Le vent tourne

Si on connaît par cœur les déclinaisons « ultra » et « one » des Bora, la récente gamme WTO est encore méconnue du grand public. Top Vélo a essayé la déclinaison routière des WTO, les 60 mm. Des roues à haut profil destinées à rouler vite sur terrain plat…

WTO : Wind Tunnel Optimized

Mais pas que ! On sait que de nos jours de nombreux constructeurs étudient la forme de leur jante ou roues en soufflerie. Avec l’avantage d’obtenir des roues toujours plus performantes à ce niveau. Sauf que la route sur laquelle nous évoluons n’est pas tout à fait semblable à la soufflerie et que le vent n’arrive jamais du même côté et de la même manière. Fruit de ce constat, les Bora WTO ont donc été étudiée en soufflerie, mais dans le but de les rendre le plus efficace en usage réel, c’est à dire sur la route par vent de côté, de dos ou de face.

Les points communs avec toutes les autres roues Bora

Bien que sensiblement différentes, les roues WTO partagent beaucoup de technologie avec leurs sœurs « One » et « Ultra ». À commencer par leur fibre de carbone, entièrement développée par la marque. Campagnolo est entièrement maître à ce niveau et quasiment tous les composants des roues Bora sont fabriqués par la marque. De la jante en passant par les moyeux, les têtes de rayons et le montage est aussi assuré, manuellement. Enfin les Bora s’appuient sur des technologies éprouvées comme le rayonnage de type G3 qui permet d’annuler les effets néfastes du parapluie de le roue arrière ou encore le « MoMag » qui permet de se passer de fond de jante en faisant passer les écrous des rayons par le trou de la valve à l’aide d’un puissant aimant. Ou encore la finition exceptionnelle de la jante qui se passe totalement de vernis.

Elle sort du moule dans l’état final et les marquages sont directement imprimés sur la jante. Pas d’autocollants et une finition qui durera dans le temps, résistant aux UV et aléas de la route. Côté freinage, la piste est identique aux autres Bora avec son traitement 3Diamant et AC3 (rainurage).

Les spécificités des WTO

Si la jante des WTO est spécifique, elle dispose d’une hauteur de 60 mm (inédit chez les Bora) et d’une largeur interne de 19mm. Des roues larges donc dont la largeur externe de 26,5 mm assure une parfaite compatibilité avec les pneumatiques larges. Des pneumatiques Tubeless ou classiques, mais pas de boyaux. En effet, Campagnolo a étudié les trois différents types de pneumatiques et il ressort que le Tubeless est le plus efficace, suivi par le pneu classique puis, fermant la marche, le boyau. Nous avons donc équipé ces Bora WTO des pneumatiques Huchinson Fusion Galactik, ce qui se fait de mieux en Tubeless. Avex seulement 240 grammes en 25 mm ils se montrent très légers et font preuve d’un rendement exceptionnel.

Mais revenons aux WTO et leurs spécificités. Les moyeux ont aussi été dessiné par le vent, en soufflerie afin d’offrir le minimum de turbulences en cas de vent latéral. En forme de sabliers ils sont en aluminium et disposent de roulements céramiques USB de type cônes-cuvettes, comme toujours chez Campagnolo.

Sur la route

Premièrement, habitué à rouler sur des Bora 50 à boyaux, je dois avouer que la différence de roulage est plutôt en faveur des Bora WTO et cela dès les premiers mètres. Étonnant lorsqu’on songe que les WTO avouent près de 250 grammes supplémentaires que les Bora 50 à boyaux. Deuxièmement, j’ai choisi une journée de fort vent pour essayer ces nouvelles Bora qui promettent de se monter utilisables par tout type de temps.

Étant de gabarit léger mais ayant couru de nombreuses saisons j’ai l’habitude d’utiliser des roues à haut profil, avec les inconvénients que cela impose : grande inertie lors des relances et sensibilité au vent latéral. Sur des vélos très légers le montage de roues à profil haut peur rendre délicat le pilotage de la direction. Les Bora 50 se situent juste à la limite en matière d’aéro, leur profil de 50 mm se montre facile à prendre ne main tandis que leur faible masse ne pénalise absolument pas lors des relances, même en côte.

Avec un profil de 60 mm la donne devrait changer. Et pourtant lors de mon essai je n’ai ressenti aucune gêne. Pas de sensibilité particulière de la direction et pas de lourdeur en relance. Mieux, le confort est assez exceptionnel pour des roues de ce calibre, destinées à rouler vite. Que ce soir à faible ou à haute allure mon vélo (un Colnago C64) est très facile à contrôler et je n’ai aucun mal à garder la roue de mon compagnon de sortie, sans faire le moindre écart. J’ai souvenir d’une sortie dans les mêmes conditions avec des Zipp 454 NSW, je ne pourrais pas en dire de même…

Le travail en soufflerie et sur la route porte ses fruits, Campagnolo propose des roues de 60 mm qui ne prennent pas de vent (ou très peu), c’est un fait. Reste la question du rendement, assez difficile à évaluer, toujours face aux Bora 50 mm.

Sur le plat je n’ai aucune difficulté à les trouver encore plus efficace. La rigidité me semble légèrement supérieure sans qu’elles se montrent plus difficile à emmener. Et au-delà de 35 km/h on entre dans un autre monde. Jusqu’à 50 km/h on se sent littéralement emmené, sans aucune difficulté. Comme si vous aviez troqué votre vélo classique pour un vélo de contre-la-montre. Au-delà de 50 km/h il faudra s’employer, l’air devenant un véritable frein. Mais je le répète, la facilité entre 35 et 50 km/h est bluffante voire ahurissante. Tout comme les relances, du même acabit.

Et en côte ? La question se pose car un haut profil de 60 mm ne se montre généralement pas trop à son aise dès lors que la route s’élève. Ici ça passe plutôt bien et j’imagine qu’un cyclosportif entrainé ou qu’un coureur pourra sans problème les emmener sur terrain montagneux sans se sentir handicapé. Attention, rien de comparable avec des Bora Ultra 35 qui excellent dans ce domaine. Toujours est-il que la masse de ces Bora 60 WTO est égale à celle des Mavic Ksyrium SSC SL qui étaient les références en montagne il y a une dizaine d’années…

En descente aucun problème, les WTO 60 mm se comportent comme n’importe quelle paire de roues, faciles d’usage. Les réactions sont très saines et le freinage est impérial.

Des 60 mm vraiment utilisables

C’est ce qui me vient à l’esprit en descendant du vélo. Et comparées aux Bora 50, nul doute que sur votre parcours quotidien vous gagniez quelques minutes et quelques kilomètres/heure en vitesse moyenne. Comment est-ce possible ? Simplement une histoire d’aérodynamisme, quelle que soit la situation cela est bien sensible. Quand on vous dit que l’air est le principal frein du cycliste…

Pour ma part, je dois avouer que je n’étais pas particulièrement adepte des profils au-delà de 50 mm, mais l’essai de ces WTO pourraient me convaincre de les utiliser au quotidien et réserver un profil de 35 mm uniquement pour mes escapades très montagneuses. C’est une belle victoire, n’est-ce pas ?

Poids : 1547 grammes – Largeur jante : Interne 19 mm et externe 26,5 mm – Hauteur jante : 60 mm – Moyeux : Aluminium, roulements céramiques USB – Rayons : 18 à l’avant et 21 à l’arrière de type G3 – Tarif : 2160 euros la paire

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