TOP VELO PASSE AU TOUT NUMERIQUE !

TOP VELO PASSE AU TOUT NUMERIQUE !

L’évolution ahurissante de la presse magazine est devenu un authentique phénomène de société. Avec la nécessité pour nombre de titres historiques d’envisager avec sérénité une évolution réaliste vers le tout numérique. Une option obligatoire à l’heure où le renchérissement constant des frais d’impression et de diffusion, allié à la baisse inéluctable et irréversible des ventes en kiosque, met en péril la survie même d’une majorité de médias papier.

Totalement indépendant des groupes multi-titres, non subventionné par l’état, soutenu par ses seuls lecteurs et partenaires, Top Vélo se voit contraint d’évoluer à son tour en prenant résolument le virage du Tout numérique. Non tant avec le couteau sous la gorge, comme l’imaginent certains, mais avec à l’esprit la fameuse maxime du Prix Nobel Bob Dylan, « The time they are a changin ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Moins 27% de baisse moyenne en Europe pour la presse magazine papier. Et jusqu’à moins 40% en France !

La révolution numérique a littéralement transformé les usages et les comportements de lecture de la majorité d’entre-nous. Poussant les éditeurs à réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Dans ce contexte, en dépit d’un indice de satisfaction au plus haut, Top Vélo doit s’adapter. Tout en respectant la qualité reconnue de son éditorial et de son graphisme. Mais en inaugurant sa version numérique avec ambition et confiance.

Notre équipe, toujours animée de la même passion 100% cyclisme, va donc vous proposer désormais un magazine numérique en lieu et place du traditionnel magazine papier. Cela commence dès aujourd’hui, avec un rythme de parution quasi quotidien, bien mieux adapté au traitement de l’actualité en direct live. La différence, énorme, sera que près des deux tiers des articles et des news seront en accès libre. Seuls les articles exceptionnels, scoop ou dossiers, seront réservés à nos abonnés Premium.

Ces abonnés d’un nouveau type se verront proposer plusieurs formules sur notre site. En fonction de son intérêt, chacun pourra acheter un article ou un abonnement numérique. Ce même abonnement numérique Premium qui sera offert à nos abonnés papier actuels sur une durée triple de leur contrat initial.

Nouveautés, exclusivités, essais, tests, rencontres, reportages, portraits, entretiens, conseils techniques, programmes d’entrainement, régimes alimentaires, tout ce qui fait la pratique du vélo de route et de Gravel se retrouvera chaque jour, chaque semaine et chaque mois sur notre site internet.

Nous vous y attendons, avec enthousiasme et amitié !

Édito – Top Vélo #256

Édito – Top Vélo #256

Vers un retour des marques françaises ?

 

Je parle avec l’ami Georges Chappe, fidèle équipier de Raymond Poulidor chez Mercier, et j’évoque avec lui, séquence nostalgie, ces mythiques marques françaises disparues après avoir écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du cycle.

Mercier donc, mais aussi Lejeune, Liberia, Stella, Alcyon, La Perle, Heylett, Paloma, Arliguie, Motobécane, et tant d’autres encore. Une liste non exhaustive en forme de litanie existentielle dédiée aux regrets éternels des amoureux du vélo authentique. Celui qui ne doit rien au marketing et tout au savoir-faire des fondateurs et aux exploits des champions. Qui se souvient d’ailleurs des exploits retentissants des tandems Bobet-Stella, Anquetil-La Perle, Bahamontes-Paloma, Anglade-Liberia, Janssen-Lejeune, Darrigade-Alcyon ou Ocana-Motobécane ? Et qui se souvient aussi des composants Simplex, Huret, Mafac, Maillard, Philippe, Idéale ou Spidel ? Voire même de la grandeur de TA et de Stronglight ? Avec leurs pédaliers qui firent le bonheur des plus grands champions de l’histoire. De Fausto Coppi à Roger Pingeon.

Aujourd’hui le marché du cycle est encore et toujours marqué par la mondialisation. Avec la concurrence déloyale et pour tout dire scandaleuse des productions asiatiques. Mais aussi l’inconscience des pratiquants-acheteurs que nous sommes tous et toutes. Avec à l’esprit non seulement le prix mais aussi et surtout l’image véhiculée par un marketing omnipotent. La devise de mon régiment parachutiste, le 3ème RPIMA, me revient à l’esprit : « Être et Durer ».

Les grandes marques françaises ont su être. Glorieusement. Mais n’ont pas su durer. Hélas.

Une question liée certes à la mondialisation, mais aussi à l’incapacité de promouvoir et de développer un savoir-faire unique. Pour tout dire de s’adapter en s’appuyant par exemple sur les médias spécialisés. Top Vélo évidemment, mais d’autres aussi.

Les Italiens ont su eux préserver l’essentiel de leur patrimoine industriel et artisanal. Parfois en recourant à la sous-traitance exotique. Mais avec au cœur la volonté citoyenne de sauver leurs marques de légende en court-circuitant le marketing pour choisir l’authentique.

Côté français ce sera longtemps le renoncement. Jusqu’à la prise de conscience actuelle et à la résurgence dans la foulée du concept romantique de retours aux valeurs vraies. Et dans ce cadre métaphysique de rébellion face aux diktats du marketing, voilà venir ou revenir Victoire, Origine, Vagabonde, FKC, Le Vacon, Alex Singer, Bertin, Andouard, Léon, Cyfac, S1NEO ou Méral. Du Made in France, mais pas seulement. Mais, dans tous les cas du french spirit avec plus de 90% de valeur ajoutée locale. On attend maintenant un vrai retour de Peugeot et de Gitane. Ces deux blasons chargés d’histoire et d’exploits avec comme porte-drapeaux Bernard Thévenet, Jacques Anquetil et Bernard Hinault. Excusez du peu…

Édito – Top vélo #255

Édito – Top vélo #255

Du cyclosport et de l’imaginaire

 

« La Granfondo doit être un prétexte à se divertir. Celui qui participe ne doit pas être animé par la seule préoccupation d’un départ à 50 à l’heure en risquant souvent une chute inutile. En Italie les GF ont remplacé les courses amateur. On a ainsi perdu l’esprit avec lequel devrait être affronté ces évènements sportifs de divertissement. »

C’est l’ancien double Champion du Monde et vainqueur du Giro, Gianni Bugno qui s’exprime ainsi. Manifestant son désenchantement face au nouveau visage pris par l’immense majorité des épreuves cyclosportivces dans son pays. Cette Italie qui inventait le cyclosport voici quatre décennies. La déviance dénoncée par la star italienne est hélas désormais présente partout en Europe alors même que la notion de cyclosport touche au phénomène de société avec par exemple, 130 épreuves officielles FFC en France.

Depuis une quarantaine d’années déjà, le cyclo sport et la pratique cyclo sportive du vélo sont effectivement devenus un authentique phénomène de société. Avec des épreuves cyclo sportives, baptisées le plus souvent Granfondo à l’image du modèle Italien, rassemblant chaque semaine des dizaines de milliers de pratiquants et pratiquantes partout dans l’hexagone comme partout en Europe et dans le Monde. Une vague de fond à la fois sportive et culturelle qui change la vision des choses du vélo trop longtemps confinées à la seule pratique compétitive voire à la ringardisation sociale.

Ne serait-ce la perversion de la victoire à tout prix, il n’y aurait qu’à se réjouir lorsque l’on est comme nous passionné de cyclisme. Mais la perversion existe. De plus en plus présente. De plus en plus forte. De plus en plus insupportable lorsque l’on sait que pour prétendre être classé dans les 100 premiers d’une  cyclo il est nécessaire de s’astreindre à un entrainement de plus en plus exigeant et proche de ce que pratiquent les vrais cyclistes de haut niveau. Autant dire et écrire que le cycliste qui travaille quotidiennement, vous et moi, n’a quasiment aucune possibilité de s’offrir 4 ou 5 sorties hebdomadaires de 3 à 5 heures en plus de la course dominicale. Et donc aucun espoir de bien figurer. Puisque, ainsi que le disait à juste titre Louison Bobet, le Champion c’est 80% d’entrainement et 20% de talent.

Alors il nous faut saluer ces organisateurs intelligents qui décident désormais de tirer au sort les récompenses et de ne plus les attribuer aux seuls vainqueurs qui doivent se contenter pour leur part d’une coupe et d’un bouquet. Et il nous faut aussi saluer l’initiative du Challenge Assurances Vélo qui distingue les participants plutôt que les vainqueurs, réinventant ainsi l’esprit cyclosport. Comme un imaginaire tout entier contenu dans le beau livre de mon confrère Olivier Haralambon, « Le coureur et son ombre ». Un bréviaire que je conseille aux plus excités d’entre nous.

Top Test Luberon Ventoux 2018

Top Test Luberon Ventoux 2018

Vous en reviez, nous l’avons fait !

Du 28 au 3 juin 2018, le premier TTLV aura rassemblé une soixantaine de lecteurs de Top Vélo et une dizaine de constructeurs dans le cadre du Domaine de Mousquety à L’Isle sur la Sorgue. Au programme jouer deux fois par jour durant une semaine le rôle de journaliste testeur…

Avec la fin avérée des grandes foires internationales, en dehors du Roc d’Azur en France et de Vélofolies en Belgique, les constructeurs sont désormais en quête de contacts différents avec le public et le client. Des rapports plus directs, plus humains, plus concrets aussi. Le passionné de cyclisme avouant régulièrement sa frustration de ne pouvoir toucher et surtout tester dans de bonnes conditions les vélos de ses rêves. Le paradoxe absolu étant la possibilité offerte aux amateurs de belles voitures ou de super motos de pouvoir sans problème tester une Ferrari, une Porsche, une Morgan, une Alfa Romeo, une Triumph, une Ducati ou une MV Agusta, tandis que le fan de Specialized, de Cannondale, de Campagnolo, de Basso, Canyon, de Time, de 3T ou de E. Power doit ronger son frein dans l’attente d’un hypothétique miracle.

En organisant son premier Top Test Luberon-Ventoux, très vite rebaptisé TTLV par ses stagiaires, Top Vélo a voulu proposer aux marques et aux clients des rencontres directes et des essais grandeur nature. Quelque chose comme Noël au printemps.

Le jour J, une soixantaine de stagiaires et d’invités se sont retrouvés en Provence au rendez-vous fixé avec dix constructeurs parmi les plus prestigieux de l’univers cycliste actuel.

Basso, Campagnolo, Cannondale, Canyon, Cipollini, E. Power, Specialized, Time, 3T, Officine Mattio. Objectif tests personnalisés de tous les vélos présentés par les marques dans des tailles allant du XS au XL. Les mécanos de chaque marque se chargeant de reporter sur les vélos de test la position exacte de chaque stagiaire. Et au besoin, de la corriger.

À raison de deux tests par jour, entrecoupés de belles séances de discussions et d’échanges à la fois techniques et amicaux, chaque stagiaire aura eu à la fin du TTLV la possibilité exceptionnelle d’essayer dix vélos sur quatre circuits différents. Trois circuits routiers baptisés par notre rédaction du nom d’un champion local. Jean-Claude Bagot, Eric Caritoux et Richard Virenque. Et un circuit Gravel, tracé par le Champion de France de cyclo-cross, Steve Chainel. Rien qu’à l’énoncée du nom, les stagiaires pouvaient avoir une idée de la difficulté du parcours… Et du plaisir qu’ils allaient éprouver à rouler sur des machines de rêve aux côtés de nos journalistes, de nos testeurs et de nos guides, Alex, Fleur, Frank, Patrick, Louis et …Steve. Notre incroyable Champion de France ayant décidé de se charger lui-même, avec le support de son ami Rodolphe Beyer de Canyon France, de guider le groupe Gravel.

Suivi par une voiture d’assistance, chaque groupe était dirigé et animé par un leader chargé de réguler l’allure et de conseiller le stagiaire. Quelque chose de très semblable à ce qui se passe lors des sorties organisées par les constructeurs lors de leurs Press Camp respectifs. Nos stagiaires se retrouvant ainsi dans l’exacte configuration de nos journalistes-testeurs. Avec débriefing systématique à l’issue de chaque parcours. Et pause déjeuner conviviale tout aussi systématique.

Restait à permettre à tous les constructeurs présents d’évoquer longuement l’histoire de leurs marques et les spécificités des machines ou des composants proposés en test. C’était l’objet de belles soirées où tous les participants se retrouvaient autour de l’équipe Top Vélo pour assister aux présentations des marques, à raison de deux chaque soir. Discussions passionnées à l’appui.

En conclusion amicale à cette semaine version Noël au printemps, les plus courageux des stagiaires étaient conviés à une belle grimpée du Ventoux aux côtés de l’équipe rédactionnelle de Top Vélo. L’occasion pour eux de poursuivre un peu plus loin encore le rêve…

 

Inscrivez-vous au Top Test Ventoux Experience du 14 au 21 septembre 2019 en envoyant un mail à ttve@topvelo.fr ! 

Édito – Top Vélo #254

Édito – Top Vélo #254

La quintessence du cyclisme moderne 

 

N’en déplaise aux éternels nostalgiques, dont je suis, l’univers du cyclisme contemporain change. Et la production mondiale, avec les milliers de propositions qui en émanent aujourd’hui, est bien le reflet de ce changement.

Changement de qualité d’abord. Incontestable globalement. Difficile en effet de trouver désormais un mauvais vélo sur le marché. En dehors naturellement des pathétiques copies que certains sites asiatiques osent proposer à un public crédule ou naïf au point de risquer sa vie pour avoir la sensation de rouler sur un vélo de marque à un tarif dix fois inférieur. Pinarello, Colnago, Cipollini, constituant le trio de tête des vélos les plus copiés.

Changement de style et de design ensuite. Les machines proposées par les vélocistes étant de plus en plus belles et de mieux en mieux fabriquées et finies. Changement de méthode enfin, avec l’irruption de la vente internet et le retour en force de l’artisanat.

Ces trois tendances lourdes sont évidemment mises en relief et en perspective par ce numéro spécial de Top Vélo dédié à la Bible des essais. Avec une sélection engagée de notre rédaction qui a décidé de vous proposer en toute liberté ses choix parmi les dizaines de vélos essayés sur le terrain. Le panorama proposé est donc l’expression d’un choix rédactionnel et d’une passion.

Au sein de la rédaction le dialogue a été animé, vif parfois, à l’heure de la sélection finale. Mais cette Bible des essais représente réellement un choix rédactionnel qui aura vu chacun et chacune avancer ses arguments et défendre ses favoris.

A votre tour maintenant de voir, de débattre, de choisir. Nous vous offrons avec plaisir cette ballade à la rencontre de la quintessence du cyclisme moderne. Une ballade que nous vous proposerons désormais chaque année régulièrement.

Édito – Top Vélo #253

Édito – Top Vélo #253

Avec Romain Bardet, la face cachée d’un champion

Écrivant avec mon fidèle ami Faustino Coppi le livre qui nous a valu le Prix 2018 du livre de sport décerné par le CONI , j’ai découvert avec émotion et enthousiasme la vraie vie de son Campionissimo de père. Dinant récemment avec Romain Bardet, j’ai découvert avec curiosité, la part de rêve inhérente à sa personnalité… Cette face cachée d’un champion que le public du Tour ou du Giro cherche probablement en vain, le temps d’une photo ou d’un autographe ou même d’une invective.

Qui sait par exemple que l’immense Jacques Anquetil, celui que Coppi justement considérait comme son successeur, était le plus souvent humainement bloqué par sa pudeur ? Qui se souvient que les meilleurs souvenirs du même Coppi étaient liés à la France, et notamment à son grand ami Louison Bobet, son frère en élégance ?

Qui connaît la réalité de l’humour de Marco Pantani alors que ne demeurent de lui que des images de gloire ou de déchéance ?

Qui peut parler de l’intransigeance quelquefois outrancière de Bernard Hinault sans pouvoir faire référence à sa volonté de dépassement ?

Et qui peut affronter la légende noire de Lance Armstrong sans connaître la réalité de sa souffrance et de son désespoir face au cancer ?

Ma rencontre avec Romain Bardet, accompagné de sa très charmante épouse, aura donc été un nouveau révélateur pour moi, pourtant familier des coulisses de l’histoire du cyclisme contemporain. J’ai redécouvert l’homme simple et passionnant derrière le champion et l’émotion de l’instant télévisuel d’une attaque en montagne face à l’ogre Chris Froome et à ses lieutenants de l’armada Sky. Un Bardet attaché à son Auvergne natale. Un Bardet engageant avec de la lumière dans le regard le dialogue avec notre ami commun, le Chef François Gagnaire. Un Bardet en passe d’obtenir un diplôme d’œnologie pour parfaire encore son cursus d’amateur éclairé dans un domaine où il rejoint, sans le savoir, le grand Fausto. Lui même vrai connaisseur et collectionneur avisé de crus classés de Bourgogne et de Bordeaux.

Le cyclisme, grand pourvoyeur d’émotions et de personnages hors norme, révèle à qui sait distinguer l’humain derrière le cliché médiatique, la réalité baroque ou manichéenne de ces champions qui écrivent l’histoire tout en préservant leur identité. Romain Bardet en est l’exemple parfait. Comme sans doute son alter ego Thibaut Pinot.