Aux prémices de l’or noir

Le carbone. Le matériau de rêve à l’orée des années 80. Plus léger, il a révolutionné nos vélos et l’utilisation que nous en faisons. Mais revenons en 1983 et aux premiers balbutiements quant à l’usage de ce matériau. À l’époque, on l’associait à des raccords en aluminium, le tout était collé. Près de trente années sont passées et les choses ont bien changé…

Vers la fin des années 70, certains avaient le sentiment d’être arrivés au bout de ce que l’on pouvait accomplir avec l’acier (s’ils savaient ce qu’on fait de nos jours !). De nouveaux matériaux apparaissaient pour construire les cadres. L’aluminium qui fut utilisé par TVT et Alan, puis le carbone.

Et si on n’envisageait pas encore un cadre monocoque (le premier arrivera en 1989, le Colnago C35), on continuait à faire usage de raccords en aluminium. Les tubes étaient assemblés aux raccords sur un marbre, puis collés.

La fiabilité était loin d’être idéale puisque nombre de premiers acheteurs ont vu leur vélo se dérober sous leurs coups de pédale. C’est pourquoi il reste aujourd’hui bien peu d’Alan carbone en circulation. Et nous ne saurions vous conseiller d’y aller tout doucement si vous essayez une telle machine.

Côté poids, au temps où on se contentait de réduire l’épaisseur des tubes et de perçages en tout genre pour alléger les vélos, la sortie de ces cadres permit de gagner environ 200 grammes par rapport à un acier. De 1 800 grammes pour les plus légers, on passe à environ 1 600 grammes.

Le groupe du cinquantenaire !

Cadre d’exception et groupe d’exception. Pour fêter les cinquante ans de la marque en 1983, quelque 6 000 groupes basés sur le Super Record ont été personnalisés et vendus dans une valise spécifique. Une finition dorée et la signature « Campagnolo Tullio » caractérisent ce groupe très rare. Notre modèle est de 1983 (en témoigne le marquage « Patent 83 » sur le dérailleur arrière) et semble avoir traversé les années sans ride. Les moyeux tournent comme au premier jour et les dérailleurs passent les vitesses sans hésitation. Brutaliser un 50th anniversary ? Jamais !

Le reste des composants est fidèle à ce qui se montait à l’époque. Cintre Ambrosio de forme ronde italienne, selle Regale et jantes Ambrosio.

Un comportement inexistant…

Comment dire ? Si les trois décennies passées ont été sans incidence sur le groupe Campagnolo, on ne peut pas dire la même chose du cadre.

Dire qu’il est mou serait un euphémisme. Si nous avons pu parcourir quelques kilomètres à son guidon, il est absolument inenvisageable d’imaginer rouler quotidiennement ou même occasionnellement avec un tel vélo. Outre le danger évident, il ne distille absolument aucune performance.

On le gardera au contraire dans son salon où on pourra prendre toute la mesure de la beauté et de la performance technique de l’époque. Ce vélo, prêt des cycles Tinazzi à Aubagne (que nous remercions chaleureusement), nous le garderions volontiers à la rédaction.

Amoureux ? Ça se pourrait bien…

 Cadre :Alan carbone à raccords aluminium Fourche :Alan aluminium Groupe :Campagnolo 50th (1983) Moyeux :Campagnolo 50 th  Jantes :Ambrosio Montréal Cintre :AmbrosioPotence :3TTT Tige de selle :Campagnolo Selle :Regale Pneumatiques :Vittoria Pédales :Campagnolo 50th Poids : 8,35 kg avec pédales d’origine

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