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Canyon Inflite CF SLX

par | Fév 3, 2020 | Gravel

Depuis quelques années, Canyon étend sa gamme. Si le cyclocross n’était pas oublié avec l’Inflite AL, la compétition était laissée de côté. C’est désormais de l’histoire ancienne car le tout nouveau Inflite CF SLX redéfinit les bases du vélo cyclocross de compétition. On peut même dire que ce nouveau vélo a la compétition dans le sang.

Diamant des sables et de la boue

C’est sur les fantastiques pistes du circuit de Zonhoven, en Belgique, que nous avons été conviés pour le lancement de l’Inflite CF SLX. Un endroit à la fois beau et envoutant. À cette période de l’année (fin juillet), l’endroit est désert. On s’y sent bien, le sentiment de s’approprier le lieu prédomine. Rien à voir avec l’effervescence et la foule lors du Superprestige, digne d’une étape du Tour de France à l’Alpe ou au Mont Ventoux.

La priorité à l’efficacité en toute situation, un portage facilité

Un tout nouveau cadre qui vise donc exclusivement les compétiteurs. L’Inflite n’est pas nouveau, il existait déjà une version aluminium qu’on pourrait qualifier « d’accès ». Ce CF SLX vise lui l’exclusivité, la performance, et se positionne d’office en machine ultra aboutie. Les ingénieurs n’ont certainement pas chômé au vu des caractéristiques de ce nouveau vélo. La fibre de carbone utilisée est du même niveau que sur les Endurace, Ultimate et Aeroad de gamme CF SLX. Tout cela pour garantir une rigidité de haut niveau, une bonne réactivité et un poids contenu à 940 grammes en taille M. Ce qui fait de l’Inflite CF SLX l’un des cadres les plus légers de sa catégorie. Vous l’aurez certainement remarqué, la forme du tube supérieur n’est pas vraiment commune. On pourrait même dire qu’elle interpelle ! Elle a deux fonctions ô combien importantes sur une machine de cyclocross. La première est de faciliter le portage. En dégageant de la place pour l’épaule et en créant un arrêt, le vélo se positionne ainsi tout à fait naturellement et ne bouge pas. Pas de balancement, aucun risque de le faire tomber. À ce propos, la poutre adopte aussi une forme spécifique dédiée à faciliter la prise en main lors du portage. Deuxième fonction, celle d’optimiser le confort. Le placement du serrage de tige de selle assez bas permet de donner plus de flexion à l’ensemble (déjà vu sur l’Endurace et l’Ultimate) mais ici Canyon va encore plus loin. Si vous regardez bien, sur certaines tailles, il y a près de 15 centimètres de différence entre le tube supérieur et le serrage de selle. Toujours pour faciliter la flexion de l’assise et atténuer les chocs et vibrations. Par cette optimisation de l’espace en jouant sur le placement, la forme et la taille des tubes de l’Inflite, Canyon a évidemment travaillé sur l’évacuation de la boue en laissant une place conséquente entre le pneumatique et le cadre. À noter que sur les deux petites tailles équipées de roues en 650, les bases mesurent 415 mm tandis que les cadres équipés de roues conventionnelles de 700 se voient rallongés à 425 mm. Notre modèle est équipé de pneumatiques Schwalbe tubeless de 33 mm et le cadre accepte un diamètre pouvant aller jusqu’à 38 mm. On retrouve aussi le fameux poste de pilotage Aerocockpit. Il ressemble ici fortement à celui de l’Endurace, sauf que la potence a été raccourcie sur toutes les tailles pour obtenir un vélo plus compact et un comportement plus racé. La potence démarre donc à 70 mm sur les petites tailles pour cinq versions différentes de l’Aerocockpit. Quelques mots sur notre version top de gamme équipée du groupe Sram Force 1x. Un seul plateau de 44 dents et une grosse cassette à l’arrière. Un changement de vitesse net et précis en toute circonstance. Il faut juste veiller à ne pas faire rentrer de sable dans le mécanisme de la poignée droite, ce qui pourrait avoir l’effet de bloquer le changement de vitesse. Un bon nettoyage au dégraissant suivi d’un graissage et le problème sera rapidement résolu. Un très très bon groupe, bien adapté à la pratique du cyclocross.

Compétition, performance et sueur !

Deux jours d’essais sur une terre dédiée à la pratique du cross. De quoi rendre heureux n’importe quel cycliste ! Et ça commence par un cours de portage du vélo. Car la pratique du cross est un art à part entier, devant lequel on se doit de rester humble. Notre professeur est Michael Rich, ancien pro chez Telecom, Gerolsteiner et Saeco. Champion olympique du contre-la-montre par équipe en 1992, plusieurs fois champion national de la même discipline. Et spécialiste du cyclocross. Autant vous le dire tout de suite, il n’a pas perdu ses jambes. Impressionnant de voir un tel gabarit évoluer avec facilité sur un terrain si accidenté. Son savoir est bien utile et après quelques démonstrations de Michael, tous les journalistes portent leur vélo comme un pro, moi compris. Bien utile sur le circuit de Zonhoven… Comme souvent dans la discipline, ça part à bloc. Arrivé devant De Kuil (le trou), tout de suite ça devient plus compliqué pour certains. Je connais bien cet endroit pour avoir été présent lors du Superprestige, l’année dernière. Alors De Kuil, je connais bien. Ça passe, avec facilité. Bien en arrière histoire d’optimiser mon centre de gravité et ne pas passer par-dessus le vélo. Passages dans la forêt jonchée de racines saillantes, véritable bac à sable, tout est fait pour mettre en difficulté sur ce circuit. Et l’Inflite obéit aux ordres et facilite grandement la tâche. D’abord les pneumatiques Schwalbe tubelless gonflés à 1,5 bars me permettent d’avoir une bonne accroche sur le sable et ne pincent pas sur les racines des arbres. Ensuite le portage du vélo est un jeu d’enfant grâce aux formes du cadre spécialement étudiées pour cette pratique. Le rendement ? Il est exceptionnel. On perçoit les mêmes sensations que sur un Ultimate, tout cela dans le sable, la terre et la boue. Magique. La rigidité est bien supérieure à un Endurace, on se rapproche vraiment de l’Ultimate niveau comportement. Grimper est un bonheur, bien secondé par les roues Reynolds à jantes carbone qui, il faut le dire, encaissent les coups sans broncher.

De quoi tomber amoureux de la discipline, quelle machine !

Je me suis régalé ! À l’heure où la pratique du vélo est de plus en plus dangereuse, que le nombre d’accidents impliquant des cyclistes est en constante augmentation, la pratique du cyclocross (et du Gravel qui n’est autre que le cyclocross version plus cool et moins sport) prend tout son sens. Rouler dans la nature, sans crainte quant à la circulation environnante, a de quoi rendre heureux, je peux vous le dire. Sur ce point, nos amis belges sont bien plus en avance que nous, disposant d’une multitude de circuits destinés au cross. Pour en revenir à l’Inflite CF SLX, c’est une pure machine dédiée à la performance qui régale celui qui pédale dessus. Son niveau de compétitivité exceptionnelle pourrait très bien en faire un excellent vélo de route tant le cadre est réussi, avec en prime une capacité à se jouer des éléments. Ne le confondez pas avec un Gravel, l’Inflite est un pur vélo de compétition qui aime rouler vite et qu’on aime faire rouler vite, sur tous les terrains. Il vous emmènera aussi loin que vous oserez l’emmener !

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