rôle de speaker sur le parcours. Coté parcours les difficultés vont s’enchainer ! Sous une chaleur moite et un temps lourd les premières rampes sur les coteaux du Valpolicella (vin réputé du Veneto) vont scinder ce peloton en plusieurs gruppetto et la célèbre expression des pelotons italiens « occhio » traduisible par « attention, ouvre l’œil », pour signaler un danger ou laisser passer un coureur qui remonte dans le peloton, va se faire de moins en moins entendre, tant la pente fait exploser la course. Justement c’est ici même que Vincenzo Pisani (ASD Team Euronics) et Davide Busuito (Team De Rosa Santini) vont partir pour une échappée de 110km reléguant à l’arrivée le troisième à plus de 7 minutes !

La plus grande difficulté sur ce parcours est la répartition du dénivelé (2500m) étendue sur 65km. Pour les non grimpeurs calvaire en vue ! Car après l’antipasti de 6km à 5% de moyenne, arrive le premier plat, un col de 18km à 4.2% de pente moyenne. Mais comme très souvent en Italie, la pente est irrégulière et il vaut mieux être muni sur son vélo de deux éléments essentiels : une bonne cassette avec des pignons de secours car la pente peut atteindre 13-15% pendant un petit moment, et une bonne paire de patins de frein (ou des disques) car les descentes sont également sinueuses et rapides ! La route serpente entre les vignes et les cerisiers pour conduire les coureurs à près de 1000m d’altitude vers Sant’Anna d’Alfaedo. Tout au long du circuit, il y aura de nombreux postes de dépannage et de ravitaillement. Par souci d’écologie, les organisateurs ont interdit les ravitaillements à la volée et chacun des participants doit s’arrêter et remplir son propre bidon, scène cocasse et authentique de précipitation qui vient faire surgir de nos mémoires, les images des coureurs d’antan qui prenaient d’assaut les bars !

Ecologie toujours, la firme Alé a fait tester en avant-première aux journalistes la tenue Green Road construite avec 90% de matériaux recyclés. Légère et respirable au maximum, vivement sa sortie en 2020 ! Après 60km la bifurcation entre les deux parcours s’effectue et le mediofondo en a fini avec la montagne, tandis que pour les autres le plat de résistance se profile ! Ah le Passo del Pidocchio, quelle difficulté ! Terrain de jeu du grimpeur Davide Formolo, ce col n’en fini jamais ! 21km à 5.5% de pente moyenne, il a dupé tous les concurrents, même les plus attentifs à la carte fournie par les organisateurs. En effet après 12km de montée tous les participants ont cru avoir droit (ou rêver ?) a une descente ! Eh bien non après un replat et une légère inclinaison négative de la pente, changement de route pour un chemin plus étroit sur la droite et 9km de montée ! Mais le col est tout simplement éblouissant de beauté avec au loin les sommets des Dolomites enneigées et de chaque côté de la route en guise de barrière naturelle des vaches ! Celles-ci seront presque au milieu de la route lors de la descente ! Quel dépaysement a seulement 50km de la ville de Vérone, que de se retrouver à 1568m d’altitude dans le parc naturel della Lessinia… Mais pas le temps à la flânerie, il faut rester dans les roues car il vaut mieux effectuer la descente et le plat (50km) avec vent de face, en compagnie d’un groupe plutôt qu’en solitaire.

Nous effectuons à nouveau la descente du premier col pour retomber sur la bifurcation des deux parcours, et cette fois le vélo prend tout seul la direction de l’arrivée, hors de question de faire à nouveau la boucle ! les jambes sont déjà bien lourdes… À l’entrée de Vérone plusieurs motos attendent chaque groupe conséquent pour ouvrir la route qui a été balisée et signalée (1000 flèches !) de façon irréprochable tout le long du parcours. Dans un pays qui a perdu récemment plusieurs champions sur la route comme Michele Scarponi ou Nicky Hayden, le pilote de Moto GP, la sécurité est la priorité. Les carabiniers sont postés en soutient des bénévoles pour, à la fois sécuriser le parcours mais surtout calmer et faire régner l’ordre chez les automobilistes énervés qui patientent. Ultime difficulté, les Torricelle, lieu de bataille une semaine auparavant de la dernière étape du Giro d’Italia. De quoi se prendre à rêver d’être un « vrai » coureur. Coté victoire sur le Mediofondo, c’est Davide Spiazzi (ASD Total Speed) qui l’emporte en 2h13 et Deborah Rosa (Team De Rosa Santini) en 2h29 chez les féminines. Sur le Granfondo, chez les féminines, la victoire revient à Chiara Ciuffini (Team Isolmant Specialized) en 4h04 et chez les hommes à Vincenzo Pisani (ASD Team Euronics) en 3h37. Il faut rallier à nouveau la ligne de départ, 5km plus bas, ce qui permettra de visiter d’autres lieux de Vérone. Ensuite avant de faire la queue pour la riso-party et son copieux repas (la plaine du po est fameuse pour ses cultures de riz) nous avons succombé à la tentation d’un Spritz devant les arènes ! Instant magique récompensant plus de 4h15 d’effort.

Avec 2800 participants (500 de plus que l’an passé) et 20 nationalités représentées, La GF Alé La Merckx a pris une autre dimension pour cette 13eme édition, la plaçant dans le top 5 des cyclos italiennes. Vérone est bien connue pour être la ville des amoureux et de Roméo et Juliette, mais pour les passionnés de la bicyclette, et des Granfondo, elle devient la ville d’Alé et Cipollini !

Le Ventoux des occasions manquées

Le Ventoux des occasions manquées

Où donc étaient les meilleurs grimpeurs du Monde à l’heure où le seul Romain Bardet avait accepté le beau défi lancé par Dénivelé Challenges ? Tous aux abonnés absents, hélas. À pleurer de rage lorsque l’on sait la somme inouïe d’efforts et d’investissement nécessaire pour créer de nos jours une nouvelle course professionnelle. À fortiori une épreuve d’exception réservée aux grimpeurs.

Le mythique Mont Ventoux, cadre exceptionnel pour une nouvelle classique dédiée aux grimpeurs.

Romain Bardet ne s’est finalement classé que second de la première édition de la Mont Ventoux Dénivelé Challenges. Battu sur le fil par le puncheur espagnol de Cofidis, Jessu Herrada. Mais cette seconde place est à saluer. Car le leader de AG2R La Mondiale était bel et bien au départ, tenant la parole donnée à Nicolas Garcera en dépit de sa prestation décevante sur le Dauphiné. Un geste de respect, partagé avec son directeur sportif Vincent Lavenu, vis à vis d’organisateurs courageux et opiniâtres.
En moins d’une vingtaine d’années une liste impressionnante d’épreuves disparues est à dresser côté français. Rien que dans le Sud, le Tour Méditerranéen cher à Lucien Aimar ou le Grand Prix du Midi Libre ont laissé plus que des regrets. Un constat de désespérance dressé par les amateurs de cyclisme, par les groupes sportifs et naturellement par les coureurs eux-mêmes. Et voilà qu’un organisateur décide de relever le défi en lançant une épreuve pro inédite avec le Ventoux et les monts du Vaucluse pour terrain de jeu. Une occasion en or pour les grimpeurs trop souvent privés de parcours montagneux où s’exprimer.
Occasion manquée par les teams les plus puissants qui n’ont pas jugé utile d’engager les Quintana, Bernal, Pinot, Yates et autres Roglic. Leurs dirigeants autistes, ne comprenant pas qu’ils se doivent de servir le cyclisme plutôt que de se contenter de se servir du cyclisme.

Romain Bardet est un vrai champion, sportivement et humainement. En dépit de sa fatigue post Dauphiné, il a tenu la parole donnée aux organisateurs de la nouvelle classique Mont Ventoux Dénivelé Challenges. Le leader d’AG2R la Mondiale était au départ.

Bien que peu fourni le peloton de la Mont Ventoux Dénivelé Challenge a offert un beau spectacle, dont cette échappée qui s’est longtemps illustrée à l’avant de la course.

Tahiti à vélo

Tahiti à vélo

Tahiti à vélo

Par Alexandre Lombardo

La Polynésie et Tahiti représentent un rêve pour la plupart d’entre nous. Un rêve de dépaysement, de chaleur, de soleil et de plages de sable blanc et fin. Un rêve que Brel, Gauguin et Dassin avaient réalisé. Et sachez qu’associer votre passion du cyclisme à la découverte de la Polynésie est parfaitement possible, je l’ai réalisé pour la seconde fois ! Et je rêve déjà d’un troisième opus…

Tahiti à vélo

Par Alexandre Lombardo

La Polynésie et Tahiti représentent un rêve pour la plupart d’entre nous. Un rêve de dépaysement, de chaleur, de soleil et de plages de sable blanc et fin. Un rêve que Brel, Gauguin et Dassin avaient réalisé. Et sachez qu’associer votre passion du cyclisme à la découverte de la Polynésie est parfaitement possible, je l’ai réalisé pour la seconde fois ! Et je rêve déjà d’un troisième opus…

La belle surprise de la Polynésie française !

Oui. L’année dernière j’atterrissais pour la première fois en Polynésie. Plus de 20 heures d’un long voyage, en passant au-dessus de l’Arctique, du Canada, des États-Unis et enfin de l’immense étendue du Pacifique. Et cette année encore, j’ai été accueilli avec les danses et chants locaux dès mon arrivée sur le tarmac de l’aéroport de Faa’a. Sans oublier l’indispensable collier de fleurs sans lequel on ne se sentirait pas vraiment à Tahiti.
Car arriver à Tahiti c’est transposer un rêve dans le réel. Et avoir pleinement conscience que le vivre est une chance dans une vie. De une vie de cycliste, pour moi !

Et je m’étais juré d’y retourner. Car après avoir déjà passé une semaine à Tahiti et Moorea, j’étais convaincu qu’il me restait encore tant de choses à voir et découvrir.
Aussi, si j’ai déjà roulé aux États-Unis, au Japon et quasiment partout en Europe, je dois dire que faire du vélo à Tahiti dépasse toutes ces destinations réunies. Rien que ça, oui ! Entre les embruns de l’océan, la diversité de la faune et l’exotisme de la nature, on se souvient de chaque kilomètre parcouru ici. Chaque seconde sur place fait ressentir un énorme bonheur.
Alors j’ai évidemment répondu présent pour une nouvelle participation à la Ronde Tahitienne. À vélo ou en bateau, cette deuxième découverte de Tahiti m’a une fois encore enchanté.

L’Aremiti 5, ferry qui relie Papeete à Moorea en 45 minutes.

En bateau aussi

Si le vélo est bien le meilleur moyen pour découvrir l’intérieur des îles de Polynésie, le bateau s’avère idéal pour prendre du recul et s’échapper. À la découverte d’un autre monde où dauphins, requins et autres raies Manta sont rois. Un monde où l’eau est d’une clarté incroyable et où les rayons du soleil donnent une couleur particulière et indescriptible à tout ce qu’ils illuminent et réchauffent.
Alors au départ de Tahiti, Moorea ou Bora-Bora, osez la balade en bateau ! Et sachez que parallèlement au package touristique à Tahiti et Moorea, vous avez la possibilité d’opter pour une croisière entre les îles dédiée aux cyclistes qui participent à la Ronde Tahitienne. Un bateau est entièrement privatisé et équipé pour vous recevoir avec votre vélo. Au programme, vélo le jour et voyage la nuit. Une île différente chaque jour !

La Ronde Tahitienne

L’événement incontournable pour les cyclistes à Tahiti, c’est la Ronde Tahitienne. Organisée chaque année depuis 2011, elle a rassemblé plus de 650 participants lors de sa dernière édition, en mai dernier. Des participants venus du monde entier avec pas moins de treize nationalités représentées.

La Ronde comme on l’appelle à Tahiti, c’est le plus gros peloton de cyclistes réunis sur les routes de Polynésie. Bien que d’autres courses soient organisées chaque année sur le sol de Tahiti, aucune d’entre elles n’accueille autant de participants. Autant d’étrangers aussi, car près de la moitié des cyclistes sur la ligne de départ de l’avenue Pouvana’a a O’paa arrivent par avion. C’est aussi la seule épreuve du Grand Trophée située à l’autre bout du monde !

Avec son parcours de 110 kilomètres, elle se montre assez sélective et peut se targuer d’avoir accroché de beaux vainqueurs à son palmarès. Pour cette édition 2019 c’est Jérôme Coppel qui s’adjuge la victoire. C’est aussi grâce à son organisateur Benoît Rivals qui, chaque année, parvient à faire venir sur le sol tahitien des coureurs internationaux qui « font » la course.
Et c’est bien ça qui est appréciable sur la Ronde Tahitienne. Pouvoir se confronter aux meilleurs à l’autre bout du monde. Pouvoir rencontrer des célébrités comme Bernard Hinault, Bernard Thevenet, Richard Virenque, Laurent Jalabert, Thomas Voeckler qui ont été chacun respectivement parrain de l’épreuve. Et le grand parrain c’est toujours l’ancien journaliste et présentateur du JT Henri Sannier, présent chaque année sur le vélo. Henri Sannier qui est devenu une vraie star à Tahiti, tant sa présence est appréciée.
Le parcours qui longe l’océan est très agréable et offre de splendides points de vue. Comme de coutume à Tahiti, il n’est pas rare de prendre la pluie à l’autre bout de l’île, car en plein Pacifique, le temps change très vite. Avec une température constamment supérieure à 30 degrés, ce rafraichissement naturel est plus que bienvenu.
Pour les meilleurs, la course se fait dans le col du Tahara’a, distant de 10 kilomètres de Papeete. La course l’emprunte au départ et à l’arrivée. C’est d’ailleurs généralement dans le Tahara’a que l’échappée principale se détache. Ensuite le parcours est quasiment plat tout le long, ce qui permet d’obtenir une moyenne assez élevée avec pour moi 39 km/h l’année dernière et 37 km/h cette année.

Les récompenses pour les invités, de gauche à droite : Charles Schiele – Nicolas Raybaud – Henri Sannier – Richard Virenque – Alexandre Lombardo – Jérôme Coppel

L’autre particularité de la Ronde, c’est d’être l’une des épreuves les plus respectueuses de l’environnement dans le calendrier mondial des cyclosportives, en ayant obtenu le blason « organisation exemplaire » de la part de Green Cycling.
Alors participer à la Ronde Tahitienne est une superbe expérience pour tout cycliste, mais aussi une magnifique manière de clore une semaine de vacances et de dépaysement à l’autre bout du monde !

La montée du Belvédère de Tahiti

Bien que les îles de Polynésie offrent en leur centre des profils assez montagneux, il n’existe pratiquement aucune route goudronnée qui permette de profiter de ces montagnes à vélo. Bien que la montée du Belvédère à Moorea soit assez sympathique, nous avons choisi la montée du Belvédère de Tahiti, sur les hauteurs de Papeete.
Une montée incroyable dans une forêt luxuriante avec pour guide un grimpeur de légende en la personne de Richard Virenque.

« Une de mes plus belles expériences à vélo ! », c’est pourtant le septuple vainqueur du maillot à pois qui parle. Le parrain 2019 de la Ronde Tahitienne s’est prêté au jeu d’une grimpée de cette montée du Belvédère.
Il fait assez chaud en cette fin de journée de mai. Le départ s’effectue du centre-ville de Papeete, la capitale de Tahiti. Après un bref passage dans la commune voisine de Pirae, on passe par l’hôtel de ville et c’est tout de suite à droite.
Pas de doute, on ne s’est pas trompé de direction car la route s’élève immédiatement sur un kilomètre avec un fort pourcentage d’environ 10 %. Arrive un croisement, la pente s’adoucit un peu, on bifurque à droite et la pente repart de plus belle jusqu’à 12 % pendant trois cents mètres.

Dès le début de la montée du Belvédère de Tahiti on est dans le dur !

On sort des lotissements de Pirae et la forêt commence à se dévoiler. La partie la plus intéressante survient lorsque la route se met à descendre pendant un demi-kilomètre. L’occasion de récupérer son souffle car le départ bien pentu est tout sauf facile.
Richard profite de son vélo électrique et se permet quelques attaques, comme à l’époque. « Si on avait fait l’arrivée d’une course pro dans cette montée, ça aurait fait très mal. Entre la chaleur, l’humidité et la pente, il n’y a pas de répit. »
La route est très étroite et permet le passage d’une seule voiture de front. Il faut faire attention aux automobilistes (peu nombreux) qui descendent, ils ne s’attendent pas forcément à croiser un cycliste. Quelques marcheurs sont également présents, leurs encouragements sont les bienvenus. Avec son T-shirt et son vélo électrique, Richard est incognito.
L’ombre de la forêt permet de gagner quelques précieux degrés. La végétation est surprenante. Très abondante, elle est composée d’immenses arbres, de buissons en tout genre et de lianes qui s’entrecroisent.
Ici et là sur la route, quelques pétales de fleurs, tombés du ciel. La pente ne faiblit pas et les trois longues lignes droites se sont transformées en une succession d’épingles, un peu à la manière du Stelvio, en Italie. Au détour de l’une d’entre elles, on profite enfin de la vue. Papeete en bas avec l’océan, puis Moorea au fond. Le soleil ne va pas tarder à se coucher, la lumière alterne entre le rose et le rouge. Ici, on semble tout proche du soleil.
Richard enchaîne les lacets. La route est toujours aussi étroite, et l’asphalte n’est pas le meilleur qui soit. Tout cela ajoute de la difficulté à cette montée pas comme les autres.

La route est étroite, l’asphalte est rugueux mais le plaisir est énorme !

Dernière épingle sur la droite et nous y sommes : le Belvédère. Les 600 mètres d’altitude paraissent en faire 2000. Le paysage est à couper le souffle. La forêt est gigantesque et on aperçoit derrière nous les sommets de l’île, bien plus hauts que notre position.
Notre « meilleur grimpeur » descend de sa machine et prend volontiers la pose pour une photo souvenir. Et il raconte, « tout au long de la montée la végétation est incroyable. On se croirait dans la jungle, mais nous sommes bien à Tahiti ! »

Distance : 6 km – D+ : 576 m – Pourcentage Moyen : 9,7 % Pourcentage Max : 18%

Pour reprendre des forces au sommet : O Belvédère, le restaurant du bout du monde !

Seule construction au sommet, un restaurant pas comme les autres. Baptisé O Belvédère, c’est l’endroit parfait pour boire un coup après cette montée. Une Hinano bien fraîche, mais avec modération, évidemment !
L’ambiance particulière de ce lieu donne le sentiment d’être arrivé au milieu de nulle part. Et si la déco est de bon goût, la cuisine se montre aussi surprenante.
Alors qu’à Tahiti on est habitué à déguster du poisson cru ou des plats d’inspiration asiatique, ici on peut manger de la fondue et boire un grand cru de saint-émilion, tout en jouant au gigantesque billard qui prend place au centre du restaurant. Et avec Pink Floyd comme fond musical, l’ambiance est surprenante. Comme tout en Polynésie…

Benoît Rivals, l’homme du cyclisme à Tahiti

En Polynésie, on pourrait l’appeler Monsieur Cyclisme. Benoît Rivals est certainement l’homme qui fait rayonner le cyclisme polynésien dans le monde entier. Celui qui est à l’origine de la création de la Ronde Tahitienne (et toujours son organisateur principal) avoue son amour pour Tahiti et la bicyclette. Dès lors qu’en 2011, l’idée de créer une cyclosportive à l’autre bout du monde a germé dans sa tête, il s’est empressé de concrétiser…
Rencontre avec cet ancien coureur cycliste, gendarme, organisateur et faiseur de bonheur pour quelque 600 participants chaque année !

L’homme simple qu’est Benoit est avant tout cycliste.
Et ce qu’il aime par-dessus tout c’est rouler avec ses amis du Vélo Club Tahiti. À Moorea dont le parcours s’oriente vers un tour de l’île et la montée du Belvédère en guise de juge de paix (avant d’entamer la descente de la Hinano, mais c’est une autre histoire que seuls les tahitiens peuvent comprendre…).

Benoit Rivals, l’homme du cyclisme à Tahiti.

Natif du Tarn, cet ancien coureur devenu gendarme n’a jamais mis le vélo de côté. Vice-champion de France des gendarmes en 1999, il sait ce qu’est le cyclisme.
C’est sur le vélo que Benoit rêve de faire venir les cyclistes du monde entier à Tahiti. « Lors d’un déplacement professionnel à Tahiti lorsque j’étais gendarme, je me suis juré de rester vivre ici. Je l’ai fait et depuis j’ai évolué professionnellement mais j’ai gardé la même passion pour le cyclisme. J’ai été vice-président de la fédération Tahitienne et je suis devenu président du Vélo Club de Tahiti en 2011. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée et la volonté de créer la Ronde. Et la possibilité de faire venir tous les ans d’anciens champions est le plus beau moyen d’en faire la promotion. Henri Sannier, notre grand parrain, y contribue aussi énormément. »
Mais le coup de génie de Benoît Rivals, c’est la création du package touristique : proposer aux participants de la Ronde de passer une semaine de vacances pour découvrir Tahiti et ses envions en mariant tourisme et vélo. « Venir à Tahiti implique un long voyage. On ne peut raisonnablement imaginer un aller-retour sur deux jours, il faut rester sur place pour s’acclimater et s’adapter au décalage horaire. J’ai alors imaginé le package touristique pour faire découvrir Tahiti aux participants de la Ronde. Et puis cela permet aussi de venir accompagné de son conjoint. Nous proposons des activités sur l’île de Moorea, et sur Tahiti avec en point d’orgue la participation à la Ronde, le dimanche. Certains prolongent même le séjour après ! »

En dehors de sa parfaite organisation de la Ronde Tahitienne, Benoît Rivals est aussi un bienfaiteur. Il aide les enfants à mobilité réduite de la Fraternité Chrétienne à travers l’organisation de la Ronde, et leur donne chaque année un chèque dont l’argent provient de la vente des tenues collector. Ces mêmes enfants qui sont au départ de la Ronde aux côtés d’Henri Sannier. Une manière de les mettre à l’honneur !

Se rendre en Polynésie avec Air Tahiti Nui

Avec désormais deux voyages à Tahiti en deux ans, le voyage en Polynésie n’a rien d’une expédition. Un peu plus de 20 h de voyage au départ de Paris avec la compagnie Air Tahiti Nui qui propose plusieurs allers-retours par semaine. Une escale à Los Angeles est bienvenue, elle permet de se dégourdir les jambes après un premier vol d’environ 12 h. Il faut évidemment penser à faire son ESTA, indispensable pour fouler le sol américain.
Le confort en classe économique est très bon, surtout dans le tout nouvel avion 787 Tahitien Dreamliner aux couleurs exotiques de la compagnie.
Pour votre vélo, aucun problème, la compagnie le prend en charge gratuitement (pour les participants de la Ronde Tahitienne) et accepte les valises spécifiques.

Le nouveau Boeing 787 DreamLiner de la compagnie Air Tahiti Nui adopte une déco très locale.

La chute de la maison Froome

La chute de la maison Froome

L’histoire du cyclisme retiendra sans doute cette date fatidique du mercredi 12 juin 2019. Lorsque sur le coup de 17 heures le peloton apprenait que Chris Froome, victime d’une chute terrifiante, était héliporté vers le CHU de Saint-Etienne. Comme autrefois le malheureux et glorieux Tom Simpson héliporté vers l’hôpital de Carpentras. Pas d’issue fatale pour le quadruple vainqueur du Tour, mais fin du rêve fou d’accrocher un cinquième maillot jaune dans l’armoire aux trophées. Car bien évidemment le Pale Rider britannique ne sera pas au départ du Tour 2019.

Le 11 juin 2019, veille de sa chute lors de l’échauffement du contre-la-montre du Dauphiné, Chris Froome apparaît très concentré. Il ne sait pas encore qu’il devra annuler sa participation au Tour de France…

C’est à l’échauffement, alors qu’il abordait à plus de 60km/h une descente périlleuse, que Chris Froome a chuté, percutant violemment un mur de béton et se retrouvant à terre après un vol plané impressionnant. Bilan sans appel avec de multiples fractures du fémur, du coude et des côtes. La malédiction venait de frapper. Interdisant au Champion britannique de prendre le départ du Tour. Et signifiant peut-être une fin de carrière prématurée. Comme autrefois Louison Bobet, triple vainqueur du Tour, victime d’un dramatique accident de la route mettant fin à ses illusions de retour.
Reste à savoir quelle sera la stratégie du team IEOS, ex-Sky, côté leadership. Avec Geraint Thomas face au jeune pur-sang colombien Egan Bernal. Le grimpeur prodige acceptera-t-il de servir de gregario de luxe au vainqueur 2018 ? Rien n’est moins sûr. D’autant que l’opposition en montagne devrait être très forte. Avec notamment le duo français Bardet Pinot. Et aussi l’autre britannique de service, le mystérieux et talentueux Adam Yates.

En l’absence de l’archi-favori Christopher Froome, qui s’adjugera la victoire du prochain Tour de France ?

Romain Bardet

Thibaut Pinot

Egan Bernal

Geraint Thomas

Adam Yates

Il faut sauver le soldat Chris !

Hier j’enregistrai une émission spécial Tour sur le Ventoux avec Gérard Holtz et quelques amis, dont l’incomparable confrère qu’est Patrick Chêne. Et nous discutions « Off » de quelques champions que nous avions croisés durant nos carrières respectives. De Pantani l’hallucinant grimpeur à Lance Armstrong le boss du cyclisme et même Riccardo Ricco le bad boy magnifique. L’unanimité ne se faisant finalement que sur le nom de Chris Froome. Ce champion extraordinaire et attachant mais mal aimé et méconnu. Avec des accusations injustes, des procès perfides et surtout le poids du fameux système Sky.
À titre personnel, au risque de déplaire (ce qui n’est pas si grave lorsque l’on a comme moi côtoyé à la fois Eddy Merckx, Yasser Aarafat, Michel Aoun et Ahmad Shah Massoud) je veux souligner l’humanité, le talent et surtout la personnalité de Chris Froome. Il manquera à ce Tour de France 2019, indéniablement. Et je pense qu’il faut lui souhaiter de revenir pour une ultime victoire sur les routes d’un Tour de France qui a tant et tant besoin de champions. Vous savez, ces êtres à part, que l’on aime ou que l’on déteste. Même si ce sont eux qui écrivent l’histoire.
Alors bon rétablissement Chris. Et à bientôt. Par exemple chez notre ami commun Jean-Louis Talo, le sorcier d’O’Symétric, pour une bonne bière retour de balade à vélo. Ou encore chez notre ami commun Fausto Pinarello à Trevise…