Chez Top Vélo, on connaît et on aime beaucoup les roues artisanales. Le concept de roues montées à la main par l’artisan qui sélectionne minutieusement jantes, moyeux, rayons et assemble le tout avec précision et minutie nous plaît particulièrement. Des roues fabriquées et assemblées avec une grande précision, mais qui au final ne sont pas forcément meilleures que celles de grande série, vraiment ?

Christophe Clermont est atypique à plus d’un titre. Cet ancien coureur de très bon niveau est un passionné de matériel et reconnaît volontiers que « les Campagnolo Bora sont les meilleures roues du monde. Si je devais acheter une paire de roues d’un grand constructeur, j’achèterais sans hésitation des Bora. Mais si je me tourne vers un artisan, je ne trouve pas grand-chose qui corresponde à mes attentes »

Celui qui a appris la mécanique et le fonctionnement d’un vélo avec son grand-père est devenu maître dans l’art de la conception et du montage de roues. Il avoue d’ailleurs faire essayer ses créations à certains coureurs, dont un quadruple vainqueur du Tour… Depuis, il n’a de cesse de chercher l’excellence et la perfection du comportement. Pour cela, il adopte des solutions techniques claires qui ne lui facilitent pas la tâche.

Des rayons Sapim ou DT-Swiss exclusivement droits. Pas de rayons coudés qui font perdre en rigidité. Des moyeux spécifiques adaptés au rayonnage 2:1 (Two One) qui se rapproche le plus du G3. Ce rayonnage particulier permet de rééquilibrer la roue arrière à cause du parapluie. Une roue plus homogène dans la tension des rayons pour un comportement amélioré, plus rigide et plus fiable.

Le nom de ces roues peut interpeller. Alian. Aucun lien avec des extra-terrestres ou quelque chose du genre. Simplement une pensée de Christophe pour ses enfants Alicia et Ian. D’où le nom…

Des roues passe-partout

Nous avons choisi d’un commun accord avec Christophe des jantes à boyaux de 35 mm de hauteur. D’abord pour les confronter avec les reines de cette catégorie qui font aussi 35 mm, et ensuite pour pouvoir les utiliser sans crainte sur tous les terrains et tous les parcours.

Ces jantes sont assez larges avec 25 mm, ce qui permet de monter des boyaux de 25 mm et plus sans problème. La piste de freinage est travaillée, sa surface totalement lisse bénéficie en plus d’une résine haute température. Christophe ne peut évidemment fabriquer de jantes en France, mais il nous assure que la fabrication (asiatique) de ces jantes correspond à un cahier des charges spécifique. Nous vérifierons ça sur le terrain. Côté moyeux, la marque Yuniper ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais sachez que c’est allemand et que l’ingénieur qui les a conçus est un ancien de chez Tune. Surtout, ces moyeux sont compatibles avec le rayonnage 2:1. Plus communs, les rayons sont des DT-Swiss, à tête droite évidemment. Des Aerolite sur la roue avant (radiaux au nombre de 20) et des Aerocomp (24) à l’arrière.

Notre paire affiche 1 200 grammes sur la balance, ce qui reste très léger !

À l’aise…

J’ai essayé les Alian sur mon Bianchi Specialissima habituellement équipé de Campagnolo Hyperon ou de Bora Ultra 35 à boyaux. Excellente chose, le poids du vélo est sensiblement identique.

Sur le plat, l’aérodynamisme de la jante de 35 mm rend ces roues plus efficaces que des Hyperon et sincèrement je peine à sentir la différence avec les Bora. Côté freinage, j’ai laissé les patins d’origine (Campagnolo rouge) et je ne ressens aucun problème. Pas d’à-coup, pas de vibrations. Le mordant semble un poil inférieur à basse vitesse, mais une fois lancé c’est tout bon. La rigidité est présente et même en relance avec le braquet maximal (53 x 11), je ne sens aucun flottement. Au contraire, le vélo réagit avec facilité, sans aucun temps de réponse. J’ai essayé dans la côte très pentue de notre circuit d’essai de mettre un braquet trop grand, je ne reste pas planté, leur grosse rigidité ne me condamne pas. C’est lorsque ça commence à être difficile que le train roulant me permet de passer sans me condamner. Le signe de grandes roues ! D’autant plus que si vous n’êtes pas en grande forme, vous ne buterez pas contre des bouts de bois impossible à emmener, bien au contraire. Côté précision de pilotage, en descente notamment, aucun problème. À vrai dire, je peine à sentir une quelconque différence avec mes Bora 35. Les yeux bandés, je n’aurai probablement pas senti que je ne roule pas sur mes roues habituelles, sauf au niveau du freinage, un poil moins modulable, plus on/off avec mes patins.

Simplement parfaites !

La perfection serait-elle de ce monde ? Il semble que oui… Christophe Clermont parvient à proposer des roues d’un niveau exceptionnel. Il m’est impossible de leur trouver un défaut tant leur efficacité est impressionnante. Surtout, tout le monde pourra en profiter, pas seulement les coureurs. Leur légèreté couplée à une rigidité impossible à prendre en défaut fait des étincelles. Et couplées à de beaux boyaux, le confort n’est pas en reste. On les imagine tant sur des vélos de compétition que sur des vélos d’endurance. Vous y gagnerez, vous pouvez me croire ! Côté tarif c’est une vraie surprise, et sachez que des versions à freinage disques ou à pneus sont aussi disponibles…