Sortie dans le milieu des années 90, la Shamal était à l’époque ce qui se faisait de mieux en matière de roues. Elle représentait tout le savoir-faire de Campagnolo et était l’une des premières roues « complètes ». Relancée en 2008 et remise au goût du jour (tout le monde se souvient de sa version dorée), on a depuis vu se succéder des versions à pneus, à boyaux et même Tubeless.

L’aluminium au-delà du possible

C’est ce que propose Campagnolo avec la Shamal et l’association de toutes les technologies acquises en plus de quatre-vingts ans d’existence. Si depuis leur sortie il y a maintenant 10 ans, les Shamal ne se sont pas littéralement transformées, on peut quand même noter une sacrée évolution. L’adoption du profil de jante de type C17 (en place du C15) consiste en une jante élargie de deux millimètres afin d’offrir une parfaite compatibilité avec les nouveaux pneumatiques plus larges. Le 25 mm devient le nouveau standard.

La Shamal DB bénéficie de toutes les technologies de la Shamal classique, à savoir une jante aluminium allégée et usinée qui a la particularité (ou l’avantage) de ne pas être percée. Appelée MoMagpar Campagnolo, l’introduction des têtes de rayons dans la jante se fait par le trou de la valve et elles sont ensuite guidées à leur place via de puissants aimants. Cela permet de se passer de fond de jante (assurant de fait la totale compatibilité avec les pneus Tubeless) et de ne pas fragiliser la jante. Une jante qui est également équilibrée afin de compenser le trou de valve, garantissant un parfait équilibre en rotation, on appelle cela le Dynamic Balance.

Vous aurez noté le rayonnage particulier des roues Campagnolo, qui consiste à mettre deux fois plus de rayons du côté ou est appliqué le couple sur la roue et à positionner les rayons parallèlement. Cela permet de contrecarrer l’effet néfaste du parapluie de la roue et d’assurer un parfait équilibre de tension des rayons. Avec l’usage du disque à l’avant, on retrouve la force de freinage du côté gauche, le G3 est donc inversé par rapport à la roue arrière. C’est la marque de fabrique des Shamal, les rayons sont de grosse section et pour contenir leur masse, ils sont en aluminium. Petit avantage pour la Shamal qui bénéficie d’un corps de moyeu avant en carbone (Ultra oblige), alors que les Bora One DB doivent se contenter de moyeux en aluminium ! On termine avec les roulements céramique USB, qui sont de type cône-cuvette. Ce type de roulements a fait ses preuves et par rapport aux roulements à cartouche, la différence de fluidité et de fiabilité est sans équivoque !

Sur la route

Montées sur un Canyon Ultimate CF SLX Disc (que vous retrouvez à l’essai dans ce numéro de Top Vélo), les Shamal DB sont du plus bel effet. Il faut le dire, le rayonnage G3 a de la gueule ! Et outre son utilité technique, on sent tout de suite la grande rigidité du train roulant. 21 rayons à l’arrière et à l’avant, ça ne bouge pas. Habitué à l’usage de leurs sœurs Bora One à disques et boyaux que je considère comme les meilleures roues du moment, je n’ai pas été déçu par les Shamal. Le confort est – grâce aux pneus Tubeless – de très bon niveau et vous pourrez descendre en pression sans crainte de crevaison. Le liquide préventif veille au grain.

À propos du Tubeless, il faut avouer qu’il offre un net gain de poids par rapport au classique pneu. Les Hutchinson Fusion 5 Galactik affichent tout juste 250 grammes sur la balance, en 25 mm, ce qui comparé aux 220 grammes d’un pneu équivalant auxquels il faut ajouter 70 grammes de chambre à air, laisse espérer un gain d’environ trente grammes par roue. Soixante grammes au total gagnés en périphérie qui permettent d’optimiser au maximum le comportement du train roulant. Sans atteindre le poids des boyaux (qui eux bénéficient d’une jante plus légère), mais non négligeable, d’autant que la résistance au roulement du Tubeless est annoncée comme inférieure au pneu classique et au boyau. Voilà pour les données…Les quelque cent grammes en plus par rapport aux Shamal à freinage classique ne se sentent absolument pas, je dirais même que leur rigidité est supérieure (merci le G3 sur la roue avant), ce qui contribue à la sensation de vélo « aérien ».

Sur le plat, le profil moyen de 27 et 30 mm se montre très efficace pour des roues aluminium et par rapport aux roues carbone de 35 mm, la différence est minime. Concernant la prise au vent, elle est inexistante. La tenue de route est à la hauteur en se montrant précise, permettant d’exploiter sans peur le couple pneus Tubeless et freinage à disques. En côte, si les Shamal ne se montrent pas aussi explosives que les Bora qui, il faut le dire sont exceptionnelles dans ce domaine, elles sont très joueuses et se plaisent aux changements de rythme. Et si votre forme du moment ne vous permet pas d’accélérer, les ascensions au train ne poseront aucun problème. Si leur rigidité est grande, même les plus légers peuvent en profiter, ils ne buteront pas sur des bouts de bois, ce qui est un très bon point.

Car oui, les Shamal DB ont su garder la vivacité qui a toujours été leur point fort, on peut les emmener partout, sur tous les terrains. La parfaite roue polyvalente !

Pour un budget bien inférieur à la plupart des roues carbone à disques haut de gamme

Les Shamal Ultra DB offrent des performances largement comparables à la plupart des roues carbone pour bien moins cher. Sans oublier qu’elles sont équipées de roulements céramique, montées à la main et bénéficient d’une fiabilité et d’une solidité à toute épreuve. Si vous êtes adepte des longs bouts droits à 50 km/h,  vous aurez peut-être intérêt à vous tourner vers des roues plus aérodynamiques. Ah j’oubliais, elles sont pleinement compatibles Tubeless et leur finition est exceptionnelle. Vous voilà convaincu ? Nous aussi !

Poids : 1 557 grammes – Largeur jante : 22,5 mm – Hauteur jante : 25/27mm à l’avant et 27/30 mm à l’arrière – Moyeux : avant en carbone et arrière en aluminium, roulements céramique USB – 21 rayons à l’avant et à l’arrière, en aluminium de type G3 – Tarif : 1 246 euros la paire