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Alcide Basso

par | Juil 11, 2019 | Acteurs du cyclisme

Il a le look et la parole d’un chanteur italien des années rauques. Entre Vasco Rossi e Albano, Alcide Basso est un éternel enthousiaste. Fort de 40 ans d ’expérience et de défis, il dirige son entreprise avec le charisme mélancolique d’un patriarche devenu leader. L’époque et le temps semblent n’avoir aucune prise sur ses rêves ou sur ses souvenirs. Il mêle d’ailleurs les uns et les autres pour construire au jour le jour un avenir peuplé de vélos extraordinaires. Rencontre…

Le vélo est un art

« Vous voulez connaître nos motivations ? Savoir qui nous sommes vraiment ? Je vais vous répondre avec quelques mots essentiels.
Identité. Beauté. Élégance. Artisanat. Qualité. Performance. Détail. Soucis du détail ! Car la somme des détails donne l’élégance. Voilà tout. Rien de mystérieux. Rien d’artificiel. Dès le premier cadre soudé en 1975, pour un ami de grande taille qui voulait un 59, ces mots étaient mon credo. Ma raison de me lancer seul dans la carrière de constructeur. J’avais 17 ans seulement. Quatre décennies plus tard, rien n’a changé.»
Installé en tête de table dans la monacale salle de réunion, Alcide Basso aime assurément parler juste et clair. Sans s’embarrasser avec des explications marketing en forme de prétexte comme c’est trop souvent aujourd’hui la mode dans les rencontres avec les journalistes. D’ailleurs, le fondateur de la marque Basso sourit lorsqu’on lui parle de marketing. Et il avoue préférer parle de passion familiale.

« Chez les Basso nous sommes des passionnés de cyclisme. Mon frère Marino a été un très bon coureur pro. Vainqueur de 15 étapes du Giro et de 6 étapes du Tour. Et surtout Champion du Monde en 1972. Moi c’était la technique qui m’intéressait. Nous sommes de Vicenza, la ville de Campagnolo. J’ai toujours admiré Tullio Campagnolo. Et de la fenêtre de mon premier atelier j’apercevais les bâtiments historiques de Campagnolo. Cela me motivait. Me donnait plus d’ardeur encore au travail. Plus d’idées aussi. Je soudais comme dans un rêve. J’imaginais le vieux Tullio en train d’arpenter ses ateliers en dialoguant avec ses ouvriers. Qu’était-il en train d’inventer tandis que je limais mes tubes avant d’assembler un cadre sur le marbre ? »

Autodidacte absolu, Alcide aime insister sur son expérience acquise au prix d’un travail permanent. Travail de tous les instants durant des années. Travail singulier, basé sur le partage avec chacun des membres de son équipe. Il se lève, quitte sa place et me demande de le suivre dans le show-room.
« J’ai étudié tout seul. J’ai lu tout ce qui a été écrit sur la soudure, la brasure. Notamment des livres d’ingénieurs et de techniciens français. J’ai réalisé moi-même mes propres outils. J’ai beaucoup improvisé. Je soudais le jour et je lisais la nuit. C’est à ce prix que je suis parvenu à réaliser mes rêves de vélos absolus. A la fois beaux, performants, fiables, originaux. La signature Basso s’est ensuite peu à peu imposée. Par le bouche-à-oreille. Sans qu’il me soit nécessaire de faire de la publicité ou de la com. Mais alors que nous maitrisions parfaitement l’acier puis l’alu, un super matériau injustement oublié actuellement, j’ai vu arriver la folie du carbone. Un autre Monde. Et un nouveau défi à relever. Nous y sommes parvenus au prix d’un formidable travail d’équipe. Et j’ai pu appliquer au carbone mes règles géométriques et mon souci du détail. Avec toujours à l’esprit le désir d’imposer l’artisanat face à l’industrie. Une industrie qui allait progressivement renoncer à son identité pour faire appel à des sous-traitants asiatiques. Des sous-traitants travaillant indifféremment pour toutes les marques. J’ai voulu vous amener dans le show-room pour vous montrer cette vitrine où figurent les résultats de mes recherches. Un manifeste à l’usage de tous les membres de l’équipe Basso. De la famille Basso plutôt. Car nous formons réellement une famille. Chacun a son rôle. Chacun a ses qualités. Chacun est important. Autant que moi. Et chaque vélo Basso est le fruit de ce travail commun. 100% Basso et 100% italien. »

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