Basso, l’autre légende italienne

par | Juil 11, 2019 | Reportages

Depuis 1977 Basso propose aux amateurs comme aux champions des vélos d’exception. Machines rares, rêvées, conçues et fabriquées à 100% en Italie dans les ateliers de la marque. Pour Alcide Basso, le fondateur et toujours acteur, le prétexte marketing doit s’effacer devant les réalités techniques, esthétiques et stylistiques. C’est sur cet ensemble de valeurs que Joshua Riddle, nouveau directeur des ventes et de la communication de Basso Bikes, entend baser son offensive sur les marchés internationaux.

Nous sommes au pied du Monte Grappa, haut lieu du cyclisme italien. Marqué encore par les exploits de Coppi, Merckx, Hinault ou Pantani. C’est ici que s’est installée la marque Basso depuis quelques années. Fondée à Vicenza, patrie de Campagnolo, alors que le cyclisme était encore monopolisé autour de l’acier, Basso c’est véritablement l’autre légende italienne. Sans doute moins connue internationalement, mais tout autant réputée pour l’extrême qualité de ses productions. Avec une gamme, 100% made in Italy, qui ne fait aucun distingo de qualité entre ses modèles. « C’est ainsi, nous explique en souriant Joshua Riddle, que dès l’entrée de gamme chaque vélo est traité avec la même scrupulosité artisanale, la même rigueur technique et la même ambition stylistique. Chaque vélo, qu’il s’agisse d’un modèle à 2000 euros comme d’un modèle à 12.000 euros, est conçu puis fabriqué dans nos ateliers avec le même soin. D’ailleurs les non-spécialistes peuvent s’y tromper. »

Avant le départ pour le Monte Grappa pose devant la voiture d’assistance Basso.

Avant la sortie de rigueur vers le Monte Grappa, en dépit d’une température saharienne, visite du show-room pour parfaire la connaissance avec des vélos présentés ici comme des œuvres d’art. Une exigence devenue une habitude pour une marque qui a basé depuis le départ son identité sur la dimension artistique et culturelle du sport cycliste.
Au sommet de gamme, le formidable Diamante SV, son carbone Torey haut module T800 et T1000 et son groupe Campagnolo Super Record 12. Un chef d’œuvre de design et une démonstration du savoir-faire artisanal des techniciens maison. 6 kilos 400 sur la balance et un coup de cœur pour Joël, notre photographe artiste. Cette arme de guerre existe évidemment en version disque avec usage du seul T1000, une nécessité puisque le freinage disque est plus exigeant avec le cadre.
Son alter ego le Diamante, à la forme plus traditionnelle mais à la réalisation également effectuée avec le même carbone Torey T800 et T1000. 6 kilos 600 sur la balance et un peu plus de souplesse et de confort.
Puis viennent l’Astra, typé granfondo, et le Venta, une beauté réellement accessible avec un prix de vente de 2100 euros en montage disque Shimano 105. Qui a dit qu’il fallait passer par la Chine pour avoir droit à un vélo carbone performant ?
Également disponibles un Gravel très performant et un impressionnant modèle de chrono.
« Basso couvre la totalité des demandes du secteur vélo de route, explique Joshua Riddle, et nous conservons même une production de cadres acier vintage pour les amateurs de cyclos du type Eroica ou Mitica. Des cadres sublimes que notre fondateur et toujours patron Alcide Basso se charge de souder en personne. Pour lui il est important de conserver ainsi le lien avec les racines de l’entreprise. »
Ces vélos d’un autre temps, mais pas d’un autre âge, Basso en produit seulement quelques centaines chaque année. Une fierté légitime pour le boss, une manière aussi de faire le lien entre tradition et modernité. Car la marque Basso aura pris très vite le grand virage du carbone. Mais sans choisir la facilité de la sous-traitance asiatique qui permet à 90% des marques de proposer aux cyclistes des vélos certes performants mais souvent trop semblables et totalement dénués d’âme.
« Rien de tout cela ici, insiste Joshua Riddle. Chacun de nos vélos est dessiné par nos ingénieurs. Puis construit par nos techniciens. En Italie. Chez Nous. Dans nos ateliers de Bassano et de Vicenza. Pas à Taiwan, en Chine ou au Vietnam. Et à chaque stade de la
conception et de la fabrication on peut parler de travail d’équipe. Alcide Basso y tient depuis toujours. Et c’est notre caractéristique première. Notre culture. Notre identité. »

Alcide Basso, l’homme passionné qui écrit l’histoire de Basso Bikes depuis quatre décennies.

Tandis que je récupère mon Diamante rosso, Joshua me parle des spécificités comparées des deux chefs de file de la gamme Basso. En insistant sur leurs capacités exceptionnelles d’accélération et sur leur incroyable tenue de route en descente.
« Ton Diamante est vraiment idéal pour la montagne. Il est à la fois nerveux, léger et facile à emmener à toutes les allures. Et en descente c’est un rail ! Le Diamante SV possède les mêmes qualités avec en prime une touche aéro qui le rend également très performant sur le plat. Mais aujourd’hui nous avons le Monte Grappa à escalader. J’ai donc opté moi aussi pour un Diamante. Le Basso des grimpeurs. »
Dès les premiers tours de roues la nervosité, voire l’explosivité, du Diamante est évidente. Ce vélo, pourtant monté avec un groupe Shimano milieu de gamme, un Ultegra, est une machine à sensations et à plaisir. Des sensations que je retrouve alors que la route s’élève en lacets. Se mettre en danseuse est naturel. D’une facilité rare. Et, en dépit de ma forme loin d’être optimale, je monte au rythme avec deux dents de moins que ce que j’imaginais à l’amorce du col. Mon diamante donne le moral et assume son travail avec aisance. Pour mon plus grand bonheur. Il y a longtemps que je n’avais ressenti pareille facilité globale. Depuis la prise en main du King Black Label De Rosa. Comme par hasard un autre vélo 100% italien.
Il y a des vélos plus légers, plus rigides aussi, mais rares sont ceux qui peuvent offrir autant un tel mix entre performance et confort.
La descente ne va faire que confirmer les impressions de la grimpée. Le Diamante est d’une aisance exceptionnelle. Stable, directif, agile, sûr, il me permet de négocier les courbes les plus rapides avec une maestria digne d’un Richard Virenque ou d’un Paolo Savoldelli.
Cette capacité à avaler les virages à haute vitesse, alliée à une vraie capacité d’accélération en bosse, fait du Basso Diamante l’arme idéale du cyclosportif en quête de performance pour ses campagnes de Granfondo.
Retour à l’Officina Basso, j’en parle tout sourire avec Joshua qui se souvient de l’enthousiasme d’Alex lors d’un premier Supertest Basso il y a deux ans.
« Dans les pentes les plus rudes, avec des passages à plus de 20%, Alex nous avait parlé de son plaisir à grimper avec le Basso Diamante. Ce même plaisir dont tu me parle aujourd’hui. Le plaisir c’est le cadeau de Basso aux cyclistes. L’authenticité en prime. »

En Janvier 2018 Alex le responsable des tests de Top Vélo avait essayé longuement le premier Diamante SV. On le voit ici en action dans une pente terrifiante à plus de 20%. Le Basso s’en était tiré avec les honneurs. Alex l’avait tout simplement jugé exceptionnel.

Alcide Basso y tient. La marque Basso produit toujours quelques centaines de vélos acier assemblés dans ses ateliers suivant les règles de l’art. Et c’est le boss lui même qui brase les cadres.

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